‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 58 sur 215 · Voir Xilles. lor. cit., p · texte numérisé non relu

Voir Xilles. lor. cit., p

Le cœur symbole et le cœur organe.

Le rapport du cœur à l'amour dans la dévotion : symbole ou organe? Accord de fond, divergences accessoires.

Mais il y a certaines divergences, quand il s'agit de définir le rapport du cœur à l'amour et de l'amour au cœur dans la dévotion.

Quelques-unes ne sont que dans la manière de parler. On a appliqué en sens divers les termes d'objet premier et d'objet second, d'objet matériel et d'objet formel, de motif et de fin, d'objet direct et immédiat l.

D'autres sont plutôt de perspective et de point de vue. Ainsi le P. Croiset insiste beaucoup moins sur le cœur de chair que sur l'amour ; le P. de Gallifïet se préoccupe surtout du cœur de chair, et c'est là qu'il ramène tout. Ils n'ont pas une idée différente de la dévotion. Seulement, les circonstances les amènent à viser et à mettre en relief tel aspect spécial d'un objet complexe.

Mais quelques-unes semblent porter sur le fond des choses. Pour le P. de Galliffet et pour ceux qui ont été sous son influence plus immédiate, l'idée du cœur emblème se cache, pour ainsi dire, derrière l'idée du cœur organe vivant. Il voit dans le cœur non seulement le symbole de cet amour qui a poussé Jésus à « s'épuiser et se consommer » pour nous ; il y voit l'organe qui a aimé, qui a souf-

1 . Voir Terrien, 1. i, c. ni, p. 24, 25 ; Vermeersch, article dans les Etudes, 1906, t. evi, p. 170 ; Muzzarelli, Dissertation. notamment p. 34-39; Ch. Sauvé, Le culte du S.-C, Paris 1905, t. i. p. 29

fert, en qui toute la vie du Christ a eu son contrecoup intime. De nos jours, au contraire, sous l'influence d'une physiologie plus exacte, on parle surtout du cœur emblème, on évite d'insister sur le cœur organe. A Rome même, on est entré dans cette voie. En 1873, le concile provincial de Québec représentait le cœur de Jésus comme « la source et l'origine de l'amour du Christ, Christi caritatis fontem et originem in ejus corde existere. » La Sacrée Congrégation du Concile remplaça les mots fontem, et originem par le mot symbolum, pour n'avoir pas l'air, en approuvant le concile, de prononcer sur une question de physiologie, ou, comme on disait autrefois, de philosophie ". Quelques-uns continuent à parler du cœur organe d'amour ; ainsi le P. Billot écrit carrément : « Le cœur est le symbole de l'amour, parce qu'il en est l'organe 2. » Mais, d'ordinaire, on évite cette expression qui risque de rappeler une physiologie surannée, tout en ne rendant pas très bien l'idée traditionnelle. Beaucoup ont adopté un autre mot : ils disent que le cœur est le siège de l'amour. L'expression a été employée dans quelques documents pontificaux, notamment dans le bref de béatification de la B. Marguerite-Marie : Cor ilhul sanctissimum divinœ caritatis sedcm 3. Elle a l'avantage de montrer le rapport naturel et effectif du cœur à l'amour sans prononcer sur la nature de ce

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