Voir les textes dans le P. Henri de Grèzes, p
cœur sacré \ A cet égard, la vénérable Jeanne- Marie de la Croix (1603-1673) mérite une mention spéciale. De concert avec sa sainte amie, Sibylle de Lodron, elle avait fondé, à Roveredo, sa patrie, un monastère de Clarisses, et s'y était faite religieuse. Sa vie était tout occupée du Sacré-Cœur, et elle en parlait sans cesse. « Que le céleste Époux, écrivait-elle à son amie, transporte votre âme dans la large plaie de son cœur, et vous laisse contempler sa beauté et ses charmes... Cette vue vous plongera dans un ravissement ineffable. Il vous enivrera de son amour infini : comme une biche blessée, vous courrez... à son très saint et très aimable cœur, où l'âme pure aime à établir sa demeure... Je vous donne rendez- vous dans le cœur de Jésus 2.... » Le 15 avril 1654, elle écrivait dans son Testament Spirituel : « 0 cœur transpercé de mon doux Jésus ! 0 porte que votre amour a ouverte bien plus que la lance du soldat ! 0 doux, ô gracieux, ô aimable, ô bon Jésus ! Étouffez, consumez, anéantissez dans votre cœur rempli d'amour tous mes péchés ; car c'est en ce cœur que mon âme met son espérance.... O Fils de Dieu, mon aimable Époux, je vous aime de tout mon cœur, et je languis du désir d'entrer, par la porte sacrée de votre cœur ouvert, dans les joies de votre paradis 3. » Et avec quelle poésie elle chantait le cœur de Jésus : « 0 Jésus, mon amour, le vrai bonheur de l'âme est de se reposer dans votre
1. Voir, dans Franciosi, col. 425-428, plusieurs exemples tirés du Palmier séraphique.
2. Vie, par Bède Weber, traduite par Un. Sainte-Foi, c. 7, p. 185-186; d'après Franciosi, 429.