‹ La dévotion au Sacré-Cœur de N.-S. Jésus-ChristChapitre 48 sur 90 · QUATRIÈME MOYEN · texte numérisé non relu

QUATRIÈME MOYEN

La Fidélité à s'acquitter exactement des pratiques de cette Dévotion.

E quatrième moyen, c'est la fidélité à s'acquitter exactement des petites pratiques que Jésus - Christ a fait connaître lui être très agréables, et très propres pour honorer son Sacré Cœur, et pour

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être bientôt embrasé de son ardent amour. Toutes ces pratiques se réduisent à quelques visites du très Saint Sacrement, à certaines prières, et à quelques Communions un peu plus fréquentes et plus dévotes, et tout cela par certains motifs que l'on trouvera dans le premier Chapitre de la troisième Partie.

Ceux qui par je ne sais quelle fausse idée de la vertu traitent de bagatelles toutes les pratiques de Dévotion qui leur paraissent trop aisées, et qui estiment peu celles qui ne leur donnent pas assez d'occasions de se distinguer, n'auront peut-être pas beaucoup d'empressement pour celles-ci, parce qu'elles ne contiennent rien de fort spécieux ni de fort extraordinaire. Ils s'imagineront que ce que tout le monde peut faire, n'est pas un moyen si efficace pour devenir ce que peu de gens sont en effet. Mais sans examiner ici la véritable cause de cette illusion, ne pourrait-on pas leur répondre ce qu'on disait à Naaman qui avait des idées assez semblables à celles-là : Si l'on vous proposait quelque chose de bien difficile, pour obtenir une si grande faveur, vous ne devriez pas refuser de le faire ; à combien plus forte raison devez-vous du moins expérimenter, si ce moyen qu'on vous propose sera efficace, puisqu'il vous coûte si peu.

Il est vrai que l'on compte particulièrement sur la persévérance et sur l'exactitude à s'acquitter parfaitement de ces petites pratiques. Cette fidélité est ordinairement ce qu'il y a de plus agréable à Dieu, et de plus méritoire dans la plupart des exercices de la Dévotion, parce que c'est toujours la marque la moins suspecte d'un grand amour. Il vaudrait beaucoup mieux en faire moins, et être plus constant. Nos bonnes œuvres sont d'autant plus parfaites qu'elles sont moins accompagnées de volonté propre. Or des gens qui changent sans

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cesse ou leurs pratiques de Dévotion ou le temps de ces pratiques, sont assurément des gens qui n'agissent que par le mouvement de leur propre volonté , car quel autre motif pourraient-ils avoir dans ces changements?

Ce n'est donc proprement que dans cette persévérance que consiste cette fidélité généreuse qui est la preuve la plus certaine d'un grand amour de Jésus- Christ ; si l'on considère sérieusement ce qu'on fait pour Dieu, quelque grand que puisse être notre travail, on verra qu'on ne peut que très peu de chose ; mais on peut dire néanmoins dans un autre sens et avec vérité, que ce n'est pas peu de chose de n'avoir égard ni à la disposition où l'on est, ni aux sentiments que l'on a, ni à cent autres spécieux prétextes qui se présentent tous les jours, et que notre inconstance naturelle nous représente comme des raisons légitimes de changer, ou du moins d'interrompre nos pratiques de Dévotion : qu'on soit triste ou de belle humeur, qu'on soit à son aise ou fatigué, qu'on soit en paix ou dans le trouble, être toujours constant, et s'acquitter envers Jésus-Christ de certains petits devoirs que l'amour et la reconnaissance que nous voulons avoir pour lui nous imposent, c'est véritablement lui être fidèle, c'est véritablement aimer Jésus-Christ.

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