Voir Letierce, t. II, p
2. Histoire du vénérable Père Claude de la Colombière, p. 482, note. Cf. p. 539. D'autre part, l'assertion du R. P. Charrier se heurte à de grosses objections. La principale naît de ce que dit le P. de Galliffet lui-même : « L'année 1723, je fus appelé à Rome... pour l'emploi d'Assistant... J'y composai un livre du Sacré Cœur de Jésus-Christ. » Préface apologétique, dans L'ex cellenoe delà dévotionau S. C, p. 268. Cela ne laisse guère devinei un essai antérieur.
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leurs Confréries la fête du Sacré-Cœur, avec Messe et Office propres. Langres avait commencé, et nous avons vu la fête se célébrer à Dijon; Besançon eut aussi la sienne à partir de 1694, également avec Messe et Offices propres.
D'autres évêques faisaient de même, chacun comme il lui plaisait. Rien d'uniforme, rien d'assuré : tout dépendait du bon plaisir de l'Ordinaire. Et puis, il manquait le prestige de l'autorité papale.
A partir de 1693, les Confréries furent approuvées de Rome et enrichies d'Indulgences. Le P. Croiset se figurait qu'avec cela on avait tout. « On attend les Indulgences, écrivait-il en 1693. Dès que Rome aura parlé, je m'attends à voir solenniser cette fête partout1. » Lui aussi allait être déçu.
En 1697, on crut le moment venu de tenter un grand effort auprès d'Innocent XII, pour avoir la fête tant désirée, avec Messe et Office propres. Les Visitandines avaient intéressé à leur cause la reine détrônée d'Angleterre, Marie d'Esté, femme de Jacques 11. C'était facile; car elle n'avait pu oublier son prédicateur de 1676, le Père de la Colombière. De son exil royal à Saint-Germainen-Laye, elle écrivit au pape, lui demandant d'accorder aux monastères de la Visitation la fête
1. Lettre citée par le P. Letierce, t. II, p. 99. En fait, on la solennisa en bien des endroits. Voir dans Letierce, 1. 1", p. 614- 617, le récit naïf et enthousiaste de celle d'Aix, 28 mai 1693, jour de l'octave du Saint-Sacrement, chez les Visitandines.
du Sacré-Cœur, avec Messe propre, le vendredi après l'octave de la Fête-Dieu. Le pape, suivant l'usage, renvoya la cause à la Sacré Congrégation des Rites. Le cardinal de Forbin-Janson, évêque de Beau vais, alors ambassadeur de Louis XIV à Rome, s'en fit le ponent. Il prit pour postulateur, ou avocat de la cause, Frigidiano Castagnori; celui-ci présenta un long mémoire à la Sacrée Congrégation pour exposer la question et obtenir la fête demandée.
Le promoteur de la foi, Prosper Bottini, archevêque de Myre, fit îes objections, suivant l'usage. La principale était la nouveauté; puis aussi les conséquences qu'on en tirerait pour établir d'autres fêtes, notamment celle du cœur de Marie. Le postulateur répliqua, résolvant les objections et rappelant les mérites de la reine d'Angleterre. La Sacrée Congrégation rendit son décret le 30 mars 1697. Elle accordait aux monastères de la Visitation la messe des Cinq Plaies pour la fête du Sacré- Cœur 1 . On peut voir dans les récits du temps avec quel entrain et quelle solennité fut célébrée la fête 2.
Ce n'était pourtant qu'une demi-satisfaction. Et l'impression à Rome ne fut pas celle d'une vict ire. qui encourage à marcher en avant. C'est deux mois après le Décret donné dans la cause des
1. Voir Nilles, t. I-r, p. 12 et suiv. ; Analecla juris pontifîcii,
2. Voir, par exemple, dans Letierce, t. II, p. 368-369, le programme des cérémonies publiques au premier monastère de Rouen, le 6 juin 1608, et la circulaire qui en rend compte.
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Pisitandines que les Reviseurs Jésuites se prononcèrent comme nous avons vu. Ils ajoutaient : < Nous souhaitons que les Nôtres ne s'emploient jlus à patronner la cause du Sacré-Cœur en cour le Rome, et surtout que votre Paternité n'intervienne pas pour obtenir que la fête avec la Messe ;t l'Office propres du Sacré-Cœur soient accordés l toute l'Église; particulièrement en un temps où es dévotions nouvelles pullulent de toute part t sont écartées impitoyablement par la sainte église. »
Vers le même temps, en effet, les Ursulines de 'ienne, qui s'étaient adressées de leur côté à la Congrégation des Rites en vue d'obtenir la fête >our elles-mêmes, recevaient de la Congrégation ;n refus formel : Non expedire '.
La dévotion allait recevoir un coup plus seniible. En 170i, le livre du P. Croiset fut mis à 'Index. Pourquoi? Le P. de Galliffet l'expliquait tinsi à W Languet, vingt ans pius tard : « La nouveauté de la chose, quelques manquements de ormalités requises ici, et peut-être un peu de nalignité de la part des hommes et beaucoup ertainemeut de la part de l'enfer2. » Le livre ne aissa pas de se propager ; il fut traduit en italien, n y corrigeant les défauts de formalités; même en 'rance, il recevait de grands éloges de M*r Languet, qui le recommandait, sans faire la moindre