‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 151 sur 215 · Année sainte, t. 8, p. 13 ; Franciosi · texte numérisé non relu

Année sainte, t. 8, p. 13 ; Franciosi

tion de Nantes, qui fut, elle aussi, bien avant qu'il fût question de Marguerite-Marie, en relations tout intimes avec le cœur de Jésus l.

Le doute n'est pas possible pour deux autres sœurs de Marguerite-Marie, grandes dévotes au cœur de Jésus, bien avant les révélations.

Sœur Marthe Gaultier, | 1692, écrivait, en 1668 : k Vous savez, Vierge sainte, Mère de mon Sauveur, que je n'ai qu'un seul désir et une volonté unique : c'est d'être unie à Dieu et à vous, ma bonne Mère ; c'est d'aimer ce divin Maître parfaitement et ardemment. Mais de qui puis- je obtenir cette grâce, sinon de vous, ô Vierge sainte, qui êtes la mère d'amour ? Prenez mon cœur, abîmez-le dans le vôtre, et par vous, dans celui de Jésus- Christ. Qu'il soit perdu en lui comme la goutte d'eau dans l'océan, le rien dans le tout ; ou plutôt qu'il soit tout consumé dans les flammes de l'amour 2. » Sœur Marthe Gaultier devait apprendre à Dijon, quelques années plus tard, les révélations de Paray, et prendre part aux premières fêtes du culte nouveau.

C'est surnaturellement qu'une autre Visitandine, une humble converse, sœur Jeanne-Bénigne Grojos, apprenait, au monastère de Turin, où elle devait mourir, en 1692, les grâces faites par le Sacré-Cœur à Marguerite-Marie. « Il est certain, dit son historien, qu'en Tannée 1687 elle me fit connaître plusieurs grâces de notre sœur Marguerite-Marie Alacoque, dont on ne parlait nullement

1. Année sainte, t. ô, p. 702-736. Cf. Franciosi, col. 505 ; Letierce, t. 1, p. 605-608.

2. Letierce, Etude sur le Sacré-Cœur, t. 1, p. 34, d'après Y Année sainte. Mais l'auteur ne donne pas de renvoi précis. Nul doute que le style n'ait été retouché*;

encore dans nos pays. Elle me dit que c'était une personne par qui Dieu serait glorifié et qu'elle enseignerait dans l'Église une dévotion très profitable l. » Sœur Jeanne-Bénigne fut elle-même comblée des faveurs du cœur de Jésus. Après une longue préparation par l'union avec le Sauveur en croix, « l'amour, dit-elle, me cacha en Jésus, et je me trouvai dans le cœur adorable de mon Sauveur, où je demeurai comme perdue à moi-même durant trois ans entiers. » L'historien ajoute : « L'Esprit d'amour alla toujours plus l'enfonçant dans l'intérieur de ce Cœur divin, et sœur Bénigne était là comme la colombe au trou de la pierre angulaire 2. » Un jour, elle vit son propre cœur « entre les divines mains de cet Amour incréé qui le tenait comme dans un vase très riche. Je connus que ce vase était le Cœur de Jésus, et on me dit : Jésus a pris votre cœur, mais il vous donne le sien, qui contient le vôtre. Je le vis alors si petit, ce pauvre cœur de Bénigne, que j'en restai affligée, le trouvant si borné et si peu capable de contenir beaucoup d'amour... Alors l'Amour même me consola de mon impuissance et me dit : Ma colombe, je répare tous vos défauts d'amour par mon amour, sa petitesse par l'amour du Cœur de Jésus, ses faiblesses par ma bonté toute-puissante. Enfin le Cœur de Jésus et le vôtre, Bénigne, sont

1. Le charme du divin amour, ou la vie de la dévote sœur Jeanne- Bénigne Gojos, par la Mère Marie-Geltrude Provane de Leyni, Turin, 1846, 3e partie, c. 9, p. 486. Une nouvelle édition a été donnée à Besançon en 1901, plus conforme, je suppose, au texte orginal (1693). Dans cette édition, il y a « humble » au lieu de « dévote » ; le nom est écrit Gojoz, au lieu de Gojos ; deux mots de plus, dans la phrase citée, rendent le texte plus clair : a qu'elle enseignerait et apporterait. »

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