‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 201 sur 215 · Sum. theol. m, q. lix, a · texte numérisé non relu

Sum. theol. m, q. lix, a

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plaires, de sa part, à la Mère Marie du Divin Cœur.

Trois jours avant la consécration, elle alla, comme Marguerite-Marie, « s'abîmer dans le Sacré-Cœur I. »

Le second désir de la Mère Marie du Divin Cœur fut accompli dans le mois qui suivit sa mort. Le 21 juillet, le préfet de la Sacrée Congrégation des Rites adressait à tous les évêques, au nom du souverain pontife, une pressante invitation à développer le culte du Sacré-Cœur par les confréries, par le mois du Sacré-Cœur, par les exercices des premiers vendredis.

Vie et développement intime de la dévotion.

La dévotion dans les âmes. Pratiques et dérotions connexes. Œuvres et associations en l'honneur du Sacré-Cœur . Interventions de l'Église.

Ici, comme partout dans la vie de l'Église, les actes de l'autorité ont été préparés par les désirs intimes des âmes, par l'amour et par les œuvres. La dévotion au Sacré-Cœur est vivante elle-même dans les âmes qui en vivent ; et c'est parce que les âmes en vivent et qu'elle est vivante, qu'elle s'est épanouie en une foule de pratiques et d'institutions, toutes animées du même principe, rendre au Sacré-Cœur l'amour et l'honneur qui lui est dû, l'aimer et le

1. Voir Louis Chasle, Sœur Marie du Divin Cœur, née Droste zu VÏ8chering, religieuse du Bon-Pasteur, 1863-1899, Paris, 1905, c. xi ; on y trouve tout ce qui regarde la consécration du genre humain au Sacré-Cœur.

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faire aimer. Elle-même n'est pas tant une pratique ou un ensemble de pratiques, qu'un esprit, un principe de vie, une âme pour les pratiques les plus diverses. Beaucoup de ces pratiques sont déjà en germe dans les écrits de la B. Marguerite-Marie ; beaucoup sont indiquées dans les premiers traités. comme exercices propres de la dévotion. Souvent elles s'organisent en institutions stables : Œuvre de l'adoration perpétuelle. Archiconfrérie du Sacré- Cœur, Apostolat de la prière, Archiconfrérie de la Garde d'honneur. Archiconfrérie de prière et de pénitence, Archiconfrérie du Cœur eucharistique, Communion réparatrice, Cœur agonisant, Mois du Sacré-Cœur, les pèlerinages, les neuf vendredis et pratiques des premiers vendredis, images et scapulaires du Sacré-Cœur, etc. La plupart de ces pratiques et de ces institutions ont une histoire, quelquefois fort intéressante : il en est qui se réclament d'une origine surnaturelle, comme l'archiconfrérie de prière et de pénitence *.

Parfois ce sont des dévotions nouvelles qui se développent * côté de la grande dévotion on qui essayent de s'y rattacher. Ainsi la dévotion au Cœur agonisant de Jésus, au Cœur eucharistique, à Notre-Dame du Sacre-Cœur les oeuvres

ou des institutions qui en sortent comme la fleur, ou qui viennent se ranger autour d'elle corn: l'abri d'un grand arbre.

Celles-là aussi sont presque sans nombre. Et pour se borner aux congrégations religieuses, la liste serait longue de celle* qui se réclament du B Cœur, que leur objet principal soit d'honorer ce

1. Voir Le Règne du Sacré-Cœur. t. u ; la plupart des pratiques et des institutions y sont passées en revue.

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Sacré-Cœur, ou que la dévotion au Sacré-Cœur soit pour elles un des principaux moyens d'atteindre leur fin spéciale. Un grand nombre en ont même pris leur nom. Je trouve les noms suivants dans le Kirchenlexikon. Au commencement du xixe siècle, la Société du Sacré-Cœur de Jésus (Paccanaristes) ; les Pères du Sacré-Cœur d'Issoudun, 1854 ; les Prêtres auxiliaires du Sacré-Cœur de Bétharram, 1841 ; les Pères des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, dits Pères de Picpus, 1805 ; les Dames du Sacré-Cœur, 1800 ; les Oblates du Sacré- Cœur, 1866 ; les Sociétés des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, dites du Saint-Esprit ; les Sœurs du Cœur de Jésus et de Marie (Récaubeau) ; les filles des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, Amiens ; les Sœurs des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie (Portrieux). Et il s'en faut que la liste soit complète. Il y manque notamment : les Sociétés du Cœur de Jésus et du Cœur de Marie, fondées par le P. de Clorivière ; les deux sociétés fondées par le P. Muard, Prêtres du Cœur de Jésus, de Pontigny, et Bénédictins prêcheurs des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, dits de la Pierre-qui-vire ; les Pères du Sacré-Cœur, de Saint-Quentin ; la Sainte Famille du Sacré-Cœur, et combien d'autres î

Tout cela nous montre combien la dévotion est vivante, et combien riche. Il y a même, ici comme partout, danger d'excès. Et l'Église est souvent intervenue pour mettre en garde contre la démangeaison d'inventer une dévotion nouvelle.

Mais elle a encouragé, plus souvent encore qu'elle n'a réprimée Quand, une pratique a fait ses preuves, elle intervient pour l'approuver, pour l'eiirichir

d'indulgences, etc. Ce qui, pour le dire en passant, doit nous mettre en garde contre la tendance à n'étudier la dévotion que dans les documents officiels, ou même uniquement dans les documents liturgiques.

Sans vouloir énumérer tous ces documents — il y en a pour toutes les œuvres organisées, pour beaucoup de prières et de pratiques — un coup d'ceil sur ceux qui servent à mieux comprendre quelque aspect de la dévotion K On verra que les documents restrictifs ou explicatifs y sont pour une bonne part.

1. Images et scapulaires du Sacré-Cœur. — La B. Marguerite-Marie voyait tantôt le cœur tout seul, tantôt le cœur dans la poitrine du Sauveur ou un peu en dehors. Les images ont eu la même diversité. Les premières furent des cœurs séparés ; et c'est à une image de ce genre que furent rendus les premiers honneurs, à Paray, en 1685. Marguerite- Marie en portait une sur son cœur, et elle recommandait la même pratique comme très agréable au Sacré-Cœur. A la peste de Marseille, en 1720, Madeleine Rémuzat fut inspirée de répandre une petite image portant un cœur avec l'inscription : Arrête ! le Cœur de Jésus est là. Cette image fit

1. Un bon. nombre des actes récents du Saint-Siège, en cette matière, se trouve dans Bucceroni, t. ix, ou Supplementum à la Prompta bïbliotheca de Ferraris, Rome, 1899, au mot Cor SS. Jesu. Pour les pratiques ou institutions enrichies d'indulgences, voir Beringer, Les Indulgences, trad. fr., 3e édition, Paris 1905, table au mot Sacré-Cœur. Pour les décrets de la Congrégation des Rites, Collectio authentica decretorum S. R. C, au mot Cor sacratissimum Jesu, Rome 1901, t. v, p. 129-130. Pour l'ensemble, les Analecta ecclesiastica, Rome, depuis 1893 ; les Acta S. Sedis, Rome, aux dates à peu près où sont indiqués les documents.

merveille et on l'appela lu sauvegarde. Depuis, elle a été répandue dans des circonstances semblables, par exemple, à Amiens, durant la peste de 1866. Peu à peu, elle a pris grande extension, et Pie IX y attacha des indulgences, 28 octobre 1872. Depuis que Léon XIII a montré dans le Sacré-Cœur un nouveau labarum, il y a une combinaison de la croix et du cœur, avec l'inscription : In hoc signo vinces. On appelle souvent l'ancienne image Petit scapulaire du Sacré-Cœur. Mais ce n'est pas le scapulaire proprement dit. Celui-ci, appelé quelquefois scapulaire de Pellevoisin, date de 1875 ou de 1876. Il a été enrichi d'indulgences, mais Rome a expliqué que les indulgences données au scapulaire n'emportent pas approbation des faits surnaturels auxquels on le rattache K Depuis 1900, les Oblats de Marie Immaculée ont pouvoir de donner un scapulaire du Sacré-Cœur, qui est devenu comme le scapulaire de Montmartre. Ce n'est guère, je crois, que le scapulaire de Pellevoisin, légèrement modifié.

On voit par là que l'Église continue d'admettre l'image du cœur séparé. Mais elle a expliqué, en 1891, que cette image, permise à la dévotion privée, ne doit pas être exposée à la vénération publique sur les autels. Il va de soi, d'ailleurs, et ce point aussi a été expliqué, qu'il n'y a pas image du Sacré-Cœur, si le cœur n'est pas visible. Le Sacré- Cœur offert par T Église au culte public, c'est donc Jésus montrant son cœur.

2. Le Cœur de Jésus pénitent ou le Cœur pénitent de Jésus ; le Cœur miséricordieux. — L'Église a

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