‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 189 sur 215 · Ouvrage cité, livre I, c. n, p · texte numérisé non relu

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leur consolation. » Il ajoute qu'elle « s'introduisit surtout dans les monastères ». Et cela se comprend sans peine. Elle a toujours été la dévotion d'une élite.

Biais il lui fallait conquérir*les âmes une à une. Tant s'en faut que même la Visitation en corps et la Compagnie de Jésus aient donné tête baissée dans la dévotion nouvelle. Il y eut même des coups d'autorité, destinés à faire réfléchir les téméraires et les novateurs.

D'Annecy, de la « sainte Source », partait, le 14 novembre 1693, une circulaire expliquant pourquoi Ton y refusait d'entrer « dans ces pratiques si singulières qu'on a introduites depuis peu pour honorer le sacré Cœur de Jésus. » Ce n'était pas le rejet de la dévotion, on le disait expressément : « Nous ne voulons point pour cela avoir moins de religion envers le sacré Cœur ; nous le regardons toujours comme le centre de tous nos désirs et le comble de tous nos vœux 1. » Ce que l'on repousse, ce sont les pratiques nouvelles, contre lesquelles les saints fondateurs avaient tant mis en garde. Mais le mot reste dur. Annecy, d'ailleurs, va bientôt recevoir la Mère Greyfié, la choisir pour supérieure, apprendre d'elle à mieux apprécier la nouvelle dévotion.

Choses analogues dans la Compagnie de Jésus. Les profanes s'imaginent parfois qu'une dévotion qui se réclame des visions et des révélations d'une religieuse est sûre de trouver créance en ce monde de prédicateurs, de confesseurs, de théologiens.

1. Cité par Letierce, Etude, t. i, p. 345. Voir aussi les explications données par les Annalistes d'Annecy, loc. cit. p. 345 et suiv. Cf. Hamon. 1. c. 785.

C'est bien mal les connaître. Le P. Croiset et ses amis, tout sages qu'ils étaient, parurent à quelques-uns excessifs et trop crédules. La chose alla jusqu'au P. Thyrse Gonzalez, alors Général de la Compagnie. Celui-là, certes, n'était pas enclin aux nouveautés. Il ne condamna pas cependant la dévotion ; mais il craignait que le P. Croiset ne fût « tourné aux opinions singulières. » On lui expliqua que non ; il répondit en se défendant de blâmer la dévotion, mais sans vouloir l'encourager, et en retranchant les pratiques contraires aux usages l. Cela se passait en 1695. La Compagnie en corps ne devait faire acte de dévotion au Sacré- Cœur qu'au temps de Laurent Ricci, quand, les malheurs fondant sur elle de toutes parts, elle n'avait plus d'espoir que dans ce Sacré-Cœur.

Cependant les confréries se multipliaient, les pratiques essentielles étaient adoptées ; des chapelles se bâtissaient, des autels étaient dédiés ; les prédicateurs parlaient. En quelques années, la dévotion fut connue par toute la France, connue en Canada et jusque dans l'Extrême-Orient. De saints prêtres s'en faisaient les propagateurs zélés. Nous avons parlé de M. Boudon. Un peu plus tard, 1711, Simon Gourdan, le pieux et savant chanoine de Saint- Victor, allait en faire l'éloge dans une consultation célèbre 2.

Des congrégations religieuses lui ouvraient leurs portes toutes grandes. Les Bénédictines du Saint-

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