‹ La dévotion au Sacré-Cœur de N.-S. Jésus-ChristChapitre 75 sur 90 · JUIN · texte numérisé non relu

JUIN

MÉDITATION

Ego sum panis vitœ ; qui venit ad me tion esuriet, et qui crédit in me non sitiet unquam ; sed dixi vobis, quia et vidistis me et non creditis. — Joan. vi, 35 et 36.

Je suis le pain de vie, celui qui vient à moi n'aura point de faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif; mais je vous l'ai déjà dit, vous m'avez vu et vous ne croyez point. — Jean, vi, 35 et 36.

Qu'un reproche est sanglant après un bienfait de cette nature ! C'est comme si Jésus-Christ eût dit : Mes Enfants , je ne me suis pas contenté de

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vous donner mon Sang pour vous racheter, je vous donne mon Corps pour vous servir de nourriture. Mourir pour quelqu'un c'est la plus grande marque du plus grand amour ; ce ne serait pas cependant pour moi la plus grande marque, si je ne renouvelais tous les jours, et cent fois chaque jour, ce sacrifice; si, ne pouvant plus mourir, je ne me mettais encore pour l'amour de vous sans cesse en état de mort dans le Saint Sacrement; et cependant je vous l'ai déjà dit : vous m'avez vu, et vous ne m'aimez que peu, parce qu'assurément vous ne croyez presque point. Chrétiens ingrats ! vous avez vu ce que cet aimable Sauveur a fait pour vous, vous voyez tous les jours ce qu'il fait dans l'Eucharistie, l'en aimez-vous davantage? Que si vous êtes si peu touchés de ce qu'il fait pour vous, pouvezvous du moins n'être pas touchés de ce que vous faites vous-mêmes contre lui?

MÉDITATION

Et misit îiiintios ante cojispectum suum : et euntes intraverunt in civifatem Samaritanorum ut parurent illi ; et non receperunt eum. — Luc. ix, 52 et 53.

Jésus envoya devant lui des personnes pour annoncer sa venue, qui en s'en allant entrèrent dans un bourg des Samaritains pour lui préparer son logement ; mais ceux de ce lieu ne le voulurent point recevoir. — Luc, IX, 52 et 53.

QUELS sentiments avons-nous de ces malheureux Samaritains? Quel bonheur pour eux s'ils eussent connu quel était celui qui se présentait à leur porte,

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et à qui ils refusaient l'entrée de leur Bourg ! Mais quels furent alors les sentiments du Cœur de Jésus- Christ, lorsque les Disciples lui rapportèrent de quelle manière ils avaient été traités et le mépris qu'ils faisaient de sa Personne ! Mais ces malheureux n'ont pas été seuls ; il y a eu de tout temps de ces sortes de Samaritains qui ont refusé l'entrée de leurs villes aux disciples de Jésus-Christ, qui en ont chassé Jésus- Christ lui-même. Outre presque toute l'Afrique et les pays Orientaux, l'Angleterre l'a chassé du Royaume, on refuse encore aujourd'hui de le recevoir dans la plupart des villes d'Allemagne, et ce divin Sauveur est encore exilé des royaumes du Nord '. S'il était du moins un peu moins mal reçu du reste des chrétiens ! S'il était un peu plus aimé et moins indignement traité par ceux mêmes qui le reçoivent !

MÉDITATION

Et exierunt Pharisœi, et cœperunt conquirere cum eo,quœrentes ab illo signum de cœlo tentantes eum. Et ingemiscens spiritu, ait : Quid generatio ista signum quœrit ? — Marc, viii, 11 et 12.

Les Pharisiens le vinrent trouver et lui demandèrent pour le tenter, qu'il leur fît voir quelque prodige du ciel ; mais Jésus jetant un soupir du fond du Cœur leur dit : Pourquoi ces gens-là demandent-ils un prodige ? — Marc, VIII, 11 et 12.

' Le Lecteur se rappellera que le Père Croiset a fait imprimer son livre en 1694.

Note de l'Éditeur.

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QUE ce soupir fait de reproches, et que ces reproches sont bien fondés ! Ce Sacré Cœur ressent extrêmement l'insensibilité et la malice des Pharisiens. 11 n'y avait pas une seule Ville ni un seul Bourg par où Jésus-Christ eût passé qui ne publiassent ses merveilles : eux-mêmes avaient pu en être cent fois les témoins. Mais quand on n'aime pas ceux qui font ces prodiges, on est peu touché de ce qu'on voit et de ce qu'on entend. Il faut bien que nous aimions peu Jésus-Christ, puisque le plus grand et le plus aimable de tous les miracles, qui est celui de l'Eucharistie, nous touche si peu. Mais en ceci, mon aimable Sauveur, notre insensibilité n'est-elle pas elle-même un prodige capable de nous toucher? C'en est un, mon divin Sauveur, capable de tirer sans cesse des soupirs de votre Cœur, s'il était encore en état d'être pressé de douleur et de tristesse. Mais, mon Dieu, le mien est capable et de douleur et de tristesse ; faites qu'il ressente du moins fortement désormais le peu d'honneur qu'il vous rend, et le tort qu'il se fait.

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