Ami de Irréligion, t. III, p
2. Voir Paul Viollet, OEuvres chrétiennes des familles royales de France, Paris 1870, p. 204 ; cf. Alet, livre cité, p. 278; Letierce, Le Sacré-Cœur, p. 389; Le Doré, Le Message du S. C, p 79 sq.
3. Relation inédite de l'abbé Boulangier, Cité* par H. Fouqu ïray, dans Études, 20 octobre 1905, t. CV, p. 103.
Il est sûr aussi qu'il était question du Sacré- Cœur parmi les captifs du Temple, et qu'on y pariait de consacrer la France au cœur de Jésus. L'inventaire des objets trouvés par les délégués de la Convention l'indique clairement. Il signale une image du cœur de Jésus et du cœur de Marie, ainsi qu'une feuille de quatre pages intitulée : Consécration de la France au Sacré-Cœur de Jésus; il donne ua extrait très beau de l'acte de consécration1.
Les témoignages abondent de ce recours général au Sacré-Cœur pendant la Révolution. On sait que 1 es soldats vendéens et les chouans portaient ostensiblement une petite image brodée du Sacré-Cœur2.
Le P. Lanfant, une des victimes de septembre, parle, dans une de ses lettres, avril 1791, de miracles attribués à l'image. Il dit ailleurs qu'un seul couvent de Paris en a distribué cent vingtcinq mille, et que « les têtes les plus illustres, les têtes mêmes couronnées, sont munies de ce pieux bouclier ». Il écrit encore, en style volontairement obscur : « La dévotion au Cœur fait de grands progrès... Elle est regardée comme devant être le salut de l'empire. Ce n'est pas sans doute une vérité de foi, mais la piété se nourrit de cette idée. »
1. Voir A. de Beauchesne, Vie de Madame Elisabeth, t. II, p. 122. Cf. Letierce, loc. cit., p. 410; Alet, p. 280.
2. Une Carmélite vendéenne m'assure qu'on en a trouvé plusieurs, parfaitement conservées, quelques-unes avec dea traces de sang vermeil, enterrées autrefois avec le corps de. soldats vendéens, dont il ne restait plus que la poussière, et dont les vêtements étaient également en poussière.
Des détails semblables abondent sous sa plume1.
Ces images excitaient la fureur des Jacobins, qui voyaient là un signe de ralliement contre la République. Madame de la Biliais et ses deux fi Lies, guillotinées à Nantes le 7 mars 179&, étaient accusées principalement d'avoir distribué « à profusion des images du Sacré-Cœur et autres signes contre-révolutionnaires ». Le 19 juillet de la même année, dix jours avant la chute de Robespierre, Victoire de Saint-Luc mourait de même à Paris, condamnée « comme religieuse et propagatrice d'images superstitieuses ». Elle avait été, en effet, religieuse de la Retraite à Quimper, en Bretagne, et elle avait peint, brodé et répandu des images du Sacré-Cœur2.
La pensée du Sacré-Cœur a été intimement mêl<:e en France, durant tout le xixe siècle, aux idées de restauration chrétienne et de relèvement national.
Aux débuts du siècle, Marguerite-Marie était peu connue, avant surtout qu'on eût repris, en 1826, le procès de béatification, et Ton ne parlait guère du message au r n. Sur le culte même du Sacré-Cœur, on n'avait, en dehors d'un petit cercle d'âmes choisies, que des notions confuses3.
1. Voir H. Fouqueray, Le Père Lanfant, dans les Études, 20 octobre 1906, t. CV, p. 162-Œ3.
2. Voir Alet, euvrage cité, p. 284. Griefs analogues contre les Carmélites de Compiègne, que Rome vient de béatifier. Sur Victoire de Saint-Luc voir, outre une petite notice sur feuilles volantes, N&lice historique sur les maisons de rt traite de Quimper et d'Angers, par P. Peyron, chanoine de la cathédrale, chancelier-archiviste de l'évêché de Quimper, Lille, 1901, p. 38 et 41-51. M. Crosnier vient de publier sa vie.