‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 122 sur 242 · IOid., vision 14, n. 32, p. 112; Franciosi · texte numérisé non relu

IOid., vision 14, n. 32, p. 112; Franciosi

trouvé; car uni au cœur du Christ par l'amour, il y vivait plus que dans son propre corps1. »

Remarques et conclusions.

Nombre des faits. Courants d'idées et mouvements qui se dessinent. Textes communs. Centres d'influence. La Chartreuse de Cologne.

Peut-on de cette longue revue dégager quelque conclusion générale pour l'histoire de notre dévotion? C'est possible. Mais ici je me contente de

1. Vie, c. III, n. 8, Acta Sanc forum, t. IV, février, 1. 1, ad diem 4, p.5S3;dans Franciosi, col. 290. L'extase dont il est qu dans le texte a été représentée par Jean Boucher dans un tableau de 1604 (pour le centenaire de la bienheureuse), actuellement au musée de Bourges. Dans le ciel, où voltigent des anges, la sainte Vierge, à la gauche du tableau, la main droite sur la poitrine, montre de la main gauche un cœur blessé, surmonté d'une croix et entouré d'une couronne d'épines, comme le vit parfois Marguerite-Marie. A la droite saint Joseph, avec des lis à ses genoux, regarde et prie ce cœur divin. Au sommet du tableau, le Hère céleste, dans une nuée; au bas, sur terre, à droite, la B. Jeanne en extase devant cette vision; à gauche, l'abbé de Saint-Sulpice. Les Annonciades de Boulogne, actuellement à Douvres, possèdent un tableau analogue, qui semble plus ancien, où la B. Jeanne est également représentée devant un cœur glorieux; mais, cette fois, elle est au ciel, en compagnie de la sainte Vierge, de saint François, de sainte Catherine et de saint Laurent. Ce tableau représente une vision du B. Gabriel Maria, franciscain, confesseur de la B. Jeanne. Pour plus amples détails, voir le livre du P. Othon de Bordeaux : Le B. Gabriel-. Varia et l'Ordre des Annonciades, Bordeaux, 1908. Je dois tous ces renseignements, avec les photographies des deux tableaux, à la gracieuse érudition de M. le comte de Place, bien connu pour son zèle à propager la dévotion au Sacré-Cœur et à la B. Jeanne. Voir aussi : le P. Hilaire de Barenton, livre cité; M1W G! de Palys, L'Ordre de la Vierge Marie, brochure imprimée à Blois, 1918.

noter quelques traits précis. On constate tout rd combien la dévotion est répandue. On e partout, et il faut se rappeler que l*s faits cités ne sont pas tous les faits. Combien d'autres on pourrait relever encore! Tous les jours on en signale quelques-uns. Et combien resteront à jamais inconnus! Sans parler des cas si nombreux où la dévotion au cœur se confondait avec celle à la plaie du côté, sans s'en dégager assez nettement pour qu'il y eût à les relever. Autre constatation. Il n'y a pas seulement des faits épars; il y a des courants d'ilée, des mouvements qui se dessinent, des centres d'influence, des lignes directrices. Tout en se gardant des généralisations hâtives, on peut signaler quelques traits. Il y avait un fonds commun d'idées facilement reconnaissable. D'abord, le symbolisme des plaies, et notamment de la plaie du côté, d'où sortent, avec les sacrements, toutes les grâces de Dieu, où l'on va puiser tout ce dont on a besoin, où l'on trouve un refuge et où l'amour peut se reposer. Or la plaie du côté est comprise, au moins à partir du xne siècle, comme étant aussi la plaie du cœur, vulnus lateris et cordis. Commune aussi était l'idée que le disciple bien-aimé, en reposant sur la poitrine de Jésus, avait bu aux sources du Sauveur, de forttibus Salvatoris, l'amour, les vertus, les secrets divins. Or, dans le monde du symbolisme, poitrine et cœur (pectus, cor) se confondaient facilement pour désigner l'intime de Jésus, les secrets de son amour, ce que nous appelons le cœur et, quoique le mot de l'Évangile, pectus, fût le plus

employé, le mot cor se trouve aussi. Déjà saint Augustin avait dit que le repos de Jean sur la poitrine de Jésus signifiait qu'il avait bu les secrets les plus hauts au fond du cœur divin, de intimo eju.s corde*. Ces textes, et les outres que nous avons signalés au chapitre I, § 1 et 2, comme gros de la dévotion au Sacré-Cœur, étaient courants et d'usage commun : ils portaient donc partout les idées dont !a méditation amoureuse faisait comme naturellement jaillir cette dévotion.

Puis, quand celle-ci eut commencé d'être exprimée en termes précis, les textes qui l'exprimaient it remarqués, copiés, utilisés de mainte façon. Ici quelques exemples peuvent être utiles. Saint Bernard, au S^r//io/t Gl sur le Cantique, avait une page admirable sur les blessures du Cl et notamment sur la bUssure du côté; quelques lignes portaient directement sur le cœur2. Tout ce développement, avec quelques traits soit du sermon suivant, soit d'ailleurs, peut-être avec quelques additions ou adaptations, fut repris par les compilateurs. Il fut inséré dans le recueil qui a eu tant de vogue et qui continue encore de nourrir les âmes pieuses, sous le titre de Manuel, attribué à saint Augustin3. Inséré aussi dans une autre compilation sur l'âme, Libri de anima, qui c rcula sous le nom de Hugues de Saint-Victor4, inséré dans d'autres eontextes encore, et cueilli

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