‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 151 sur 242 · Œuvres de saint François de Sales, t. I, p. xix, Annecy · texte numérisé non relu

Œuvres de saint François de Sales, t. I, p. xix, Annecy

2. Abrégé de l'esprit intérieur des religieuses de la Visitation, recueilli par M«r de Maupas, Rouen, 1644, c. vi, p. 34; cf. Bougaud, c. vm, p. 180.

3. Bougaud cite ce texte, p. 181, en renvoyant aux Sentiments de saint François de Sales sur le Sacré-Cœur, p. 194. Sainte Chantai disait, d'après les Visitandines d'Annecy,

ial, le 10 juin 1611; c'était le vendredi après l'octave du Saint-Sacrement, jour destiné à la future fête du Sacré-Cœur. « Dieu m'a donné cette nuit {ta pensée) que nostre maison de la Visitation est, par sa grâce, asses noble et asses considérable pour avoir ses armes, son blason, sa devise et son cri d'armes. J'ay donc pensé, ma chère Mère, si vous en estes d'accord, qu'il nous faut prendre pour armes un unique cœur percé de deux flescbes, enfermé dans une couronne d'épines, ce pauvre cœur servant d'enclaveure à une croix qui le surmontera, et sera gravé des sacrés noms de Jésus et Marie. Ma fille, je vous diray à nostre première veuë" mille petites pensées qui me sont venues sur ce sujet; car vrayement nostre petite congrégation est un ouvrage du cœur de Jésus et de Marie. Le Sauveur mourant nous a enfantés par l'ouver-

QEuvres diverses, t. II, p. 489, qu'on « ne saurait mieux définir l'esprit de l'Institut qu'en rappelant ces paroles qui résument celles » de leur B. Père. Elles sont données comme de lui par les éditrices de Paray, Vie et OEuvres, t. I, p. 229 (257), qui ont arrangé, en cet endroit, le texte des Contemporains en y insérant, probablement d'après Languet, ces paroles, telles que les rapporte « Mer du Puy •, Vie de saint François de Sales, 5' partie, c. 1, p. 310. C'est là aussi que renvoie Languet, édition Gauthey, p. 54. Ce - M* du Puy » (Languet, édition Gauthey, p. 54, et M. Hamon, p. 135, écrivent M. Dupuy), est W de Maupas du Tour, qui fut évêque du Puy, et ensuite d'Évreux. D'après MKr de Maupas, le saint fondateur donna aux Yisitandines des constitutions « si conformes aux maximes et à l'esprit de l'Évangile que, selon le témoignage de quelques grands serviteurs de Dieu, elles en sont comme la moelle, le suc et l'abrégé, si bien que les religieuses » etc. (suit le texte cité). L'auteur ne dit pas de qui sont les paroles. Il semble que textuellement elles seraient de >ainte Chantai; mais la pensée est celle de saint François de Sales.

turc de son sacré cœur, il est donq bien juste que nostre cœur demeure, par une soigneuse mortification, fousjours environné de la couronne d'espines qui demeura sur ia teste de notre Chef, tandis que l'amour le tint attaché sur le throsne de ses mortelles douleurs1. »

La Visitation était comme consacrée d'avance au Sacré-Cœur; elle était baptisée, pour ainsi dire, dans ce cœur divin.

Il semble crue les Visitandines eussent conscience de leur mission longtemps avant Marguerite-Marie. Dans le livre dit des Petites méditations, souvent attribué à sainte Chantai, la Mère L'huillier, qui en est l'auteur, écrivait ce qui suit : « Notre doux Sauveur... nous oblige spécialement nous autres de la Visitation par le don et faveur qu'ii a fait à nostre ordre de son cœur, ou, pour mieux dire, des vertus qui y résident, puisqu'il a fondé nostre très aymable institut sur ces deux principes : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. C'est le partage qui nous est escheu de tous ses thrésors. . , Si que nous pouvons avoir cette satisfaction, si nous apprenons et pratiquons bien la leçon que cet amoureux Sauveur nous donne, que nous aurons l'honneur de porter le titre de filles du cœur de

1. Œuvres de saint François de Sales. Édition complète, par les soins des religieuses de la Visitation du monastère d'Annecy, Lyon et Paris (Vitte), 1908, t. XV, p. 63-64. Les dernières paroles indiquent clairement que le cœur dont il est ici question n'est pas directement le cœur de Jésus, mais celui de la Visitandine. On voit d'autre part, que l'atmosphère où se meuvent les «.mille petites pensées » du saint fondateur est tout embaumée du cœur de Jésus.

Jésus. » Suit ce cri de reconnaissance : « Cela est bien doux, ô nia chère Ame, que ce débonnaire Jésus nous ait choisies pour nous faire les filles d ■ son cœur. Pourquoi, ô mon Sauveur, n'en avezvous point favorisé quelqu'autre en vostre Église? Qu'avons-nous fait à vostre bonté de nous avoir destiné ce thrésor de toute éternité en ces derniers siècles1? »

La sainte fondatrice de la Visitation, ici comme partout, ne faisait qu'un avec le Père de son âme. « Devenez vraiment humble, douce et simple, écrivait-elle, afin que par ce moyen votre pauvre cher cœur, que j'aime tendrement, soit un vrai cœur de Jésus2 ». « Dieu nous fasse grâce, disaitelle encore, d'être dans son sacré cœur, vivant et mourant2. » Sur le papier où saint François do SUes déclarait accepter ses vœux de la part de Dieu, et qu'elle ordonna d'enterrer avec elle, ell<; écrivait en marge cette invocation à la sainte Vierge : « Ma très douce Mère, mettez dans le cœur de votre Fils cette indigne fille et ses résolutions, afin qu'elles soient éternelles4. » Nous avons déjà

1. Exercices spirituels pour les dix jours de la solitude, selon l'esprit du B. François de Sales, tirés pour la plupart de ses écrits, vme méditation, De l'amour que Jésus-Christ nous porte. Considération 4". Cf. Bougaud, op. cit. c. vin, p. 188

M Bougaud se trompe sur l'attribution, p. 187. Voir Lel t. I, p. 27. La Mère L'huillier mourut en 1055.

2. Sainte Jeann»- Françoise Frèrayo- de Chantai. Sa frit œuvres. Édition authentique publiée par les soins des gieus^s de la Visitation. Annecy, Paris 1874 et années suivantes. Lettres, t. I, 1. 96, p. 177.

Page 1