‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 230 sur 242 · In Joan., tr. XVIII, n. 1; P. L. xxxv · texte numérisé non relu

In Joan., tr. XVIII, n. 1; P. L. xxxv

3. L'auteur du beau et savant article Jésus-Christ, dans le Dictionnaire apologétique Jaugey-d'Alès a cru trouver, dans le De sancta virginitate « concentrée en quelques mots toute la dévotion, toutes les dévotions des âges futurs, celle du crucifix, celle du Sacré-Cœur ». Col. 1526. Mais le texte, cité sans référence, ne se trouve que partiellement dans l'ouvrage indi-

l'Église sortant du côté ouvert de Jésus, comme £ve tirée par Dieu du côté d'Adam; mais rien, dans ces beaux développements, sur le cœur blessé ni sur le symbolisme de cette blessure. Inutile donc de citer les textes. Aucun ne touche directement à notre sujet. On cite souvent, sous le nom de saint Augustin, de beaux textes sur le Sacré-Cœur; mais, comme nous l'avons dit en son lieu, page 202, ils ne sont pas de lui. Le Manuel, d'où ils sont tirés, est une compilation postérieure à saint Bernard, due probablement, au moins pour la partie qui nous intéresse ici, à Jean de Fécamp, qui mourut en 1193. Ce qui regarde les plaies, et notamment la plaie du cœur, se trouve aux chapitres xxi et xxn, parmi de belles considérations sur l'amour. Voici le texte : « Amore Deus invisibilis servis suis factus est similis; amore vulneratus est propter delicta nostra. Tuta et firma requies est infîrmis et peccatoribus'in vulneribus Salvatoris. Securus illic habito; patent mini viscera per vulnera; quidquid ex me mihi deest, usurpo mihi ex visceribus Domini mei : quoniam misericordia affluunt, nec desunt foramina per quae effluant. Per fora mina corporis patent mihi arcana cordis, patet magnum pietatis sacramentum, patent viscera misericordia» Dei nostri, in quibus visitavit nos Oriens ex alto. Vulnera Jesu Christi plena sunt misericordia, plena pietate, plena dulcedine et caritate. Foderunt manus ejus et pedes ejus, et latus ejus lancea perforaverunt. Per has rimas licet mihi gustare quam suavis est Dominus Deus meus : quoniam rêvera suavis et mitis et multae misericordise est omnibus invocantibus eum in veritate, omnibus inquircintibus, et maxime diligentibus. Copiosa redenvlio data est nobis in vulneribus Salvatoris nostri, magna multi-

qué : les mots qui regardent le cœur sont un développement ajouté par un pieux contemplatif; encore suis-je porté à croire que le texte latin de celui-ci devait porter pectus et non cor.

NOTE CRITIQUE 63o

tudo dulcedinis, plénitude» gratise et perfeetio virtutum. Cum me puisât aliqua turpis cogitatio, recurro ad vulnera Christi. Cum me premit caro mea, recordatione vulnerum Domini mei resurgo. Cum diabolus mihi parât insidies, fugio ad viscera misericordise Domini mei, et recedit a me... Clavi et lancea clamant mihi quod vere reconciiiatus sum Christo, si eum amavero. Longinus aperuit mihi latus Christi lancea, et ego întravi, et ibi requiesco securus. Qui timet, amet; quoniam caritas mittit foras timorem » etc. *. On voudrait tout citer de ces pieuses méditations. Ce qui précède suffît à notre but.

Ce qu'on respire ici avant tout, c'est l'esprit de saint Bernard. On y trouve sa manière. Non sans un peu de lenteur, avec des retours sans fin sur la même idée et quelque chose de traînant qui ne sont pas de lui. On y trouve à chaque instant des expressions de lui, des phrases et des membres de phrases, pris chez lui et tissés dans la trame du discours : l'auteur se sert de lui, comme lui-même se sert de la sainte Écriture. Il suffit de lire, à côté des lignes ici transcrites, les numéros 3, 4, o du sermon 61 sur le Cantique, pour voir et sentir l'influence de saint Bernard2. Nous en avons cité quelques lignes dans le cours de notre travail.

Du même coup se trouve tranchée la question des textes sur la dévotion attribués à Hugues de Saint- Victor. Le livre IV De anima, d'où ils sont tirés, n'est pas autre chose, pour les passages qui nous intéressent, que le Manuel même qui circulait sous le nom de saint Augustin. Hugues n'en est pas plus l'auteur que ne Test saint Augustin3. C'est identiquement la page qui vient d'être citée.

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