Décret du Saint-Office, 3 septembre
tion, est devenu le scapulaire de FArchiconfrérie du Sacré-Cœur, érigée à la Basilique de Montmartre.
On voit par là que l'Église continue d'admettre l'image du cœur séparé. Mais elle a expliqué, en 1891, quecetteimage, permise à la dévotion privée, ne doit pas être exposée à la vénération publique sur les autels. Il va de soi, d'ailleurs, et ce point aussi a été expliqué, qu'il n'y a pas image du Sacré-Cœur, si le cœur n'est pas visible. Le Sacré- Cœur offert par l'Église au culte public, c'est do£c Jésus montrant son cœur.
2. Le Cœur de Jésus pénitent ou le Cœur pénitent de Jésus; le Cœur miséricordieux. — L'Église a approuvé et enrichi d'indulgences l'Archiconf ré rie de prière et de pénitence en union au cœur de Jésus; mais elle a condamné le titre : Cœur pénitent de Jés us, Cœur de Je s us p énitentpour nous; Jésus pénitent ; J ésus pénitent pour nous1. On peut sans doute donner a ce titre un sens juste et vrai, et il a été employé quelquefois ; mais, en soi, il est équivoque ou inexact, car la pénitence emporte le regret et la détestation de nos propres fautes.
Le titre de Cœur miséricordieux n'a pas le même
1. Décret du Saint-Office, 15 juillet 1893. Ce décret se rattache à un ensemble d'actes du Saint-Siège contre un petit groupe d'obstinés établis à Loigny, qui malgré des condamna, tions multiples continuaient d'imaginer et de publier des rêvé lations du Cœur de Jésus pénitent. Voir l'en semble des actes depuis 1888 jusqu'à 1894, dans les Analecta ecciesiastica, 1894. t. II, p. 291-301. Voir Ami du clergé, 1905, p. 33. Je ne sais si cette affaire est enfin finie.
inconvénient. Il a pourtant été désapprouvé en 1875, parce qu'on prétendait le substituer à celui de Sacré-Cœur1.
3. Le Cœur eucharistique de Jésus. — Depuis quelques années, l'Église approuvait et enrichissait d'indulgences des prières et pratiques en l'honneur du Cœur eucharistique. Il existe même à Rome une archiconfrérie sous ce titre, à laquelle se sont rattachées plusieurs confréries. Mais il y a eu des résistances, et il a fallu des explications. En 1891, un décret du Saint-Office désapprouvait les nouveaux emblèmes du Sacré-Cœur dans V eucharistie2. C'est assez, disait le décret, des images du Sacré-Cœur reçues et approuvées dans l'Église; et il expliquait que le culte du Sacré-C l'Eucharistie n'est pas plus parfait que le culte de l'Eucharistie, ni différent de celui du Sacré-Cœur. A ce décret, comme à celui sur le Cœur pénitent, comme à beaucoup d'autres, la Sacrée-Congrégation joint l'avis du 13 janvier 1875, contre la manie d'innover et d'inventer des dévotions nouvelles : il y a là un danger pour la foi et cela donne aux incrédules occasion de crier. Sous bénéfice de ces explications, la dévotion continua de vivre et de progresser, non sans de multiples embar;as, urâce surtout à l'archiconfrérie, qui avait à cœur de la promouvoir. Mais elle a reçu de nou-