Je bénirai même les maisons où l'image
1. Eu 1882, un catholique américain a fait traduire ce recueil en 200 langues environ, et l'a fait imprimer sur une gracieuse image du Sacré-Cœur, qu'il a répandue à profusion dans toutes les parties du monde.
de mon Sacré Cœur sera exposée et honorée.
10. « Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis.
11. « Les personnes qui propageront cette dévotion, auront leur nom inscrit dans mon cœur, et il n'en sera jamais effacé1. »
Quand et par qui a été fait ce recueil? Je ne saurais le dire. Je ne le trouve ni dans Groiset, ni dans Gallifîet, ni dans Nicollet.
Ces promesses rendent exactement la pensée de Marguerite-Marie et répondent à ses dires. Elles ne sont pas cependant tirées textuellement de ses écrits, et Tune, la plus précise sinon la plus importante, ne s'y trouve pus. Il faut donc revenir aux textes de notre sainte. Nous dirons ensuite quelques mots de la « grande promesse ».
Promesses diverses2.
Promesses spéciales et promesses générales. Le langage delà sainte. Textes précis, surtout à partir de 1685.
Les textes sont si nombreux qu'il faut faire un choix. Il en est qui regardent des personnes ou des
1. A ces onze promesses on commence à joindre, depuis quelques années, celle qui regarde la communion des neuf premiers vendredis consécutifs, dite « la grande promesse ».
2. Sur les promesses du Sacré-Cœur en général, on peut consulter entre beaucoup d'autres : Le Règne du Cœur de Jésus, t. V. p. 558-681; Franciosi, Les promesses de N.-S. J.-C. Montreuil-sur-Mer, 1895, plaquettes reproduisant les textes en fa-
circonstances particulières. Toutes les personnes qui entrent dans les vues de la sainte voyante, qui la secondent, qui lui font du bien, qui travaillent à répandre sa chère dévotion, sont l'objet de faveurs spéciales, déjà faites ou sûrement promises. Avant tout, Mère de Saumaise, Mère Greyfié, Sœur Jeanne-Madeleine Joly, le P. Croiset, etc.. De celles-là nous n'avons rien de spécial à dire ici. Nous nous bornons aux promesses générales attachées à la dévotion.
Le langage de Marguerite-Marie semble avoir suivi à ce sujet une gradation de certitude et de précision. Dès les débuts, Jésus lui a fait entendre qu'il répandrait les influences de sa grâce sur tous ceux qui s'intéresseraient à cette aimable dévotion. Ce n'est guère qu'à partir de 1685 ou 1686 que les promesses deviennent plus précises et plus assurées.
Dans la façon de s'exprimer, notre sainte varie. Tantôt elle parle, pour ainsi dire, en son nom, tantôt au nom de Notre-Seigneur. Cela tient pour une part aux destinataires de ses lettres. Quand ceux-ci ne sont pas censés au courant de ses communications intimes avec Notre-Seigneur,
veur des personnes dévotes au Sacré-Cœur, et en faveur de la France; Frécenoa, Les promesses du Cœur de Jésus, 1892; Guillaume, Les promesses du Sacré-Cœur, Bruxelles, 1900; Terrien, La dévotion au Sacré-Cœur, Paris, 1893, Conclusion, p. 359-375; Van dea Bosch, Les douze promesses du Sacré-Cœur de Jésus (traduction faite sur la 3' édition flamande), Oostaker (Gand), 1901 ; Chanoine Gonon, Un mois du Sacré-Cœur, Lyon et Paris, 1914. Les méditations 18-29, p. 127-196, ont pour objet les promesses.
elle est plus réservée. Mais il semble aussi que parfois elle dit ce quelle a dans l'esprit, sans avoir spécialement en vue des promesses distinctes de Notre-Seigneur *.
Qu'elle parle en son nom ou au nom de Jésus, elle ne tarit pas sur les fruits et avantages de sa chère dévotion. Mais nous étudions surtout les promesses. Voici, à ce sujet, quelques passages caractéristiques.
Elle écrit à la Mère de Saumaise, le 24 août 1685 : « Il (le Sacré-Cœur) lui (elle-même) a donc fait connaître derechef le grand plaisir qu'il prend d'être honoré de ses créatures, et il lui semble qu'alors il lui promit que tous ceux qui seraient dévoués à ce sacré Cœur ne périraient jamais, et
1 . On voit bien cela dans une lettre à la Mère de Saumaise, 17 février 1687. Avec elle, il n'y a rien à cacher. Notre-Seigneur « veut que je vous parle sans façon, à cœur ouvert, comme une fille à sa bonne Mère ». Et pourtant il y a dans sa parole comme un mélange de deux influences, des idées qui lui viennent, et des lumières qu'elle reçoit. • Et voici ce qui me vient en pensée au sujet de notre Institut : que notre Père saint François... a demandé un soutien... Et le Sacré Cœur de Jésus lui a été accordé... Et c'est par l'entremise de la sacrée Vierge qu'il a obtenu ce puissant protecteur. Celles qui se mettront sous som adorable protection, il leur répandra abondamment du trésor de ses grâces sanctifiantes... Il me semble m' avoir fait entendre... Vous voyez, ma chère Mère, comme mon chétif cœur vous découvre simplement ses pensées, pour lesquelles je vous demande le secret, car je ne souhaite pas quel'on donne aucune créance à mes pensées, ni à ce que je dis, qui n'est ni révélation ni vision. • Lettre liv (lv), t. II, p. 107 (143) G. xxxv, 295, et cxi, 473. Il est clair, d'autre part, que ces choses ne se savent que par communications surnaturelles; et elles nous sont présentées comme telles, soit ici même (■ il me semble m'avoir fait entendre •), soit en maint autre endroit. Voir, par exemple, lettre xlv (xlvi), t. II, p. b7 (124),; G. li, 324.
que, comme il est la source de toutes bénédictions, il les répandrait avec abondance dans tous les lieux où serait posée l'image de cet aimable Cœur pour y être aimé et honoré; et par ce moyen il réunirait les familles divisées; qu'il protégerait celles qui seraient en quelque nécessité; qu'il répandrait la suave onction de son ardente charité dans toutes les communautés où serait honorée cette divine image; qu'il en détournerait les coups de la juste colère de Dieu, en les remettant en sa grâce lorsqu'elles en seraient déchues; et qu'il donnerait une grâce spéciale de sanctification et de salut à la première personne qui lui ferait ce plaisir de faire faire cette sainte image1. »
Choses analogues dans une lettre à" la Mère Greyfié, extrait cité par les Contemporaines'1.
Dans une autre, à la même, en janvier 1686 : « Il me semble qu'il m'a fait voir que plusieurs noms y étaient écrits [dans le Sacré-Cœur), à cause du désir qu'ils ont de le voir honoré; et que, pour cela, il ne permettra pas qu'ils en soient effacés3. »
Mais nulle part elle n'est plus explicite que dans ses lettres au P. Croiset. Le lô août 1689, après lui avoir parlé du « grand nombre d'àmes