‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 134 sur 215 · Ibid. p · texte numérisé non relu

Ibid. p

LA DÉVOTION AU XVIIe SIÈCLE 303

temps que je me reposerai en lui et que je me nourrirai de lui, que je communique au prochain sa charmante douceur, que j'enivre tous les cœurs de son amour, et que je les unisse à ce cœur divin, pour la gloire de sa divine Majesté. 0 cœur bienaimé et mon tout, remplissez-moi de votre vertu, unissez-vous à moi et changez-moi toute en vous l. »

Nous avons rencontré jusqu'ici de belles prières au Sacré-Cœur, et de beaux élans d'amour. Bien peu, ce me semble, rendent un son si pur et si beau. Enfin, quelques mois avant sa mort, dans un entretien avec les religieuses de la Visitation, elle leur disait : « Mes chères sœurs, Dieu, en vous prenant pour ses épouses, vous a marquées d'un signe : il a mis son âme sur votre âme et son cœur comme un cachet sur le vôtre, afin de le sceller, et pour qu'il en demeure le maître absolu et l'unique possesseur 2. »

Il est probable que, en cherchant bien, on trouverait beaucoup de textes analogues. J'ai signalé le cas de Mme de Longueville. M. Gazier indique, page 201, note, des effusions toutes semblables dans un autre ouvrage de Quesnel, intitulé Piété envers Jésus, Rouen 1697, notamment p. 259. Arnauld d'Andilly ne voyait évidemment rien de répréhensible dans les passages du B. Jean d'Avila sur le Sacré-Cœur que nous avons cités plus haut, d'après sa traduction. C'est seulement quand la dévotion sera présentée par le P. Eudes, par Mgr Languet, par les Jésuites, et dans des conditions toute nouvelles, que les Jansénistes s'en feront les ennemis acharnés. En attendant, elle bénéficiait,

Page 1