Histoire de la B. Margut n't< -Mari* . c. xiv. p
La dévotion au Sacré-Cœur se présente chez la Bienheureuse avec un ensemble de pratiques déterminées. Mais la pratique va, pour elle, bien au-delà de ces pratiques. Dans ses écrits comme dans sa vie, sa chère dévotion est l'âme de tout ; c'est un esprit d'amour, de renoncement et de réparation par amour qui pénètre et domine tout. La dévotion au Sacré-Cœur, comme elle l'entend, c'est une formule admirable de vie chrétienne et parfaite, toute à Jésus, toute en Jésus, toute de Jésus ; c'est l'amour de Jésus envahissant l'âme, avec toutes ses pensées, toutes ses affections, tous ses actes, de façon que ce ne soit plus nous qui vivions, mais Jésus-Christ qui vive en nous. C'est ce qui ressort, pour ainsi dire, de toutes les pages de la Bienheureuse ; il n'y a qu'à lire pour s'en rendre compte. Nous passerons d'abord en revue les principales pratiques indiquées par elle. Nous donnerons ensuite quelques textes pour montrer comment elle entend la dévotion l.
1. Sur ces pratiques, on peut voir d'amples détails dans Le Règne du Sacré-Cœur, t. n ; le tome ni étudie, d'après Marguerite-Marie, « les vertus demandées par le Saeré-Cœur à tous ses serviteurs », et le tome iv, « les vertus particulières demandées aux chrétiens et aux religieux », ainsi que < les diverses dévotions unies à la dévotion au Sacré-Cœur ».
Les Pratiques.
1. Image. — 2. Consécration. — 3. Amende honorable. — 4. Communion et dé rot ion à (' Eucharistie. — 5. Heure sainte et union à Jésus souffrant. — 6. Dévotion à la Sainte Vierge. — 7 . Les âmes du Purgatoire. — 8. Pratique» diverses.
Les pratiques sont à peu près chez la Bienheureuse ce qu'elles seront plus tard, soit qu'ellemême les ait mises en circulation, soit qu'elle ait approuvé et fait siennes celles que proposaient, dans leurs livres ou livrets, la Mère de Soudeilles, la Sœur Jolv, le P. Croiset. Quelques-unes lui sont demandées à elle-même par Notre-Seigneur ; il en est qu'elle propose comme très agréables au Sacré- Cœur ; il en est qu'elle s'ingénie à trouver pour faire valoir sa chère dévotion. Quelques-unes sont tombées, ou à peu près 1. Plusieurs sont restées (la consécration, l'amende honorable, etc.) ; plusieurs, qui ne sont chez elle qu'en germe, se sont développées (les offices, l'apostolat de la prière, etc.)
Quelques-unes appellent un mot d'explication.
1. L'image. — L'image tient une grande place dans les visions de Marguerite-Marie, dans les désirs et dans les promesses du Sacré-Cœur. On conçoit dès lors qu'elle ait une grande place dans
1. Celle, par exemple, des billets, portant des invocations d'un côté au Sacré-Cœur, de l'antre à l'Immaculée Conception, qu'on trenipe dans l'eau «>t qu'on avale à jeun. Lettre lxxxii (lxxxui), t. il, p. 159 (19b). Elle parle de guérisons miraculeuses dues à cette pratique. Loc. cit. Cf. lettre lui (liv), t. n, p. 104 (141).
les préoccupations et dans la correspondance de la Bienheureuse. C'est pour elle à la fois un moyen de propager sa chère dévotion et une pratique spéciale de cette dévotion, pratique désirée par Jésus, et à laquelle il a promis d'attacher de grandes grâces.
Aussi en veut-elle à tout prix. Et comme elle se remue pour en presser l'exécution, comme l'attente lui est longue, quelle joie quand ses désirs sont enfin accomplis, comme elle est heureuse d'en distribuer 1 !
N'a-t-elle pas des promesses du Sacré-Cœur pour ceux qui la porteront, et l'assurance de bénédictions spéciales pour les maisons où elle sera exposée et honorée ? Jésus ne veut-il pas qu'elle ait sa place d'honneur dans le palais des rois et sur le drapeau de la France ?
Dans les visions de la Bienheureuse, tantôt c'est le cœur seul qui est montré, tantôt c'est Jésus qui apparaît et qui montre son cœur. Dans les premières images, il n'y a jamais la personne de Xotre-Seigneur : le cœur seul est représenté. Il a la forme de convention à laquelle on était depuis longtemps habitué par la dévotion aux cinq plaies ; le caractère symbolique de la représentation est indiqué de diverses façons : par les flammes, par les « lacs d'amour », par la couronne d'épines et la croix, par le mot caritas. Les images que fit faire la Mère Greyfié, pour les donner à la Bienheureuse et à ses novices, semblent avoir été la représentation alors courante des cinq plaies 2. On sait que cette représentation grou-
1. Voir d V et Œuvres, la table analytique, aux mots Imagt i ■/./.-.