Risguarda un poco e vedi Mio cor tuo cor desia
Com' io sto per amore. Mi fai d'amor languire.
Ho o il core Frettati a me venire,
Con una lanza... Dammi il core.
Cité par le P. Henri, p. 41. On continua longtemps de chanter ces strophes, ou d'autres semblables, et comme de saint François. La B. Baptiste Varani raconte ce trait charmant : « Le second vendredi qui suivit notre entrée dans le monastère, j'étais avec sœur Constance, elle filant au coin du feu et moi cousant, lorsqu'elle se prit à chanter ce cantique de notre père saint François : Anima bene delta deW alto Creatore. Je lui donnais la réplique, et, après avoir écouté la première strophe, je chantais la seconde. Quand elle vint à ces paroles : Risguarda quelle rnani, Risguarda quelli piedi, Risguarda quello lato, je ne pus aller plus loin. La parole mourut sur mes lèvres et je tombai évanouie dans ies bras de la sœur. » Comtesse de Rambuteau, La R. Varani, Paris, 1906, p. 85. M. Pacheu donne comme de Jacopone une pièce qui commence parles mêmes vers. Les strophes ressemblent beaucoup, pour la pensée et pour le mouvement, à celles du cantique attribué à saint François par la B" Baptiste Varani; mais !°s vers sont différents.
moi, ton Rédempteur, tu en fasses moins de cas que d'un fétu. » La réponse de l'âme est une réponse d'amour : « A qui dois-je me donner sinon à toi, mon Époux?... Qu'en toi seul j'espère, qu'en ton amour je me consume1. » Sans nous arrêter à relever, dans l'œuvre de Jacopone, tout ce qui a trait au Sacré-Cœur, citons encore un passage. Le poète, ivre d'amour, dit à Jésus, qui lui demande de se modérer : « A une telle fournaise pourquoi me menais-tu si tu voulais que je fusse tempérant? En te donnant à moi tellement sans mesure, tu m'ôtais toute mesure... S'il y a là quelque faute, Amour, c'est la tienne, non la mienne, puisque ce chemin, c'est toi qui l'as tracé, Amour. Tu n'as pas su te défendre de l'amour. C'est lui qui du ciel te fit venir en terre (tu t'abaissas jusque-là), et, comme un homme de rien, aller par le monde. Ni demeure ni terre tu ne voulus avoir; mais la pauvreté, pour nous enrichir. Dans la vie et dans la mort, tu montras de façon certaine l'amour sans mesure qui brûlait dans ton cœur... Donc, Jésus,... pourquoi me reprends-tu si je m'en vais fou (d'amour)... puisque l'amour t'a lié toi-même, comme privé de toute ta grandeur2? » Qu'il y ait là, à la lettre, un peu plus ou un peu moins de dévotion au Sacré-Cœur, qui voudrait en disputer (en fait, le cœur de Jésus est plus d'une fois men-
1. J. Pacheu. Jacopons de Todi, p. 156-153. Je suis responsable de la traduction.