‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 181 sur 215 · Œuvres complètes^ t. vi. p. 12L Voir ci-dessous, p · texte numérisé non relu

Œuvres complètes^ t. vi. p. 12L Voir ci-dessous, p

en 4 volumes, et, dans un volume à part, le journal de ses retraites spirituelles. On y lisait ceci : « Finissant cette retraite (celle de Londres, 1677), plein de confiance en la miséricorde de mon Dieu, je me suis fait une loi de procurer par toutes les voies possibles l'exécution de ce qui me fut prescrit de la part de mon adorable Maître, à l'égard de son précieux corps dans le Saint-Sacrement de l'autel. » Suivent de beaux élans sur la sainte Eucharistie. Le Père reprend : « J'ai reconnu que Dieu voulait que je le servisse, en procurant l'accomplissement de ses désirs touchant la dévotion qu'il a suggérée à une personne à qui il se communique fort confidemment, et pour laquelle il a bien voulu se servir de ma faiblesse. Je l'ai déjà inspirée à bien des gens en Angleterre, et j'en ai écrit en France et prié un de mes amis de la faire valoir à l'endroit où il est. Elle y sera fort utile, et le grand nombre d'âmes choisies qu'il y a en cette communauté me fait croire que la pratique dans cette sainte maison en sera fort agréable à Dieu. Que ne puis-je, ô mon Dieu, être partout et publier ce que vous attendez de vos serviteurs et amis !

g£» Dieu donc s'étant ouvert à la personne qu'on a lieu de croire être selon son cœur, par les grandes grâces qu'il lui a faites, elle s'en expliqua à moi, et je l'obligeai de mettre par écrit ce qu'elle m'avait dit, que j'ai volontiers décrit moi-même dans le journal de mes retraites, parce que le bon Dieu veut dans l'exécution de ce dessein se servir de mes faibles soins *. » Suivait le récit de la grande

1. Retraite spirituelle, Lyon, 1684, p. 244. Cf. Œuvres complètes, t. vi, p. 115. Voir ci-dessus, lre partie, c. n, § 4.

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apparition, tel que le Père l'avait transcrit.

Cela fut beaucoup lu, car l'auteur était en grand renom de sainteté ; et cela fit valoir ce que jusque là il avait dit si discrètement en faveur de la nouvelle dévotion.

Au journal des retraites était jointe une Offrande au Sacré-Cœur, qui eut aussi sa part dans le développement de la dévotion. Cette Offrande se compose de deux parties. La première est une petite explication très simple et très claire de la dévotion au Sacré-Cœur. « Cette offrande, y est-il dit, se fait pour honorer ce divin cœur, le siège de toutes les vertus, la source de toutes les bénédictions et la retraite de toutes les âmes saintes. » Suit l'indication des « principales vertus qu'on prétend honorer en lui, comme il les a pratiquées quand il était en ce monde. » Mais le Sacré-Cœur ne rappelle pas seulement le passé. « Ce cœur est encore, autant qu'il le peut être, dans les mêmes sentiments, et surtout toujours brûlant d'amour pour les hommes, toujours ouvert pour répandre toutes sortes de grâces et de bénédictions, toujours touché de nos maux, toujours pressé du désir de nous faire part de ses trésors et de se donner luimême à nous, toujours disposé à nous recevoir et à nous servir d'asile, de demeure, de paradis dès cette vie. » On croirait entendre un écho de la Bienheureuse. La fin est plus nette encore : « Pour tout cela, il ne trouve dans le cœur des hommes que dureté, qu'oubli, que mépris, qu'ingratitude : il aime et il n'est point aimé, et on ne connaît pas même son amour, parce qu'on ne V daigne pas recevoir les dons par où il voudrait le témoigner ni écouter les tendres et secrètes

déclarations qu'il en voudrait faire à notre cœur 1. » Après ces explications, l'offrande jaillit comme spontanément : « Pour réparation de tant d'outrages et de si cruelles ingratitudes, ô très adorable et très aimable cœur de mon aimable Jésus, et pour éviter, autant qu'il est en mon pouvoir, de tomber en un semblable malheur, je vous offre mon cœur, avec tous les mouvements dont il est capable ; je me donne tout entier à vous, et dès cette heure je proteste très sincèrement, ce me semble, que je désire m'oublier moi-même et tout ce qui peut avoir du rapport avec moi, pour lever l'obstacle qui pourrait m'empêcher l'entrée de ce divin cœur, que vous avez la bonté de m'ouvrir, et où je souhaite entrer pour y vivre et mourir avec vos plus fidèles serviteurs, tout pénétré et embrasé de votre amour. J'offre à ce cœur tout le mérite, toute la satisfaction de toutes les messes, de toutes les prières, de toutes les actions de mortification, de toutes les pratiques religieuses, de toutes les actions de zèle, d'humilité, d'obéissance et de toutes les autres vertus que je pratiquerai jusqu'au dernier moment de ma vie. Non seulement tout cela sera pour honorer le cœur de Jésus et ses admirables dispositions ; mais encore je le prie d'accepter la donation entière que je lui en fais, d'en disposer en la manière qui lui plaira et en faveur de qui il lui plaira, s Le Père explique ensuite, avec cette précision et ce sens pratique qu'il garde jusque dans ses élans les plus vifs et ses mouvements les plus généreux, comment il concilie cette offrande totale d'abord avec la cession

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