‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 214 sur 242 · Voir Acta S. Sedis, t. XII, p · texte numérisé non relu

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2. Il s'agissait spécialement, parait-il, d'une certaine sorte d'hostie, avec image du Sacré-Cœur.

veaux coups. On avait demandé à la Congrégation des Rites s'il était permis de dédier une église au cœur eucharistique de Jésus et de placer sur l'autel limage ou la statue. La Sacrée- Congrégation répondit, pardécretdu 28 mars 1914-, qu'il fallait, tant pour l'église que pour limage, substituer au titre nouveau un titre liturgique et tout ramener à quelque culte approuvé. Elle rappelait, à cette occasion, le décret de 1891, avec l'avis qui s'y trouvait joint. Le sous-directeur de l'arehiconfrérie crut opportun d'envoyer sous main à quelques évêques une lettre explicative du décret de mars, où tout n'était pas parfaitement juste (non adeo veritati innixa) ni parfaitement net (et quae facile confusionem inférant). Pie X blâma le procédé incorrect et le zèle intempestif du sous-directeur, et fît publier la déclaration suivante, datée du 15 juillet 1914 : « Nouvelle confirmation du décret de mars, avec la note : In decisis et amplius vc« qui signifie que la question est tranchée et qu'il n'y faut plus revenir). — II. Le titre « Cœur eucharistique de Jésus » n'est permis que pour les confréries approuvées sous ce titre; et à condition qu'onl'entende au sens de cœur de Jésus telqu'ilest présent dans l'Eucharistie. — III. Ce titre n'étant ni canonique ni liturgique — au contraire, il sent la nouveauté — il ne doit jamais être approuvé ni admis dans la liturgie. — IV. Les confréries existant sous ce titre ne peuvent célébrer comme leur propre fête que la fête du Sacré-Cœur (avec l'Église universelle) ou la fête du Saint-Sacrement. »

Ces décisions jetèrent quelque inquiétude dans les Urnes qui pratiquent cette dévotion. Aussi le cardinal Amette, archevêque de Paris, crut-il devoir demander quelque éclaircissement à Rom". Il expliquait qu'il existe dans son diocèse plusieurs confréries du Cœur eucharistique, affiliées à l'archiconfrérie romaine, et que, dans une des principales églises de Paris, il se célèbre, avec grand concours de fidèles et grande édification, un triduum solennel en l'honneur du Cœur eucharistique. Il demandait donc une déclaration explicite sur la question suivante : « Le titre Cœur eucharistique de Jésus garde-t-il, malgré tout, le sens qu'il a dans le dernier recueil des Indulgences de l'année 1898 et dans le Bref du 16 février 1903 i? »

Li supplique était datée du 14 décembre 1914. Le 3 avril 1915, le cardinal Mers y dcl Val, secrétaire du Saint-Office, transmettait au Cardinal archevêque de Paris la réponse de la Congrégation dans sa séance du mercredi 24 mais courant. Elle était affirmative; mais accompagnée d'un Ad menton, ou explication. L'explication était que l'on maintenait « les décrets du Saint-Siège relatifs aux emblèmes et à la partie liturgique de la dévotion; mais qu'il fallait regarder la dévotion

1. Le sens indiqué dans ces documents était celui d'une dévotion ayant» comme objet de spéciale vénération, d'amour, de reconnaissance et de retour, l'acte de suprême dilection par lequel le Cœur très aimant de Jésus institua l'adorabie sacrement de l'Eucharistie, en demeurant avec nous jusqu'à la un des siècles ».

elle-même comme approuvée par le Siège apostolique au sens indiqué dans la Raccoltà de 1898. » Cette réponse, ajoutait le Cardinal Secrétaire, est tout à fait conforme au sentiment de l'Église. Ne lisons-nous pas dans le Bréviaire que la fête du Sacré-Cœur a pour but de rappeler aux fidèles, sous le symbole de ce cœur sacré, l'amour du Christ mourant pour nous et instituant, en souvenir de sa mort, le sacrement de son corps et de son sang? La liturgie ne joint-elle pas les deux fêtes du Saint-Sacrement et du Sacré-Cœur de façon à présenter celle-ci comme la suite et le complément de celle-là? « Rien d'étonnant dès lors que, quand vint à éclore la dévotion au Cœur eucharistique, le Saint-Siège ait toujours déclaré que le culte du Sacré-Cœur dans l'Eucharistie n'était pas plus parfait que le culte de l'Eucharistie, ni différent de celui du Sacré-Cœur... La dévotion au Cœur eucharistique n'a donc jamais été désapprouvée parle Saint-Siège; bien au contraire elle a plus d'une fois été positivement reconnue; mais dans le sens indiqué, non autrement. Quant aux nouveaux emblèmes, images, titres et fêtes liturgiques, relatifs à cette dévotion, ils ont été interdits surtout pour éviter que les simples, épris de nouveauté, ne fissent dévier la dévotion elle-même en un sens erroné ou peu opportun, au risque d'exposer une chose aus>i sainte à la malignité des critiques. Je vous en prie donc, en veillant à instruire les fidèles attachés à une dévotion si salutaire de la vraie et

authentique pensée du Saint-Siège, confirmez-les dans leur saint propos. » Suivent les salutations1. Ajoutons, pour finir, que le Pape Benoit XV a enrichi d'une Indulgence l'invocation suivante : « Cœur eucharistique de Jésus, augmentez en nous la foi et l'amour. »

i. Culte et image de Notre-Dame du Sacré- Cœur. — On sait l'extension qu'a prise le culte de Notre-Dame du Sacré-Cœur d'Issoudun2. L'Église est intervenue deux ou trois fois pour le régler. En 1875, uh décret du Saint-Office expliquait qu'on ne peut attribuer à la Sainte Vierge aucun empire proprement dit, aucune autorité, sur le cœur de Jésus. Sous bénéfice de cette explication, le titre est admis; mais on désapprouve l'image où Jésus est debout devant Marie : on veut que l'Enfant soit aux bras de sa Mère. On tolère la statue même d'Issoudun, mais pas les reproductions3.

Vie et rayonnement social de la dévotion.

Aspect social. Recours et hommage. Les peuples et le Sacré- Cœur. La France et le Sacré-Cœur. La Royauté du Sacré- Cœur.

La B. Marguerite-Marie avait demandé, au nom

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