‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 17 sur 242 · LES ECRITS DE LA B. MARGUERITE-MARIE J · texte numérisé non relu

LES ECRITS DE LA B. MARGUERITE-MARIE J

Quand ce n'était pas inconscient, on arrangeait comme d'instinct1.

C'est ce que montre la comparaison des textes imprimés avec les autographes. C'est ce que montre aussi la comparaison des textes imprimés entre eux : pas deux ne se ressemblent exactement.

En revanche, cette comparaison nous prouve que les retouches n'ont été que de forme. Il y a eu des suppressions regrettables, et il y a eu de violentes dissections de pièces qui faisaient un tout, des transpositions malheureuses. Mais la pensée n'a pas été faussée. On n'a guère fait que des retouches grammaticales, avec çà et là quelques retouches de style.

Pour les lettres au P. Croiset, le manuscrit d'Avignon est fidèle, sauf quelques suppressions. Entre autres garanties, nous avons la collation

1. Un trait, raconté par laMèrede Saumaise, nous fait saisir sur le vif avec quel sans-gêne inconscient on y allait en copiant les textes : « Notre-Seigneur lui fit voir un jour les croix et les peines intérieures que le P. de laColombière souffrait dans le pays où ses Supérieurs l'avaient envoyé. Ce qu'elle vint nous dire, en nous présentant un billet pour le lui faire tenir: lequel contenait des choses très consolantes et que Jésus-Christ lui avait dictées. Et comme je reçus, quelque temps après, des lettres de ce grand sénateur de Dieu, je connus par les demandes qu'il faisait, qu'il avait besoin que l'on priât pour lui, ce qui pouvait être quelque chose des connaissances que cette vertueuse Sœur avait eues. Ce qui m'obligea de lui envoyer ledit billet, lequel je copiai, sans avoir rien fait connaître à qui que ce fût. Néanmoins elle vint nous trouver et me dit qu'en le copiant j'y avais changé quelque chose, et que Notre-Seigneur ne le vou. lait que comme il lui avait fait écrire. Et comme je voulus le relire, pour voir ce que j'y avais changé, je trouvai que j'y avais mis quelques paroles, lesquelles, quoique assez semblables, avaient pourtant bien moins de force. » CoiUemp., 1. 1, p. 116 (146); revu sur G. n. 81, p. 98.

avec l'autographe, pourlaseconde lettre. L'édition de Toulouse n'est pas parfaite. Mais, en somme, elle nous donne le texte du manuscrit. Quand elle s'en écarte, elle l'indique assez souvent par des italiques, mais elle ne le fait pas toujours1.

La lettre, ou fragment de lettre, cxxxn (cxxxiv, G. cxli), éveille plus d'inquiétude. Le style est d'une fermeté toute virile; le ton, d'une assurance et d'une décision rares chez Marguerite-Marie ; le développement, d'une suite et d'une poussée tout oratoires. Tous ces traits, et d'autres encore, font penser au P. de la Colombière. De plus, il y a, entre les diverses recensions, avec quelques différences de mots, une différence dans l'ordre des paragraphes. Atout cela se joint le vague dans la désignation du destinataire. Si bien qu'on est porté à se demander si nous n'aurions pas là un écho, visiblement fidèle par ailleurs, des pensées de Marguerite-Marie, plutôt que le son même de sa voix. On voudrait presque retrouver là cette lettre que le P. de la Colombière dit avoir écrite à l'un de ses amis de France, pour lui recommander cette aimable dévotion et pour le pousser à s'en faire l'apôtre. C'est de ce ton qu'il a dû lui parler. Mais les promesses sont d'une ampleur et d'une précision qu'on ne rencontre pas ailleurs chez notre sainte avant les dernières années de sa vie. De plus, le P. Croiset la donne comme de Marguerite- Marie, ce qui ne permet guère le doute. 11 est

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