Lettres inédites, lettre h, p. 95. Revue sur G. n, o
ne s'explique pas sans cela que les Visitandines et les Jésuites aient tant pris à cœur de la propager. Mais ces dernières révélations ont un autre avantage : beaucoup de traits y sont indiqués oui servent à donner une idée plus complète et plus précise delà dévotion au Sacré-Cœur.
Résumé et Conclusion.
Le Sacré-Cœur médiateur d'amour. — Idée grandiose de la dévotion au Sacré-Coeur.
On a pu remarquer plus haut, dans le petit discours de saint François de Sales, un mot étrange au premier abord : « Nous prierons, dit-il, dans le Cœur et par le Cœur de Jésus, qui se veut rendre tout de nouveau médiateur entre Dieu et les hommes. » L'expression est familière à Marguerito- Marie, toute hardie qu'elle puisse paraître. Dès 1685, nous la voyons parler d'une médiation spéciale du Sacré-Cœur entro Dieu et les hommes. Elle écrit, en effet, à la Mère Greyfié : « Il m'a donné à connaître que son sacré Cœur est le Saint des saints, le Saint d'amour. Qu'il voulait qu'il fut connu à présent pour être le médiateur entre Dieu et les hommes, car il est tout-puissant pour faire leur paix, en détournant les châtiments que nos péchés ont attirés sur nous, nous obtenant miséricorde1. »
1. Lettre xxxni (xxxiv), Vie et OEuvres, t. II, p. 68 (105); revu sur G. xxxvii 300.
Elle disait, dans un billet du 21 juin 1686, à sœur Marie-Madeleine des Escures, le jour même où la communauté de Paray s'était ralliée au culte du Sacré-Cœur : <* Le grand désir que Notre-Seigneur a que son sacré Cœur soit honoré par quelque hommage particulier, est afin de renouveler dans les âmes les effets de sa Rédemption, en faisant de ce sacré Cœur comme un second médiateur envers Dieu pour les hommes1. » Le mot y est, avec l'explication qui convient.
Même quand le mot n'y est pas, l'idée est sans cesse présente. C'est dans le même sens, en effet, qu'elle parle d'un « dernier effort » de l'amour de Jésus dans la manifestation de son divin cœur, dune « rédemption amoureuse » par la médiation de ce sacré cœur, d'une nouvelle effusion, par le don unique « du cœur de Dieu », de « tous les trésors d'amour, de miséricorde, de grâce, de sanctification et salut » qu'il contient. Il serait facile de recueillir, dans les œuvres de la sainte voyante, mainte expression de la même idée. Celles qui viennent d'être relevées se sont déjà présentées sur notre route2. Il s'en présentera de semblables quand nous parlerons des promesses du Sacré-Cœur.
C'est donc, pour Marguerite-Marie, un grand événement dans l'histoire du monde, que la manifestation du Sacré-Cœur. C'est comme une ère
1. Lettre xun (xliv), Vie et OEuvres, t. II, p. 84 (121)5 revu sur G. xlix. 321.