FÉVRIER
MEDITATION
Et dixit ad Mariam, matrem ejus : Ecce positus est hic in ruinam, et in resurrectionem 7nultorum in Israël, et in signum cui contradicetur. — Luc. n, 34.
Siméon dit à Marie : Cet enfant que vous voyez, est exposé pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs dans Israël, et pour être en butte à la contradiction des hommes. — Luc, 11, 34.
ETTE prédiction perça comme une épée l'âme de la iMère ; mais quelle impression ne faisait-elle
2 28 La dévotion au Sacré Cœur
pas sur le Cœur du Fils ? Jésus-Christ s'offrait luimême alors à son Père Eternel pour le salut de tous les hommes, et le prix qu'il offrait allait infiniment au delà de la dette qu'il payait. Cependant cette Hostie immolée pour tous sera inutile à un très grand nombre, et ce prix infini offert pour tous les hommes, sera pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs. Cette même Victime s'offre et s'immole encore tous les jours sur nos Autels pour notre Salut , par les mains des Prêtres, et ne peut-on pas dire que cette même Victime est pour la ruine de plusieurs? Et comment ne le serait-elle pas, puisqu'elle est tous les jours en butte à la contradiction des hommes ? Les uns refusent d'v reconnaître Jésus-Christ, les autres le reconnaissant le méprisent, la plupart l'oublient, et ceux mêmes qui pensent à lui ne sont pas toujours reconnaissants. N'était-ce pas assez, ô mon divin Sauveur, que cette Prophétie se fût accomplie pendant votre vie mortelle ; fautil qu'elle se renouvelle encore tous les jours par le mépris qu'on fait de votre sacrée Personne dans le Saint Sacrement? Elle a percé de douleur l'àme de la Mère, et ne touchera-t-elle jamais mon cœur?
MÉDITATION
Assumpsit autem Jésus duodecim, et ait il lis : Ecce ascendimus Jerosolymain et co7isummabuntur omnia quœ scripta sunt per Prophetas de Filio hominis. Tradetur eniin Gentibus, et illudetur, et JJagellabitur, et conspuetur. — Luc. xviii, 3i et 32.
Ensuite Jésus prenant à part les douze Apôtres, leur dit : Enfin nous nous en allons à Jérusalem, et tout ce
de N.-S. Jésus-Christ. \\\'^ Partie. 229
qui a été écrit par les Prophètes touchant le Fils de l'homme sera accompli : car il sera livré aux Gentils, il sera moqué, il sera outragé. — Luc, xviii, 3i et 32.
QUELS devaient être alors les sentiments de Jésus- Christ! Voyez-vous, disait-il à ses Apôtres, voyezvous ce peuple que j'ai comblé de tant de bienfaits, et en faveur de qui j'ai fait tant de miracles ? Ce peuple va payer ces grands bienfaits de la plus noire ingratitude; je vais me mettre entre leurs mains, et ils vont me livrer aux Gentils ; je vais devenir l'objet de la haine du peuple, le jouet des soldats, la fable des gens de Cour et une victime sacrifiée à la malice et à l'impiété des Prêtres. Il n'y aura point de mépris que je ne souffre, point d'outrage qu'on m'épargne, point de tourment qu'on ne me fasse souffrir. Mais qu'aurait répondu cet aimable Sauveur, si on lui eût demandé alors pourquoi prévoyant tout cela, il s'allait mettre entre leurs mains, si ce n'est que son amour était encore plus grand que tous ces outrages et qu'il s'expose avec plaisir à tous ces outrages pour nous témoigner l'excès de son amour ? Tout cela se renouvelle encore tous les jours dans l'adorable Eucharistie. Jésus-Christ a encore en notre faveur les mêmes sentiments ; mais, mon Dieu ! quels sont mes sentiments à l'égard de Jésus-Christ si peu aimé, si maltraité?
MÉDITATION
Omnibusque mirantibus in omnibus quœ faciebat, ■dixit ad Discipulos suos : Ponite vos in cordibus vestris sermones istos : Filius eni?n hominis futurum est ut tradatur in manus hominum. — Luc. ix, 44.
2 3o La dévotion au Sacré Cœur
Lorsqu'ils étaient dans l'admiration de tout ce que faisait Jésus, il dit à ses Disciples : Mettez bien dans votre cœur ce que je m'en vais vous dire : Le Fils de l'homme doit être livré entre les mains des hommes. — Luc, IX, 44.
IL fallait une autorité aussi grande que celle de Jésus - Christ pour persuader à ses Disciples, qui étaient les témoins de ses merveilles, que ces grandes merveilles qui lui attiraient alors l'admiration de tout le monde, n'empêcheraient pas les hommes de le maltraiter. Les Juifs' n'ont pas voulu aimer Jésus-Christ, et pour avoir la liberté de le maltraiter, ils ont fermé les yeux pour ne le pas connaître. Les Hérétiques suivent encore en ceci l'exemple des Juifs ; mais aurait-on jamais pu se persuader qu'il se trouverait des hommes qui traiteraient Jésus-Christ avec la dernière indignité, avec le dernier mépris dans l'adorable Eucharistie, en faisant profession de croire que c'est Jésus-Christ qu'ils traitent si indignement?
Seigneur, vous commandiez à vos Disciples de mettre bien ces tristes vérités dans leur cœur, faites qu'elles entrent bien avant dans le mien...