Les pièces sont données dans la Semaine religieuse de
17 avril 1915, n. 3197, t. 123, p. 368-371.
2. Voir le T. R. P. J. Chevalier, Notre-Dame du Sacre-Cœur, 4* édition, Paris, 1895.
. Décret du Saint-Office, 3 avril li
du Sacré-Cœur, un hommage solennel du roi et de la cour. Cet hommage ne fut pas rendu alors. Mais les catholiques français ont repris l'idée depuis 1870, et ils gardent l'espoir que la nation fera un jour ce que le roi n'a pas fait.
A cette idée d'hommage la Bienheureuse en joignait une autre, celle du Sacré-Cœur comme refuge et salut dans les calamités publiques. Celleci entra vite en circulation. Nous avons vu Marseille, en 1720 et 1722, recourir ainsi à ce Cœur miséricordieux ; d'autres villes en firent autant. Plus tard, nous voyons d'autres groupes agir de même. Ainsi, pour citer un exemple, le P. Laurent Ricci, général des Jésuites, au milieu des malheurs qui frappaient la Compagnie et des malheurs plus grands qui la menaçaient, élevait la v#ix pour exhorter les siens à recourir au Sacré-Cœur. Et quand le pape eut supprimé la Société, les Jésuites dispersés, exilés, captifs, gardaient l'espoir que le Sacré-Cœur finirait par en avoir pitié1.
L'élite des catholiques de France faisait de même pendant la Révolution. Ils recouraiemt instamment au Sacré-Cœur, et l'idée s'était répandue parmi eux qu'il n'y avait de salut que là. 6n a dit que Louis XVI, déjà quasi prisonnier, aurait pu, le 10 février 1790, entrer à Notre-Dame de Paris, avec sa famille, et se serait consacré au Sacré- Cœur, lui, sa famille et son royaume2. En 1815,
. Voir Letierce, t. II, p. 287 et sniv. ; Nilles, t. I, p. 1" ■ . Voir Messager du Sacré-Cœur} avril 1881, t. X? L-iérce, Le Sacré-Carur, p. 387.
L'ami de la religion publiait une belle prière, et un voeu que le roi captif aurait fait en 1792 ; il promettait, entre autres choses, s'il redevenait le maître, d'aller à Notre-Dame de Paris, « sous trois mois à compter du jour de sa délivrance... et d'y prononcer..., entre les mains du célébrant, un acte solennel de consécration au Sacré-Cœur, avec promesse de donner à tous ses sujets l'exemple du culte et de la dévotion qui sont dus à ce Cœur adorable ».
On donnait des détails précis sur la provenance des deux pièces, prière et vœu : elles venaient de M. Hébert, général des Eudistes, confesseur du roi ; l'abbé qui les avait remises au journal et *it désigné par des initiales transparentes, et as urait les tenir de M. Hébert lui-même; le journal a outait que ces prières avaient déjà été publiées « dans un recueil de prières, imprimé sans nom d'année1 ». Depuis, on a beaucoup écrit sur ce sujet; je n'oserais pas dire que la question soitpleinement élucidée 2.
Il est sûr au moins que, dans le temps même, on croyait « que le roi, pour obtenir de Dieu sa délivrance et celle de sa famille, avait fait vœu de demander au pape... qu'il voulût bien instituer en fête solennelle pour tout son royaume la fête des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie3 ».