C'est ma plus grande envie
De consommer ma vie
Comme un cierge allumé,
Devant mon Bien- Aimé.
Cantique au sacré Cœur, dans Vie et Œuvres, t.n,p.514(575). 3. Vie et Œuvres, t. n, p. 465 (527).
5. Heure sainte et union à Jésus souffrant. — On peut dire^de la Passion à peu près autant que de l'Eucharistie : c'est une dévotion inséparable, pour la Bienheureuse, de la dévotion au Sacré- Cœur. Il serait trop long d'en relever tous les traits. C'est assez d'en rappeler quelques-uns. L'heure sainte, que nous avons vu Jésus demander à Marguerite-Marie, n'est pas autre chose qu'un exercice d'union à Jésus souffrant. La Bienheureuse passait aussi, dans cette union, la nuit du jeudi au vendredi saint, quand on le lui permettait, devant le Saint- Sacrement. La Mère Greyfîé nous raconte ainsi une de ces nuits : « Une fois qu'elle sortait d'une longue maladie... elle vint me trouver pour me demander par grande miséricorde de... veiller la nuit du jeudi saint devant le Saint-Sacrement, quoiqu'il n'y eût nulle apparence qu'elle le pût faire. Pour lui donner quelque consolation, je lui permis de se tenir au chœur depuis huit heures (jusque vers les dix heures du soir)... Elle accepta ce premier offre, et, avec beaucoup d'humilité et de douceur, me pria de lui prolonger ce temps... Je (lui) abandonnai toute la nuit... (Elle) ne manqua pas, à huit heures et demie, de prendre place au chœur... et y demeura dès lors à genoux les mains jointes sans aucun appui ni se remuer non plus qu'une statue, jusqu'au lendemain à l'heure de Prime, qu'elle se mit en chœur avec les autres... Lorsqu'elle me rendit compte de sa disposition pendant tout ce temps, elle me dit que Notre- Seigneur lui avait fait la grâce d'entrer en participation de son agonie dans le Jardin des Olives, et qu'elle avait eu tant à souffrir, qu'à tout coup il lui semblait que son âme s'allait séparer de son corps x.»