Lettres inédites, lettre in, p
vendredi, je priai nos sœurs novices, dont j'avais le soin pour lors, que tous les petits honneurs qu'elles avaient dessein de me rendre en faveur de ma fête, elles les fissent au sacré Cœur de Notre- Seigneur Jésus-Christ. Ce qu'elles firent de bon cœur, en faisant un petit autel sur lequel elles mirent une petite image de papier crayonnée avec une plume, à laquelle nous tâchâmes de rendre tous les hommages que ce divin Cœur nous suggéra l. » Elle rappelle le même fait au P. Croiset, sans autres détails précis sur le fait lui-même. Nous savons par les Contemporaines ce que fut cette journée de joie intime, la consécration et les prières au Sacré-Cœur, les pratiques pour les âmes du purgatoire, les effusions de la Bienheureuse 2. Ce fut pour elle « une joie des plus parfaites ». Mais la journée finit dans l'orage. La dévotion était nouvelle, et saint François de Sales avait mis ses filles en garde contre les nouveautés en dévotion. Aussi « les plus vertueuses de la Communauté parurent d'abord les plus opposées ». « Le sacré Cœur les y fera bien rendre », dit doucement la Bienheureuse. Elles se rendirent, et l'année suivante, la sœur des Escures, la première aujourd'hui parmi les opposantes, prendra elle-même l'initiative. Le 20 juin 1686, octave du Saint-Sacrement, elle vint demander à sa sainte amie la petite image du Sacré-Cœur qu'elle avait au noviciat : c'était l'image envoyée par la Mère Greyfié. Marguerite-Marie la donna, ne sachant ce qu'il allait advenir, priant et faisant prier. « Le lendemain,
1. Mémoire, dansFze et Œuvres, t. n, p. 356 (2e édition, p. 415).