CHAPITRE III
Le5 Moyens de surmonter les obstacles qui empêchent qu'on ne tire tout le fruit qu'on devrait,de la Dévotion au Sacré Cœur de Jésus-Christ.
L est certain que la tiédeur, l'amour-propre, l'orgueil secret, ou quelque autre passion qu'on n'a pas eu soin de mortifier, sont les principales sources de nos imperfections, et les plus grands obstacles qui empêchent que l'on ne tire tout le fruit qu'on devrait de la Dévotion au Sacré Cœur de Jésus-Christ. Nous n'avons qu'une charité faible et languissante, nous nourrissons au dedans de nous-mêmes nos plus dangereux ennemis ; hors de nous, le Démon qui nous tente, le monde qui nous attire, les objets qui nous flattent, les occasions qui nous environnent, les exemples qui nous entraînent ; c'est pourquoi si nous ne sommes toujours sur nos gardes, et si nous ne fermons les portes de nos sens à tous ces ennemis qui nous assiègent, ils se rendront bientôt les maîtres de notre cœur.
II est étrange, dit un grand Serviteur de Dieu, combien d'ennemis on a à combattre du moment qu'on forme la résolution de se faire un Saint ; il semble que tout se déchaîne : et le Démon par ses artifices, et la nature par la résistance qu'elle oppose à nos bons dé-
La dévotion au Sacré Cœur. 11^ Partie. lor
sirs, les louanges des bons, les railleries des méchants, les sollicitations des tièdes, les exemples de ceux qui passent pour dévots et qui ne le sont pas ; si Dieu nous visite, la vanité est à craindre ; s'il se retire, la timidité ; le désespoir peut succéder à la plus grande ferveur. Nos amis nous tentent par la complaisance que nous avons coutume d'avoir pour eux; les indifférents, par la ■crainte de leur déplaire. L'indiscrétion est à craindre dans la ferveur, la sensualité dans la modération, et l'amour-propre partout. Que faire donc, surtout la sainteté ne consistant pas à être fidèle un jour ou une année, mais à persévérer, et croître jusqu'à la mort ? C'est de •se servir des moyens que tous les Saints et Jésus-Christ lui-même nous assurent être les plus propres pour affaiblir et pour détruire cet amour-propre et cet orgueil secret, qui sent la source de tous ces empêchements. Ces moyens sont la mortification et l'humilité. Il faut se résoudre à l'un des deux, ou à n'avoir jamais un parfait amour pour Jésus-Christ, ou à être véritablement humble et parfaitement mortifié.