‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 218 sur 242 · Pour les délai s, voir Alet, /. c, c. ix, S 2, p · texte numérisé non relu

Pour les délai s, voir Alet, /. c, c. ix, S 2, p

o. Voir René du Bouays de La Bégassière, Le Drapeau national du Sacré-Cœur, Paris, s. d. (1898).

par son dévouement au Sacré-Cœur, comme l'Equateur lui a fait sa consécration solennelle en 1873, pourquoi les Français ne garderaient-ils pas l'espoir que la France, redevenue chrétienne, serait un jour la France du Sacré-Cœur et, fidèle à sa mission de prosélytisme, ferait rayonner partout le |cœur du Christ Roi?

Ces idées et ces aspirations, vivantes dans les âmes des catholiques français, ont beaucoup servi à rendre populaire cette dévotion qu'on aurait cru d'abord réservée à une élite. Elles lui ont donné un caractère social très marqué. Le règne social du Sacré-Cœur est maintenant dans les perspectives des âmes catholiques1. Et cela, non seulement en France, mais un peu partout. Pour ne citer que les catholiques allemands, ils parlent souvent, dans leur congrès généraux annuels, du Sacré- Cœur et de son règne dans les familles et dans la société2.

Il y a une vingtaine d'années, cette idée a com meacé de se traduire sous une forme nouvelle, qui n'a pas laissé d'intriguer ou même d'inquiéter bon nombre de catholiques, même des catholiques

1. Voir des aperçus très pénétrants et des renseignements précis à ce sujet dans René du Bouays de La Bégassière, Notre culte ccUholique et français du Sacré-Cœur, Lyon, 1901. Du ni^rae, les p&tits tracts sur Le caractère social du culte du Sacré- Cœur, sur Le Sacré-Cœur et la France.

2. Voir, dans Nix, Cultus SS. CordisJesu, 3« édition; Fribourgen-Brisgàu F005, p. 35, les recommandations du 47" congrès à ce sujet, en !9X). L'encyclique du 25 mai 1899 est pleine de ces idées du règne social de Notre-Seigne»i* Jésus-Christ par le Sacré-Cœur.

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pieux. On s'est mis à couronner solennellement l'image du Sacré-Cœur. Le 21 juin 1900, l'archevêque de Mexico, couronnait une statue; ainsi faisait, le 30 août 1903, le cardinal Goossens à Anvers, par délégation spéciale de Léon XIII; ainsi Mgr Amette, à Caea, le 25 juin 1903. Depuis, on a signalé plusieurs cérémonie analogues, et, le 25 avril 1905, W* Douais, évêque de Beauvais, expliquait, dans la Basilique de Montmartre, « que le couronnement serait un admirable complément de la consécration du genre humain au cœur de Jésus faite par le Souverain Pontife Léon XIII ». Cette cérémonie, en effet, sert à mettre en relief la royauté du Sacré-Cœur, que le Pape proclamait si solennellement : Rex esto, Soyez roi.

Vhommage au Sacré-Cœur a sensiblement le même sens. De même, l'étendard du Sacré-Cœur couronné, et aussi Y image royale du Sacré-Cœur, répandue à plus d'un million d'exemplaires dans le monde entier.

Mais les ambitions vont plus haut encore et plus loin. On voudrait une fête liturgique de la Royauté du Sacré-Cœur. Un olûce en a été fait et présenté à la Congrégation des Rites, il y a quelques années, et quarante et un prélats italiens ont écrit au Pape pour demander la fête; parmi eux était le cardinal Sarto, le futur Pie X; cinquante-trois évêques de l'Amérique méridionale ont joint leur supplique à celle de leurs frères d'Italie1.

1. Voir la brochure d« l'abbé S. Coubé, La Royauté du $ Cœur. Couronnement , Hommage, Étendard, Fête liturgique.

Jusqu'à présent, Rome attend. Il semble même qu'il y ait un arrêt du mouvement. Car, sans désapprouver l'idée de la royauté du Sacré-Cœur, Pie X a t'ait savoir qu'il n'approuvait pas la cérémonie du couronnement, telle qu'elle se faisait d'ordinaire. L'élan s'est donc ralenti, à cause, semble-t-il, au moins pour une part, de l'incertitude qui plane sur la pensée de Pie X à cet égard, et sur le sens précis de son intervention à propos des couronnements*. Mais le zèle est grand, la

Paris, s. d. (1906). J'ai donné moi-même à YOEuure de la Royauté du Sacré-Cœur, use brochure de 16 pages sur le Couronnement du Sacré-Cœur, Paris (1907).

1. Dans sa lettre au R. P. Mate©, 26 avril 1915, à propos de 1' « Intronisation du Cœur de Jésus par la consécration des familles », 1* cardinal Billot a donné quelques explications à et sujet. Une seule chose, dit-il, pourrait offrir quelque apparence de difficulté contre l'intronisation. La Congrégation des Rites, en écartant (ou réprouvant) le couronnement de l'image du Sacré-Cœur, n'a-t-elle pas, par cela seul, réprouvé aussi son intronisation? San? accorder que la Congrégation ait, à proprement parler, réprouvé 1* couronnement, l'émineni théologien explique qu'elle a pu écarter (ou, si l'en veut, réprouver) le couronnement, sans qu'on puisse rien conclure contre l'intronisation. « S'il ne nous appartient pas de couronner Jésus-Christ, qui n'est pas roi par notre grâce ou par notre volonté, mais bien par droit de naissance, par droit de filiation divine, par droit aussi de conquête et de rachat, il nous appartiendra du moins, j'imagine, de reconnaître sa royauté, de l'affirmer hautement devant les hommes, de la défendre contre ceux qui la nient. » Les zélateurs du couronnement ne prétendaient, bien entendu, conférer aucun droit à Notre-Seigneur, mais seulement reconnaître et affirmer son titre imprescriptible à la royauté elle-même, au triple titre rappelé parle cardinal Billot; mais peut-être ce mot de couronnement, peut-être la cérémonie elle-même, qui consistait, comme on sait, à poser la couronne sur la tête du Sacré-Cœur (plus tard, par déférence pour les intentions du Pape, on se contenta de mettre la couronne aux pieds de la statue; mais la cérémonie en devena:t moins expressive), indiquaient-ils plus

dévotion est débordante de vie, comme le montrent à chaque instant les admirables réunions de Montmartre. Les clairvoyants en ces matières disent que l'avenir est au Sacré-Cœur.

un acte qui confère la royauté que la reconnaissance d'un droit qui s'impose de lui-même.

Le cardinal indique une seconde raison qui, autant peutêtre ou plus que la première, a pu motiver la décision de la Congrégation des Rites. Ce couronnement « n'entrait en rien dans le cadre » des autres couronnements admis par la Congrégation. On couronne parfois des « madones célèbres par le nombre et l'éclat des prodiges ». Mais « alors ce n'est pas, l'image de la Vierge, en tant que telle, que l'on entend couronner, mais, ce qui est bien différent, c'est l'image en tant que miraculeuse, en tant que distinguée des autres images par une spéciale manifestation de la puissance et de la bonté de Celle qui y est représentée. Et, dans ces conditions, le geste du couronnement ne vise plus directement la Vierge dans son image, mais plutôt l'image même en laquelle il plaît à la Vierge de se faire préférablement invoquer et honorer. » Ainsi « le geste du couronnement », pour employer l'expression du cardinal Billot, introduisait comme subrepticement une 'idée nouvelle dans une cérémonie qui était du ressort de la Congrégation, et, sans même la consulter, usait d'un rit réservé, qui était de son ressort, comme si c'eût été un acte quelconque de piété, que chacun pût faire à son gré, en y attachant tel sens qu'il voulait. « Rien d'étonnant alors, àjce que (la cérémonie du couronnement) ait été écartée, ou même, si vous le voulez, réprouvée. »

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