P. L., t. clxxxiv, col
Blois, qui redit les pensées et jusqu'aux paroles de saint Bernard, etc. l.
Ces textes nous présentent le Sacré-Cœur, mais nous n'y voyons pas le culte proprement dit. Quelques-uns semblent porter trace de dévotion au Sacré-Cœur, ceux de Guerric notamment et ceux de Guillaume de Saint-Thierry ; mais ces traces sont légères : ce ne sont guère que des indications fugitives. C'est dans la Vigne mystique, c'est aussi avec sainte Mechtilde et sainte Gertrude que la dévotion semble prendre corps, que la piété se nourrit de ce qu'elle sait.
De qui est la Vitis mystica, et de quand ? On l'a souvent attribuée à saint Bernard, et c'est sous son nom que l'Église en a inséré des extraits dans l'Office du Sacré-Cœur, leçons du second nocturne ; d'autres la disaient de saint Bonaventure. Il est donné raison à ceux-ci, au moins pour la partie qui nous intéresse, et cela, avec bonnes preuves à l'appui, dans la belle édition du docteur séraphique publiée à Quaracchi a. On y trouve en même temps un texte bien meilleur 8. C'est ce texte que nous suivrons. Il faudra, d'après cela, mettre saint Bonaventure en première ligne parmi les dévots du Sacré-Cœur. Il aura fourni aux promoteurs de la dévotion une de leurs pages les plus
1. On en trouve beaucoup d'autres encore dans Franciosi, bien que plusieurs doivent s'entendre plutôt du côté ouvert ou du cœur métaphorique, que du cœur symbole d'amour. Voir ci dessous, p. 238, un texte de Pierre de Blois.
2. S. Bonaventurœ opéra omnia, t. vin. p. lui sq., 1898. Je n'ose pas dire cependant qu9 nia conviction soit faite ; car le ton est bien plus celui de l'école cistercienne que celui de saint Bonaventure, tel que nous le voyons dans les œuvres qui sont de lui, sinon tel qu'on se le figure d'après celles qu'on lui attribue.