Memorîale, n. 32, 33. Xilles, p
digne de considération, que cet objet ainsi conçu embrasse vraiment et réellement tout l'intime de Notre-Seigneur Jésus-Christ l. »
Ce texte en dit plus qu'il ne fallait présentement, et nous le retrouverons bientôt. On y voit, pour le moment, que la dévotion ne s'arrête pas au cœur de chair : elle s'étend à tout ce qu'il rappelle, à tout ce qu'il représente.
Les documents officiels sont plus brefs ; ils n'en sont que plus clairs en faveur du cœur symbolique. Quelques-uns y insistent tant, qu'on y a vu (à tort du reste) la négation du cœur physique. Nous avons déjà cité le symbolice renovari du décret de 1765. L'hymne de Landes, dans l'office de la fête, nous dit la même chose :
Te vulneratum Hoc Bub amoris Bymbolo
Ictu patenti voluit, Passus cruenl tica,
Amoris invisibilia Utrumque sacrificium
Ut veneremur vumera. Christus - immolât.8
Même doctrine dans la sixième leçon : Ut fidèles sub sacratissimi Cordis symbolo devotius ac fervent/'»* recolant caritatem Christi.3 Pie VI, en 1781, repoussant les attaques injurieuses de Ricci, écrivait que la dévotion consiste, en substance, à méditer dans l'image symbolique du Cœur, la charité immense et l'amour si libéral de notre divin Rédempteur. ut in symbolica Cordis imagine immensam caritatem
1. Memoriale, n. 17, 18, Nilles, p. 145-146. Cf. n. 19, ibid.
2. « L'amour a voulu que vous fussiez blessé d'une blessure béante, pour que nous vénérions les blessures de l'amour invisible. Sous ce symbole d'amour, blessure sanglante et blessure mystique, le Christ prêtre offre le double sacrifice. »
3. « Pour que les fidèles, sous le symbole du Cœur sacré, honorent avec plus de dévotion et de ferveur l'amour du Christ. »
effusumque amorem divini Eedemptoris nostri meditemur atque veneremur 1.
Le cœur b/essé. — Images symboliques.
Le symbolisme du cœur blessé. — Caractère symbolique des images du Sacré-Cœur.
Voilà qui doit être acquis. C'est bien le cœur de chair que nous honorons dans la dévotion au Sacré-Cœur, mais en tant qu'il nous rappelle et nous représente, dans un symbolisme parlant, l'amour et les bienfaits du Dieu fait homme ; c'est le cœur de chair, mais comme symbole, comme représentation vivante.
Ce symbolisme se complète admirablement par la présentation du cœur comme blessé. Comment ne pas voir dans la blessure visible du cœur la blessure invisible de l'amour ? C'est ce que chante l'hymne de Laudes, strophe citée plus haut. C'est ce que disait le pieux auteur de la Vitis mystica dans un passage que l'Église a fait sien en le prenant pour l'office du Sacré-Cœur : « Votre cœur a été blessé pour que par la blessure visible nous voyions la blessure invisible de l'amour... La blessure de la chair montre la blessure spiri- ( tuelle : Propterea vulneratum est ut ver vulnus \ visibile vulnus amoris invisible videarnus. Carnale \ergo vulnus vulnus spirituale ostendit. » C'est ce que J' Église, ce que les dévots du Sacré-Cœur ne cesse-