Octobre 1874, t. VI, p
1878. M. Riche faisait siennes les explications nouvelles des physiologistes, et démolissait par là même celles qui couraient dans bien des livres sur le Sacré-Cœur. Possible d'ailleurs, que ses propres explications fussent insuffisantes, et qu'il ne laissât plus au cœur la place qui lui revient. Le P. Ramière crut sa chère dévotion compromise : il partit en guerre contre M. Riche. La polémique eut, comme c'est l'ordinaire, des \ivacités regretlabiés : les âmes dévotes furent troublées. Pie IX intervint pour « qu'on cessât toute polémique sur le Sacré-Cœur, jugeant le moment inopportun pour entretenir entre catholiques des discussions sur ce sujet1 ». La polémique a eu, comme il arrive, de bons résultats. Personne, je pens<\ n'écrira plus que « le Cœur de Jésus est le principal organe des affections sensibles du Verbe incarné; qu'il est le coprincipe de ses vertus, le foyer et la source de sa charité » ; que « la fonction éternelle du cœur, c'est de recevoir les impressions de cet amour et d'en produire les actes »; que « de même que l'âme pense et juge par le cerveau, c'est elle qui sent, qui aime et qui s'émeut par le cœur, comme c'est elle encore qui voit par les yeux ». Personne surtout ne prétendra que la dévotion au Sacré-Cœur est essentiellement intéressée à cela, ni que « la divergence des opinions sur ce point n'a servi qu'à retarder le triomphe de la B. Marguerite-Marie et l'établissement du règne
1. Cité par Riche, Les fonctions de l'organe cardiaque, Paris, 1879, p. xiv.
social du Sacré-Cœur de Jésus », ni que soutenir cette opinion, c'est « venger la tradition, l'Église et ses docteurs, Jésus-Christ lui-même et la Bienheureuse. Pie IX et les théologiens qui ont enseigné cette vérité1 ».
A ces affirmations peu éclairées, il suffit d'opposer les textes. C'est comme symbole d'amour, non comme organe d'amour, que la dévotion a été approuvée et afait son chemin. Le cardinal Gerdil, qui combattit d'ailleurs les explications du P. Feller sur le sens purement métaphorique à donner au mot cœur dans la dévotion, approuvait volontiers cette phrase de W Albergotti : « L'unique raison pour laquelle la Sacrée Congrégation a cru devoir accorder l'office et la messe propres du Sacré-Cœur, c'est qu'il est le symbole de l'amour de Jésns-Christ2. » Les tenants mêmes des vieilles opinions en conviennent. Ainsi le P. Emmanuel Marquez, dans sa Defensio cultus SS. Cordis : « La fête du Sacré-Cœur nous le présente comme un symbole d'amour; car, à vrai dire, elle n'est pas autre chose qu'une fête où la. charité du Christ envers les hommes est honorée sous le symbole de son divin cœur. Or une fête où la charité du Christ envers les hommes est honorée sous le symbole de son cœur ne suppose rien de faux ni d'incertain. En effet, pour la justifier, que faut-il? Une seule chose, à savoir que ce cœur symbolise réellement la charité de Jésus. » Et répondant direc-