Ibid. OEuvres diverses, t. I, p. ij
cité, en parlant de saint François de Sales, les belles paroles que sainte Chantai disait à ses filles sur la douceur et l'humilité, qui les rendraient vraiment « filles du cœur de Jésus ». Qu'elles soient textuellement dn saint directeur ou de la sainte fondatrice, elles expriment une pensée familière à l'un et à l'autre. Elles sont précédées, dans la belle édition des Visitandines, de celles-ci, attribuées également à sainte Chantai : *< Si les sœurs de notre congrégation sont bien humbles et bien fidèles à Dieu, elles auront le cœur de leur Époux crucifié pour demeure et séjour en ce monde, et son palais céleste pour habitation éternelle1. »
Enfin, parmi les méditations qu'elle avait écrites pour les Solitudes annuelles, la dix-huitième a pour titre : Par quel moyen l'âme religieuse ravit le cœur de son Bien-Aimé2.
On relève dans les annales de la Visitation le nom de plusieurs religieuses très dévotes au cœar de Jésus ou favorisées de ses grâces insignes3. Il faut signaler au moins quelques cas.
Mère Françoise de la Fléchère,.f 1665, faisait un « pacte avec son cœur, que pour honorer les dou-
1. Sainte J.-Fr. Frérnyot de Chantai. Œuvres diverses, t. II, p. 483.
2. Ibid. Œuvres diverses, t. II, p. 42. Les textes ont été recueillis par Franciosi, col. 371-373.
3. Voir surtout Franciosi, col. 398-410, et Letieree, t. I, p. 22-35; cf. Bougaud. op. cil. c. 8, p. 190 sq. ; A. Hamon, 1. c. 138-140. Les volumes de l'Année sainte des Religieuses de la Visitation, Annecy, 1867 sq. sont la source principale.
leurs et les joies des cœurs sacrés de Jésus et de Marie, elle ne donnerait point de marques » de sa propre douleur ni de sa joie1. Mère Anne de Beaumont,f 1656, sentait, dans unedeses solitudes, son âme « cachée par l'amour dans le cœur » de son Jésus2. Sœur Marie Collet, f 166V, reposa un jour longuement sur le cœur de Notre-Seigneur3. Sœur Claude Garnier, ~ 1667, apprit de Notre- Seigneur « que la demeure des âmes anéanties est le cœur de Jésus, et qu'il les chérît comme la prunelle de ses yeux4 ». Mère Anne Rosset, f 1667, se trouva un jour « les lèvres collées sur la plaie du sacré côté avec un tel transport de son cœur dans le cœur de Jésus qu'elle tomba en défaillance... Il me semblait, dit-elle, que ce divin cœur disait au mien chétif : « Nous ne nous séparerons jamais, nous nous aimerons éternellement cœur à cœur5. » C'était en 161 V. « Elle fut, disent les anciens mémoires, la première fille de la Visitation à qui le divin Maître découvrit les trésors de son cœur adorable. »
La Mère Marie-Constance de Bressand, f 1668, écrit : « Considérant un jour Notre-Seigneur sur la croix, il me fut dit que son côté était ouvert afin de nous montrer son amour et à dessein de recevoir
1. Vie de plusieurs Supérieures de la Visitation, Annecy, 1693, p. 369; dans Franciosi, col. 399.