Vie et Œuvres, 1. 1, p. 206 sq. (2\éditioii,[p. 237 sq
jour destiné à honorer ce divin cœur, la sœur des Escures ne manqua pas de porter une chaise où elle mit un tapis fort propre, sur quoi elle posa cette petite miniature, qui était dans un cadre doré, qu'elle orna de rieurs. Elle la mit ainsi devant la grille avec un billet de sa main, pour inviter toutes les épouses du Seigneur à venir rendre leurs hommages à son cœur adorable * »
Cette fois, la communauté entière fut enlevée ; et l'on ne discuta plus que du meilleur moyen de témoigner sa dévotion. On rêvait un beau tableau, et « Il n'y eut pas jusqu'à nos sœurs du petit habit (les pensionnaires) qui ne voulurent y contribuer de l'argent que messieurs leurs parents leur donnaient pour leurs menus plaisirs. » Bientôt, c'est une chapelle qu'il fallut, et la chapelle fut faite. Elle fut dédiée solennellement le 7 septembre 1688. « Messieurs les sociétaires de cette ville 2 et messieurs les curés des paroisses voisines se rendirent tous à l'église paroissiale et vinrent ensuite processionnellement dans notre enclos suivis d'un grand nombre de personnes qu'on ne put empêcher d'entrer. Il était une heure de l'après-midi, et les cérémonies durèrent deux heures. Pendant ce temps et longtemps après, notre bienheureuse Sœur demeura dans la chapelle, tellement ravie et abîmée en Dieu, que de toutes les personnes qui désiraient ardemment lui parler, aucune n'osa se donner cette pieuse
1. Contemporaines, dans Vie et Œuvres, t. i, p. 241 (2e édition p. 269).
2. Membres d'une société de prêtres, tous nés à Paray, et attachés à l'église paroissiale, tout en formant une sorte de communauté.
satisfaction. Durant ces trois heures, on l'observa soigneusement pour voir si elle ne changerait pas de position ; mais on la remarqua toujours immobile comme une statue \ »
Semur s'était lancé avant Paray. On y prit la dévotion, dit la Bienheureuse, en entendant lire la Retraite du R. P. de la Colombière 2.
La Mère Greyfié, alors supérieure à Semur, si prudente, si réservée jusque là, avait fait faire une image, et dédié un oratoire. C'est elle qui avait envoyé à la Bienheureuse, pour les étrennes de 1686. la miniature qui allait bientôt recevoir les hommages de la communauté, en y joignant une douzaine d'images pour les ferventes de la dévotion 3.
Moulins était gagné, avec la Mère de Soudeilles ; gagnés aussi, semble-t-il, Charolles et Condrieu, grâce au P. de la Colombière. A Dijon, ce fut mieux encore. Pendant que la Mère de Saumaise et la Bienheureuse s'occupaient de faire graver une image du Sacré-Cœur, qu'on pût répandre à volonté, Sœur Jeanne-Madeleine Joly travaillait à un office en l'honneur du Sacré-Cœur et soumettait son projet à la Bienheureuse.
Au dehors, la dévotion se répandait. Plusieurs Pères Jésuites se mettaient en rapport avec l'ardente apôtre, et prêchaient la dévotion nouvelle ; un Père Capucin faisait de même à Dijon. De 1686 à 1690, Marguerite-Marie multiplie ses lettres et ses démarches ; elle enregistre les succès de la