TROISIÈME MOYEN
La Visite du très Saint Sacrement.
E troisième moyen est de visiter souvent le très Saint Sacrement de l'Autel. L'amitié se
li conserve et s'augmente parmi les hommes, par
les visites et par les conversations fréquentes. C'est aussi par le même moyen qu'on aimera toujours plus ardemment Jésus-Christ. Comme il ne demeure sur nos Autels que pour être continuellement avec nous, jugez quels doivent être ses sentiments en faveur de ceux qu'il voit souvent avec lui. Il n'est rien,' ce semble, qui lui gagne davantage le Cœur, que ces fréquentes adorations et ces visites; c'est ordinairement en ce temps-là qu'il répand ses grâces avec le plus d'abondance, et l'on peut dire que de tous les présents, de toutes les faveurs qu'il y fait, la plus ordinaire c'est la grâce de son amour.
11 y a des visites de civilité, et il y en a de pure amitié ; si l'on manquait à celles-là, ce serait une faute : mais les faveurs singulières ne se font ordinairement qu'à celles-ci. Les jours de grandes Fêtes, le temps de la Messe et de l'Office divin, sont à l'égard de Jésus- Christ, ce que sont à l'égard des Grands, les visites de devoir et de civilité ; on serait remarqué, on serait même châtié, si l'on ne s'y trouvait avec la foule ; mais les visites qui se font à certaines heures du jour où
de I\.-S. Jésus-Christ. Ih' Partie.
Jésus-Christ n'est presque point visité, où même la plupart des gens l'oublient, ce sont des visites d'amis. C'est en ce temps-là, plus qu'en tout autre, que Jésus-Christ converse, pour ainsi dire, plus familièrement avec ses favoris, qu'il se communique confidemment à eux, qu'il leur ouvre son Cœur, qu'il répand sur eux les trésors de toutes ses grâces, en les embrasant de son amour. Et soit que l'indifférence de ceux qui l'oublient pour lors, rende plus précieuse la fidélité de ceux qui le visitent, tous les Saints ont expérimenté qu'il n'est point de moyen plus infaillible d'obtenir bientôt ce grand amour de Jésus-Christ, que de le visiter souvent dans les Églises, surtout à certaines heures du jour, où on l'honore si peu et où on le visite si rarement. On trouvera dans la troisième Partie comment il faut faire ces visites, et d'où vient qu'on profite si peu de celles que l'on fait ; il suffit de remarquer ici que pourvu qu'on les fasse comme des gens qui croient que c'est Jésus- Christ qu'ils visitent, elles sont un moyen infaillible pour obtenir en peu de temps un parfait amour pour Jésus-Christ.
§IV