Décret du Saint-Office, 3 septembre
approuvé et enrichi d'indulgences l'Archiconfrérie de prière et do pénitence en union au cœur de Jésus ; mais elle a condamné le titre : Cœur pénitent de Jésus, Cœur de Jésus pénitent pour nous ; Jésus pénitent ; Jésus pénitent pour nous l. On peut sans doute donner à ce titre un sens juste et vrai, et il a été employé quelquefois ; mais, en soi, il est équivoque ou inexact, caria pénitence emporte le regret 3t la détestât ion de ses propres fautes.
Le titre de Cœur miséricordieux n'a pas le même inconvénient. Il a pourtant été désapprouvé en 1875, parce qu'on prétendait le substituer à celui de Sacré-Cœur 2.
3. Le Cœur eucharistique de Jésus. — Depuis quelques années, l'Église approuve et enrichit d'indulgences des prières et pratiques en l'honneur du Cœur eucharistique. Il existe même à Rome une archiconfrérie sous ce titre. Mais il y a eu d'abord des résistances, et il a fallu des explications. En 1891, un décret du Saint-Office désapprouvait les emblèmes du Sacré-Cœur dans V eucharistie, c'est-àdire, en pratique, les hosties avec image du Sacré- Cœur. C'est assez, disait le décret, des images du Sacré-Cœur reçues et approuvées dans l'Église, et il expliquait que le culte du Sacré-Cœur dans l'Eucharistie n'est pas plus parfait que le culte de
1. Décret du Saint-Office, 15 juillet 1893. Ce décret se rattache à un ensemble d'actes du Saint-Siège contre un petit groupe d'obstinés établis à Loigny, qui malgré des condamnations multiples continuaient d'imaginer et de publier des révélations du Cœur de Jésus pénitent. Voir l'ensemble des actes lepuis 1888 jusqu'à 1894, dans les Analecta ecclesiastica, 1894, t. il, p. 291-301. Il paraît que cette affaire dure encore. Voir Ami du Clergé, 1905, p. 33.