‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 183 sur 215 · Vie et Œuvres, 1. 1, p. 202 (2e édition, p · texte numérisé non relu

Vie et Œuvres, 1. 1, p. 202 (2e édition, p

2. Mémoire, dans Vie et Œuvres, t. n, p. 356 (2e édition, p. 413).

3. Voir les lettres à la Mère de Soudeilles, septembre 1679, lettre iv ; 6 juin 1680, lettre vil ; 1er juillet 1682, lettre xni (2e édition, 1. xiv), etc.

celle ; à Condrieu. où il en écrivait à sa sœur, lui disant de la transmettre à ses amies, etc. Mais on ne pouvait qu'entrevoir et deviner. La publication révélait les origines divines de la dévotion et une intention positive de Notre-Seigneur. La Bienheureuse n'était désignée que pour un petit cercle d'initiés ; et, sans trop se compromettre, elle était libre désormais de donner cours à son zèle. Un passage d'une de ses lettres montre très bien comment elle s'y prenait. Elle avait souvent parlé du Sacré-Cœur à la Mère de Soudeilles, Supérieure à Moulins ; elle l'avait poussée avec une singulière énergie à se consacrer tout entière à ce Sacré- Cœur. Mais sans presque s'expliquer sur la dévotion. Elle n'osait même pas tout écrire à son ancienne Supérieure, la Mère de Saumaise ; car, disait-elle, « le papier ne m'est pas fidèle, et m'a déjà trompée plusieurs fois l. » Maintenant, elle s'enhardit. Elle écrit à Moulins, le 4 juillet 1686 : « Je ne sais, ma chère Mère, si vous comprendrez ce que c'est que la dévotion au sacré Cœur de Xotre-Seigneur Jésus-Christ, dont je vous parle, laquelle fait un grand fruit et changement en tous ceux qui s'y consacrent et adonnent avec ferveur. Je souhaite ardemment que votre Communauté soit de ce nombre... Nous avons trouvé cette dévotion dans le livre de la Retraite du R. P. de la Colombière, que l'on vénère comme un saint. Je ne sais si vous en avez connaissance, et si vous avez le livre dont je vous parle ; car je me ferais* un grand plaisir de vous le fane avoir 2. »

1. Lettre xxv, Vie et Œuvres, p. 50 (2e édition, lettre xxvi, p. 87). — 2. Lettre xlv. Vie et Œuvres, t. i, p. 88 (2e édition, lettre xi/n, p. 125).

Ainsi l'action de la Bienheureuse et celle du P. de la Colombière s'unissaient intimement, comme Jésus avait uni intimement leurs âmes. Ainsi le P. de la Colombière continuait d'être l'apôtre du Sacré-Cœur.

Il l'était encore d'autre façon, par un apostolat mystérieux de prière et d'intercession dont parle fréquemment la Bienheureuse. Elle-même le priait et se recommandait à lui. Elle le voyait, faisant dans le ciel « par ses intercessions ce qui s'opère ici-bas en terre pour la gloire du Sacré-Cœur l. » Elle explique au P. Croiset, 15 septembre 1689, que Notre-Seigneur « avait choisi le bienheureux ami de son Cœur pour l'accomplissement de ce grand dessein », et qu'il faut « s'adresser à son fidèle ami, le bon Père de la Colombière auquel il a donné un grand pouvoir, et remis, pour ainsi dire, ce qui concerne cette dévotion... J'en reçois de grands secours, ajoutait-elle ; car cette dévotion du sacré Cœur l'a rendu bien puissant dans le ciel 2. » Enfin nous avons vu déjà comment elle rattache la mission de la Compagnie de Jésus à celle du P. de la Colombière.

C'est à partir de 1685 et 1686 que la dévotion prit enfin son essor. Essor bien modeste d'abord et rabattu par de grands coups de vent. Le jour de sainte Marguerite, 20 juillet 1685, furent rendus au Sacré-Cœur dans la petite communauté de Paray les premiers hommages publics. C'est une date dans l'histoire de la dévotion, et la Bienheureuse en a fait le récit plusieurs fois. D'abord dans son Mémoire. « Sainte Marguerite s'étant trouvée un

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