Ibid. 3e partie, 5" traité, p. 262; Franciosi
5. Ibid. 3e partie, 8* traité, p. 493 et 496 j Franciosi, 384.
LA DEVOTION AU XVIIe SIÈCLE
Sœur Marie Prévostière de Saint- Jean d'Àngély (1623-1662), touchait à ses derniers moments. « Quand elle reçut la Communion, elle vit une lumière brillante auprès de son lit, avec un cœur au milieu de cette lumière, qui causait de grandes palpitations au sien, comme pour aller joindre ce beau cœur. En eiïet, il lui sembla que son cœur s'en étant approché, il se fit un mélange des deux cœurs, de même que si ce n'en eût été qu'un1. »
Mais parmi ces amantes du Sacré-Cœur, il faut faire une place spéciale à la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation, Ursuline, morte à Québec en 1672. Bossuet Ta nommée la Thérèse du Nouveau-Monde, et l'Eglise sans doute ne tardera pas à l'élever sur les autels. Marie de l'Incarnation fut une grande dévote du Sacré-Cœur, et l'éditeur de ses lettres a raison de signaler cettîî « dévotion pratique de tous les jours pendant les quarante dernières années de sa vie » comme un des traits caractéristiques de sa spiritualité2.
fille en parle à tout instant. Elle met souvent en tête de ses lettres un « salut très humble dans le sicré cœur de notre bon J-isus », ou une formule analogue 3.
Elle écrit à une de ses sœurs, le 11 octobre 16^9 : « Vous m'êtes chère comme moi-même;
1. Chroniques, ibicL 3* partie, 2* traité, p. 532; Franciosi, 384.
2. Lettres de la Révérende Mère Marie de V Incarnation, nouvelle édition, par l'abbé Richaudeau, 2 volumes, Tournai 1S76, Avertissement, p. vin.
3. Voir lettres lxii, xcii, ccxxxiv (cette dernière adressée à l'abbesse de Port-Royal, en septembre 1641).
pour cette raison, je voudrais vous pouvoir placer dans le cœur de notre très-aimable Jésus. C'est dans ce sacré sanctuaire que je vous visite et que je vous vois chaque jour. Visitez-y moi de votre part afin que nous puissions nous conjouir de ce qu'il est si plein d'amour que de souffrir que nous en approchions. Je vous suis toute en lui1. »
Un peu plus tard, le 13 août 1650, elle lui écrit encore : « Salut très humble dans le sacré cœur de notre très aimable Jésus, sanctuaire de tous les trésors de la grâce et de la gloire. Que son infinie bonté soit éternellement bénie de ce qu'il lui plaît vous continuer les largesses de son intime charité. Ne craignez pas de suivre les mouvements qui vous poussent à lui parler familièrement et amoureusement... Il faut lui répondre et lui parler. Cela lui gagne le cœur et captive sa bonté infiniment portée à se communiquer à ses amis; et si vous ne lui répondiez pas.., vous en seriez responsable à son amour, qui n'aime que pour être aimé... Je vous veux et vous souhaite, ma très chère sœur, en cet abîme d'amour, le suraimable et suradorable cœur de Jésus. A la mienne volonté que vous fussiez toute perdue et consumée dans ses saintes flammes2. »
A son fils, le 22 octobre 1649 : « Vivons maintenant dans le sacré cœur de Jésus pour y concevoir ce que produit dans une âme la fidèle pratique