‹ La dévotion au Sacré-Cœur de JésusChapitre 68 sur 242 · Memoriale, n. 34, 38; Nilles, t. 1, p · texte numérisé non relu

Memoriale, n. 34, 38; Nilles, t. 1, p

Jésus ne souffre plus : il ne peut plus souffrir ; mais l'outrage de la part des hommes n'en est pas moins réel : ils font, de leur côté, tout ce qu'il faut pour le faire souffrir, s'il n'était, par sa condition glorieuse, hors de leurs atteintes. Il faut dire plus : tous ces outrages ont retenti un jour dans son cœur; il en a souffert, quand il était passible icibas. Dans sa passion, il n'a pas ressenti seulement les injures des Juifs et des Romains; il n'a pas souffert seulement des ingratitudes de ses concitoyens et de l'abandon de ses amis. L'avenir et le passé ont eu leur contre-coup dans ses douleurs ; ils s'y sont concentrés. Si donc Jésus ne souffre pas dans le présent, il a souffert du présent; et les fidèles n'ont pas tort de se le représenter souffrant, puisqu'il a souffert des offenses d'à présent. Sans compter qu'il est toujours permis de se transporter dans le passé pour compatir à Jésus, l'avenir d'alors étant le présent d'aujourd hui. Possible que parfois la façon de parler, en cette matière, ne soit pas rigoureusement exacte. Est-il bien sûr que l'exactitude d'expression pourrait se corriger sans enlever d'autant à la vérité profonde des choses et à l'impression qu'elles doivent produire? Toujours est-il que sainte Marguerite-Marie a vu le Sacré-Cœur couronné d'épines et surmonté de la croix: et elle s'en explique très bien en voyant là le signe d'une grande réalité : « Il était environné d'une couronne d'épines, qui signifiait les piqûres que nos péchés lui faisaient ; et une croix au-dessus, qui signifiait que... dès lors que ce sacré Cœur fut

formé, la croix y fut plantée1. » i connaît

bien ces manières psychologiques de supprimer le temps et Pe&pace : sa liturgie est pleine de ces reflets de l'éternité divine jetés sur notre m changeant et passager.

Ces explications étaient nécessaires pour frire entendre comment la dévotion au Sicré-' peut se représenter Jésus outragé. Mais ce rapport du présent avec la passion n'est pas la seule, ni probablement la principale raison du ra] étroit que nous voyons entre la dévotion au Sacré- Cœur et le souvenir des souffrances de Jésus.

Autres traits : souvenir de la passion, de l'eucharistie.

L'idée de la passion et celle de l'eucharistie dans la dévotion. Baisons.

En fait, la pensée de la passion est très souvent mêlée, et très intimement, au culte du Sacré-C Nous l'avons vu dans les actes et les é< guc rite-Marie2. Tous les documents sont dans le même sens. La Messe Miser* bit ur en est comme toute pénétrée; Y Office de la fête, presque autant; les litanies du Sacré-Cœur nous la rappellent,

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