‹ La dévotion au Sacré-Cœur de Jésus (volume 2)Chapitre 77 sur 215 · Voir ci -dessus, c. i, § 6, p · texte numérisé non relu

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resserrant, parce que le langage courant ne prétend pas donner des explications scientifiques, mais exprimer, de façon à être compris, un fait d'expérience.

Ainsi la science et la dévotion allaient chacune son chemin sans presque se connaître ; et si elles se rencontraient quelquefois, c'était sans presque jamais se heurter. Quelques médecins matérialistes lançaient bien de temps en temps quelque grossière injure à la dévotion ; mais on était si habitué à l'injure et à l'ignorance de ce côté-là, que l'on n'y faisait pas attention.

Parfois aussi, quelques théologiens essayaient d'expliquer le culte du Sacré-Cœur en fonction des données nouvelles de la science. Ainsi le P. Jungmann, professeur à l'université d'Innsbruck, dans ses Fiïnf Sàtze. Ainsi son frère, l'abbé Bernard Jungmann, professeur à l'Université de Louvain, dans ses thèses sur le Sacré-Cœur. Ces retouches aux vieilles explications étaient faites de main légère et discrète, et l'ensemble des théologiens en profitaient pour éviter quelques erreurs d'expression, pour délimiter avec plus de précision le sens et la portée du culte. En février 1870, le P. de Bigault exposait, dans les Etudes, les idées du P. Jungmann, et personne n'y trouvait à redire.

Le choc eut lieu cependant entre la science et la piété. C'est presque toujours la condition d'un accord durable, où chacune apprend à connaître les limites de son domaine et s'y cantonne pour laisser sa voisine évoluer cà son aise dans le sien. Dès 1874, le P. Ramière, dans les Etudes, s'inquiétait de certaines opinions de Claude Bernard

sur la physiologie du cœur *. Ce fut bien pis quand parurent les études de M. Riche, prêtre de Saint- Sulpice, Les Merveilles du cœur, Paris, 1877, et Le cœur de V homme et le Sacré-Cœur de Jésus, Paris, 1878. M. Riche faisait siennes les explications nouvelles des physiologistes, et démolissait par là même celles qui couraient dans bien des livres sur le Sacré-Cœur. Possible d'ailleurs, que ses propres explications fussent insuffisantes, et qu'il ne laissât plus au cœur la place qui lui revient. Le P. Ramière crut sa chère dévotion compromise : il partit en guerre contre M. Riche. La polémique eut, comme c'est l'ordinaire, des vivacités regrettables : les âmes dévotes furent troublées. Pie IX intervint pour « qu'on cessât toute polémique sur le Sacré-Cœur, jugeant le moment inopportun pour entretenir entre catholiques des discussions sur ce sujet 2. » La polémique a eu, comme il arrive, de bons résultats. Personne, je pense, n'écrira plus que « le Cœur de Jésus est le principal organe des affections sensibles du Verbe incarné ; qu'il est le coprincipe de ses vertus, le foyer et la source de sa charité » ; que « la fonction éternelle du cœur, c'est de recevoir les impressions de cet amour et d'en produire les actes » ; que « de même que l'âme pense et juge par le cerveau, c'est elle qui sent, qui aime et qui s'émeut par le cœur, comme c'est elle encore qui voit par les yeux. » Personne surtout ne prétendra que la dévotion au Sacré-Cœur est essentiellement intéressée à cela, ni que « la divergence des opinions

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