AU CŒUR DE JÉSUS
i. Objet de cette note.
Les zélateurs de la dévotion au Sacré-Cœur ont rassemblé, souvent avec plus de bonne volonté que de sens critique, les textes de l'Écriture ou des saints Pères qui leur ont paru avoir, de près ou de loin, quelque rapport avec le cœur de Jésus et avec la dévotion au Sacré-Cœur. En étudiant les origines de la dévotion, nous avons rencontré sur notre route plusieurs de ces textes, et, tout en refusant d'y voir aucune idée explicite ni mention du cœur de Jésus, aucun témoignage en faveur de la dévotion, nous avons reconnu qu'ils préparaient le terrain, qu'ils formaient un matériel d'idées et d'expressions, tout prêt pour la mise en œuvre dès que la dévotion serait éclose et aurait attiré les regards. Il paraît utile d'examiner de plus près quelques-uns de ces textes, pour voir exactement ce qu'ils signifient et ce que l'on peut en tirer.
622 APPENDICE ÏI
il. Bibliographie.
C'est le P. de Franciosi qui en a recueilli le plus, l. c, laissant à d'autres le soin de trier les matériaux, d'en apprécier la valeur, de dire quel rapport au juste ils ont avec la dévotion pour laquelle il a tant travaillé. Le P. Bonucci, S. J., dans son livre si curieux, intitulé : « La connaissance du Cœur de Notre- Seigneur Jésus-Christ percé de la lance »*, non content de recueillir les matériaux, les a mis en oeuvre; mais sans beaucoup regarder au choix : pour lui, tout est bon qui a trait à la plaie du côté, soit dans les dires des Pères et des historiens, soit dans les expériences des mystiques.
Le P. Mlles2, en bon canoniste qu'il est, nous donne les textes invoqués par les avocats de la cause, devant la Congrégation des Rites : en 1697, sous Innocent XII; en 1727-1728, sous Benoît XIII; en 1765, sous Clément XIII; mais, sauf exception., il n'en fait pas, et il n'avait pas à en faire, l'examen critique.
Parmi les promoteurs de la dévotion au xvnr siècle, c'est le P. de Galliffet, /. c, qui a recherché avec le plus de soin, dans le passé, les témoignages en faveur de la dévotion. Il l'a fait particulièrement dans Y Addition au second livre de son bel ouvrage, divisée en deux articles. Dans l'art. 1er, il « justifie par l'expérience et les témoignages des saints (ce qu'il a dit jusque-là) des privilèges du cœur dans les voies extraordinaires de la grâce; des impressions mer-
1. Traduit du latin par M*1, Luquet, évêque d'Héscbon, Paris, 1863. L'ouvrage latin a pour titre Anatome Cordit Christi Domini lancea perfossi. Composé en grande partie au Brésil, il fut achevé à Rome; il y parut en 1703. Le P. Bonucci ignore le mouvement de Paray, ou du moin* rien dans le livre ne fait supposer qu'il le connaisse.