Le livre des élus, 1. c. p
2. Ibid. p. 223. Je ne puis donner ici que des extraits de ces. belles pages. Franoiosi les a transcrites presque tout au long, 451-459."
« où cette union se doit faire, et la façon ». « Pour le lieu, dit-il, je dis que c'est dans le cœur de Notre- Seigneur où nous devons très particulièrement nous unir à lui. Nous y sommes tous déjà... puisqu'il nous aime tous, et que l'amour loge toujours avec soi dans le cœur comme dans son propre domicile les personnes aimées. Et de plus, nous pouvons nous y placer et y demeurer par nos pensées, comme nous pouvons nous mettre en esprit auprès de quelqu'un, et entrer dans son cœur. C'est là où il faut établir notre demeure. Il n'y a personne si pauvre qui n'ait quelque lieu pour se retirer... Notre-Seigneur nous loge dans son cœur. C'est donc là notre demeure, et nous ne pouvons pas en avoir une plus riche, plus magnifique, plus agréable, plus sainte ni plus divine... Allons donc avec joie nous loger dans ce cœur pour n'en sortir jamais. 0 ! qu'il est bon et qu'il y a de plaisir de demeurer et d'opérer dans ce cœur. Oui d'opérer... car c'est dans le cœur de Notre-Seigneur que nous devons faire toutes nos opérations... Nous y devons faire absolument tout ce que nous faisons et y exercer toutes les fonctions de la vie purgative, de la vie illuminative et de l'unitive. » Dans ce cadre vaste et ferme se placent, on le sait, tous les actes et exercices de la vie spirituelle, depuis les premiers échelons jusqu'au sommet. Le pieux auteur les rattache tous au cœur de Jésus et explique avec précision et clarté comment cela doit se faire. « Et premièrement, pour la purgative, considérez, examinez, pleurez-y vos péchés et demandez-en le pardon à Dieu, dans ce cœur qui autrefois en a conçu un inexplicable regret et en a été percé de douleur. Haïssez et fuyez les plus
petites offenses et les défauts les plus légers dans ce cœur infiniment saint, souverainement pur, et qui a en aversion et en horreur extrême le moindre péché véniel. » Il continue ainsi, pour la lutte contre nous-mêmes et contre le démon, pour les pénitences et mortifications, pour les épreuves spirituelles ou temporelles. « Toutes sortes de maux venant à nous par le cœur de Jésus s'y adoucissent extrêmement et y perdent toute leur amertume et toutes les qualités malignes pour en prendre de salutaires : ne plus ne moins que les eaux qui passent par les mines en tirent leur force et leur vertu, et s'y rendent médicinales. » « Pour la vie illuminative, exercez les vertus et les bonnes œuvres dans le cœur de Notre- Seigneur. Pratiquez la foi dans ce cœur infiniment sage, et où est l'école de toute la sagesse. Espérez dans ce cœur qui vous aime parfaitement et qui est libéral et miséricordieux au-delà de toutes nos pensées. » Ainsi des autres vertus. « Faites-y vos oraisons mentales et vocales, votre action de grâces après la Communion, vous ne pouvez choisir un oratoire plus recueilli : comme ce cœur très saint a toujours été élevé et appliqué à Dieu, vous y serez plus attentif et moins diverti qu'en tout autre heu. »
« Dans ce cœur, qui est tout brûlant de l'amour des hommes, aimez votre prochain. » Suivent des détails sur le support, le pardon, la pitié, tous les devoirs envers le prochain, toujours « dans le cœur amoureux, miséricordieux et endurant de Jésus-Christ. » « Davantage, nous devons faire toutes nos actions intérieures et extérieures dans ce cœur, avec la modération, la douceur, la
suavité et avec les intentions de ce cœur, dans une parfaite conformité et une soumission entière à toutes ses inspirations et à tous ses mouvements. »
« Enfin, pour la vie unitive, ce cœur divin... en est le vrai sanctuaire et le propre domicile, et c'est là où elle se pratique excellemment. » Ici encore, suivent les détails précis et pratiques. « Voilà, conclut l'auteur, ce que nous devons faire dans le cœur de Notre -Seigneur et comme il faut nous unir à lui I. » Ni l'idée, ni la pratique, ne sont du P. Saint-Jure : nous les avons rencontrées à chaque instant sur notre route. Mais jamais peutêtre la chose n'avait été expliquée de façon si lumineuse, ni si bien poussée dans l'application 2.
Le P. Gaspar Druzbicki (1590-1662) ne fait pas de théorie ; il donne seulement quelques explications courtes et claires, pour diriger dans la pratique. Tel qu'il est, son opuscule intitulé : Meta
1. L'homme spirituel, 2e partie, c. 4, section 2. Nouvelle édition, Paris. 1(591. Ici encore, j'ai dû abréger. Franciosi transcrit tout le passage, col. 459-463.
2. C'était, pour le P. Saint-Jure, une pensée familière, sur laquelle il revient encore dans d'autres ouvrages. Voir L'Union avec Notre-Seigneur Jésus-Christ dans ses principaux mystères pour tous les temps de l'année, par le P. Jean-Baptiste Saint-Jure, de la Compagnie de Jésus, Paris L653, l'r" partie, c. 5. p. 234 : « La demeure dans les plaies de Notre-Seigneur. et particulièrement dans celle du côté, o On y lit. page 23Ô : Mais elle (lame) fait sa plus ordinaire et plus agréable demeure dans la plaie du côté, parce que c'est la plaie d'amour, puisqu'elle a été reçue au cœur, et par amour, et après sa mort, pour nous montrer que sa mort et sa vie et tous ses mystères ont eu l'amour et la charité pour leur principe et pour leur fin, venant de l'amour qu'il lui porte, et tendant à se faire aimer d'elle. » Suivent des développements analogues à ceux qui ont été transcrits plus haut. Cf. ibid. p. 401-404 : « Jésus-Christ blessé au cœur après sa mort. » Je dois ces textes et ces indications à l'obligeance de M. R. de La Bégassière.
cordium cor Jesu est un vrai manuel de dévotion au Sacré-Cœur, riche et pieux, le premier en son genre. Il vaut d'être décrit. Au verso de la feuille de garde, trois textes de la sainte Écriture : Pone me ut signaculum super cor tuum 1. — Fili, prœbe mihi cor tuum 2. Paratum cor meum, Deus 3. Suit une courte préface, où est nettement indiquée l'idée de la dévotion. « Les exercices envers le cœur du Seigneur Jésus que vous avez entre les mains et sous les yeux, s'adressent particulièrement au cœur corporel de Jésus, à son cœur de chair, mais uniquement en tant qu'il est informé par sa très sainte âme, et qu'il est en unité d'être et de vie (consentit atque unitur) avec le cœur spirituel et intérieur ; en tant aussi qu'il subsiste hypostatiquement dans la personne du Verbe. C'est de ces conditions en effet que dépend, ou plutôt c'est de ces sources que découle toute la valeur l'activité, la richesse du cœur matériel. Envers ce cœur ainsi entendu faire acte d'attention, d'amour, de culte, d'invocation, et autres pratiques de piété et de dévotion, c'est chose très salutaire et tout à fait selon le cœur de Jésus. » Le livre contient un petit office du cœur de Jésus, des prières et des aspirations à ce cœur divin, des sortes de points à méditer sur « les offices, affections et passions » de ce cœur sacré ; des façons de se servir de lui pour les exercices de la triple vie umtive, illuminative, purgative ; une litanie d'images ou de symboles par lesquels on désigne ce cœur, à utiliser pourconsidérations et affections ;