‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 62 sur 215 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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Le cœur est avant tout emblème d'amour. Mais le cœur réel et vivant n'est pas que cela. Et de là vient que la dévotion au cœur vivant et réel de Jésus n'y honore pas seulement l'amour. Toute notre vie intime et profonde a ses attaches avec le cœur : nos sentiments s'y répercutent, toute notre vie affective y a comme un centre de résonance par lequel elle se manifeste sensiblement à nous l. Or, notre vie morale et notre vie affective sont étroitement unies, je ne sais si même on peut dire qu'elles sont distinct e. Aussi Le langage courant, expression de réalités profondément senties, rattache-t-il au cœur toute la vie morale et affective de l'homme : les vertus comme les sentiments, les principes d'action et Les mobiles intimes. Ne va-t-on pas jusqu'à dire que les grandes pensées viennent du cœur, et que le cœur a des raisonsTque la raison ne connaît pas \ Xe comprenons-nous pas que, quand Pascal parle de Dieu sensible au cœur », il traduit une réalité profonde, et que u Dieu sensible au cœur"» c'est autre chose que la connaissance purement al «-traite et froide du philosophe ? Jésus lui-même ne B'est-il pas présenté à nous comme « doux et humble de cœur » et ne voyons-nous pas là une manifestation de son Sacré-Cœur ?

Mais, dira-t-on, n'est-ce point là le cœur métaphorique », contre lequel on nous mettait en

1. On sait que l'amour de volonté, comme tous les actes de l'âme spirituelle, n'a pas, à proprement parler, d'organe matériel. Mais il n'est pas ici question d'organe ou de principe ; il s'agit de concours et de résonance. Or, on sait assez que même l'amour spirituel, quand il est vraiment et pleinement un amour humain, déborde sur la partie sensible de l'homme : il a son contre-coup dans l'organisme.

garde quand on définissait la dévotion au Sacré- Cœur ? Non. C'est bien au cœur réel que va notre pensée. Non plus seulement en tant qu'il est symbole d'amour, écho intérieur qui nous traduit par ses battements notre vie affective ; mais en tant que l'usage courant, fondé sur une expérience vague mais sûre, rattache au cœur notre vie intime, dont nous y voyons le symbole et l'expression, en même temps que nous y percevons la résonance de nos états affectifs, de nos dispositions morales.

Première extension de notre dévotion. Extension, on le voit, toute légitime et naturelle, dès que l'on conçoit la dévotion comme allant au cœur réel et vivant de Jésus, pour y honorer tout ce qu'il est, tout ce qu'il fait, tout ce qu'il rappelle et représente à l'esprit. De ce chef, la dévotion au Sacré-Cœur n'est plus seulement la dévotion à l'amour du cœur de Jésus ; elle devient la dévotion à tout l'intime du Sauveur, en tant que cet intime a dans le cœur vivant un centre de résonance, un symbole ou un signe de rappel.

Il en est une autre, également naturelle, consacrée aussi par l'usage et fondée aussi sur le langage courant. C'est le passage du cœur à la personne tout entière.

Objet par extension : In personne.

Autre extension du culte. Comment et en quel sens le cœur signifie et résume la personne.

C'est toujours la personne qu'on honore, quand on honore le cœur ; comme c'est la personne qu'on

honore, quand on lui baise respectueusement la main. C'est la condition du culte ; pas n'est besoin d'y insister ici. Pie VI a fait justice des accusations formulées à cet égard par les Jansénistes, comme si les fidèles, en honorant le Sacré-Cœur de Jésus, l'honoraient en dehors de la personne sacrée du Verbe incarné l. Dès les premiers jours de la dévotion, la doctrine fut très nette à cet égard. Nous avons vu le P. de Galliffet insister encore et encore sur l'union du cœur à la personne divine dans le culte du Sacré-Cœur. « On peut, disait-il, adresser à ce Cœur divin des prières, des actes, des affections, des louanges, en un mot tout ce qu'on peut adresser à la personne même ; puisqu'en effet la personne elle-même, unie à ce cœur, les reçoit très réellement 2. » Déjà Marguerite-Marie avait dit, avec une netteté parfaite, que Jésus prenait un singulier plaisir à être honoré « sous la figure de ce cœur de chair ». Le culte, en ce cas, n'est pas d'ailleurs purement relatif, comme celui qu'on rend à une image, comme celui qu'on rend même à la vraie cioix ; car le cœur fait partie de la personne, il a en lui la dignité de la personne dont il fait partie. Il suffit de rappeler ces notions. Car il n'y a en cela rien qui soit propre au culte que nous étudions. La même chose notamment s'applique au culte des cinq plaies, dont l'une d'ailleurs nous amène au cœur de Jésus : qu'est-ce, en effet, comme disait le cardinal Gerdil 3, qu'est-ce que la blessure du cœur, sinon le cœur blessé ? Mais il y a, dans la dévotion au Sacré-Cœur, telle qu'elle est vivante dans

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