LE SENS DU MOUVEMENT
411. Composé dans son objet, puisque le mouvement résulte de l’association de l’espace et du temps, le sens du mouvement est simple dans son principe, car c’est lui précisément qui réalise l'union de ces deux termes. L'idée de mouvement introduit à la fois la relativité et la phénoménalité dans le monde: mais le sens du mouvement donne une réalité à cette idée, l'appelle du possible à l'être. Il faut, pour que le mouvement soit perçu, d’une part, que nous puissions nous représenter dans des temps différents un même objet en des points différents de l’espace; il faut d'autre part que nous puissions reconnaître l'identité de l’objet à tous les instants du parcours et créer ce parcours, c'est-à-dire joindre à la variété des positions l’identité de l'esprit.
412. Ces différents caractères impliquent la subjectivité essentielle du sens du mouvement. Tout d’abord le mouvement est déjà par soi un phénomène réel; il ne peut y prétendre qu’à condition que, par quelque biais, la représentation, au lieu de se distinguer du sujet, se confonde avec lui. C’est pour cette raison que le mouvement paraît jouir d’une existence plus ferme, plus objective que les autres sensibles, et qu’on veut même que ces sensibles soient soutenus par lui, quand on ne pense pas qu’ils peuvent s’y réduire. Le mouvement ne peut être un phénomène réel qu’à condition d’une part de se produire dans le corps, puisque le mouvement est un phénomène matériel et que le corps est précisément cette portion de matière qui est associée au moi et dans laquelle ses bornes s'expriment, d'autre part d’être saisi dans le corps par conscience directe ou par sentiment: il per-
drait autrement soit sa matérialité, soit ce caractère achevé et concret qui en fait le fondement de la réalité des corps. Si l'existence primitive et essentielle est spirituelle, il ne faut pas s'étonner que la matière ne parvienne à la dignité de l’existence relative qu'à l'intérieur de cette région de l’espace qui est associée par privilège à notre esprit et reçoit sa lumière directement et du dedans, au lieu de la recevoir projectivement et par reflet.
413. La permanence de l’objet à travers sa translation doit être perçue inévitablement pour que le mouvement soit possible: dès qu’elle est reconnue, les variations de temps et de lieu paraissent extérieures et accidentelles; et c’est parce qu'elles n'altèrent pas l'essence qu’elles produisent la phénoménalité en s’associant. Or, dans l'expérience objective, cette permanence est toujours abstraite et irréelle; on la conjecture, on ne la saisit pas. Nul élément du monde réel ne peut être soustrait au devenir. Et, dans la théorie du mouvement, la seule permanence que l’on avait pu retenir était grossière et illusoire: elle était un symbole de la véritable; elle n'était fondée que sur le caractère approximatif de notre connaissance, sur une distinction entre les variables lents et les variables fugitifs. Si on considère notre corps comme une chose, il est aussi dans un état de renouvellement incessant; mais si on considère la conscience interne du corps, voici cette chose qui devient nôtre, qui participe à l'identité de la pensée, qui acquiert une évolution continue, qui ne cesse point d’être, qui nous est toujours présente, dont les variations n’altèrent pas plus la permanence qu’en changeant d'objet l'intelligence ne perd sa simplicité. Mon corps ne m'appartient que par le lien éternellement présent qui unit mon être spirituel à une région déterminée de la matière, et y fait apparaitre, à mi-chemin entre l’acte intellectuel et la passivité pure, la passivité éclairée du sentiment. Dans le sens du mouvement, la conscience de l'identité du corps est fournie par des sensations organiques reliées à l’identité de l’acte de la pensée: les représentations de l’espace et du temps gardent un caractère abstrait et ne diffèrent pas de ce qu’elles étaient dans la perception du monde extérieur.
414. Le problème est donc de montrer comment cette identité se joint au changement pour donner la conscience du mouvement. Ici encore gardons les principes: il n’y a jamais d'identité dans les faits, dans les données, dans le sensible proprement dit. Les sensa-
tions organiques ont toujours un caractère variable; mais elles ne nous quittent pas; et puisque l'acte de la pensée est caractéristique du moi, qu'il possède une permanence essentielle, ces sensations à travers leurs variations participent à cette permanence même: mais de quelle manière? Les sensations organiques considérées en ellesmêmes sont fugitives: il ne faut pas espérer trouver en elles rien qui demeure. Cependant le moi n’est pas seulement un acte, il est encore un acte fini; et il ne peut avoir conscience de ses limites qu'en s’unissant par un lien de propriété au devenir changeant de notre organisme. Or, cette union est primitive et essentielle, et c’est pour cela que, de tous les corps réels, notre corps est le seul qui, malgré son insertion sans condition dans le devenir universel, conserve cependant pour le moi et sous le point de vue de ia pensée une permanence fondamentale: cette permanence ne réside que dans le lien privilégié qui unit à l’acte de notre pensée une portion privilégiée du devenir.
415. Cependant, le devenir organique n'est pas encore le devenir mécanique. On ne peut passer de l’un à l’autre que parce que notre corps s’unit au monde extérieur et y prend place. Il faut aussi que par le dedans nous acquérions une conscience de l’espace corporel et de ses rapports avec l’espace matériel. Tant que nous n'avons pas dépassé la simple conscience du corps, le mouvement n’est point encore impliqué dans la notion qu’elle nous fournit. Il faut connaître le corps pour savoir qu’il se meut. Et, si nous étudions pourtant le sens organique après le sens du mouvement, ce n'est pas seulement parce que le sens du mouvement est comme un squelette que le sens de la chair recouvre et absorbe; c'est encore parce que notre marche nous a portés du dehors au dedans et que dans le mouvement nous nous rapprochons par degrés du sens de l’intériorité et de l’acte du sujet, mais que, n’en étant encore qu'au passage, nous devons garder un étroit contact avec les sens de la limite. Dans l’ordre des principes, c’est l'effort que l’on étudierait d’abord: tous les sens internes se grouperaient autour de lui et le sens du mouvement serait dérivé. [Le caractère même de notre méthode nous a fait remonter graduellement ici du monde des données à celui des actes.
416. L’immobilité et le mouvement sont l’objet réciproque d’un même sens: on les perçoit l’un par l’autre. C’est pour cela que la
conscience organique, si elle ne nous donne pas le mouvement, ne nous donne pas non plus le repos. Elle comprend en elle, comme on le montrera, du mouvement et du repos. La condition primitive qui rend le mouvement possible, c'est la permanence du mobile: elle est irréalisable objectivement et pour l'observation. Elle se réalise dans notre corps parce qu'il est seul rattaché du dedans à la pensée, parce qu'il a la conscience de sot.
417. La représentation de l'espace est antérieure à tous les sensibles: elle les fonde: elle n’est pas fondée en eux. La conscience ne peut pas rayonner sur notre Corps sans que nous nous le représentions comme étendu et comme occupant une place déterminée dans l'espace total. On doit montrer comment l'intensité et l'extension s'associent: mais elles ne peuvent pas être isolées; on ne passe pas de l'une à l’autre. Le sens organique nous donne une conscience appropriée de cet espace intérieur: on la considère comme vague parce qu'on voudrait lui prêter des fonctions qui sont remplies par les autres sens, la perception des limites précises qui appartient au toucher, ou celle des surfaces qui appartient à la vue.
418. Mais peut-on percevoir l'espace intérieur sans percevoir le lieu? S'il est vrai que le lieu d’un corps est toujours relatif, il ne sera perçu que par une comparaison objective entre notre corps et les autres corps; et si cette relativité n'est qu’un aspect de l’universelle mobilité, c'est aussi par le sens du mouvement que nous percevrons le lieu. Mais l'essentiel dans l'appréciation du mouvement n'est pas de posséder un mobile permanent: c’est de pouvoir fixer un repère. Or, à cet égard, le corps propre jouit d'un deuxième privilège; car il n'est pas seulement mobile comme les autres corps et par rapport à eux, si on le considère objectivement et dans sa totalité; mais il est encore composé de parties susceptibles de mouvements variés les unes par rapport aux autres, de telle sorte que chacune d'elles peut être tour à tour le terme comparé et le terme de comparaison. Cette réciprocité à l’intérieur d’un objet possédant la conscience de soi donnera au repère choisi un privilège qui lui conférera une valeur absolue.
419. Que dire si, dans l'organisation même du corps, ce repère est fixé si clairement au point de vue anatomique et physiologique que son rôle éclate aussitôt aux yeux de l'observateur
comme aux regards de la conscience? Ces repères sont les articulations, et les positions relatives des jointures et des muscles sont aussi nombreuses et variées que les mouvements possibles dans les membres sont subtils et délicats. Les articulations sont les pivots des mouvements, et 1l est inévitable de considérer un pivot, quel que soit le mouvement indépendant qu’il peut recevoir pour son compte, comme le repère fixe par rapport auquel il faut apprécier tout le mouvement qui s'appuie sur lui.
420. Si l’on admet que les parties les plus lointaines d’un membre sont reliées par des filaments tendineux ou musculaires au pivot sur lequel il se meut, il suit que la sensation articulaire ne porte pas sur le centre ou le nœud du mouvement pivotant, ce qui serait absurde, puisque ce centre n’est qu'idéal, mais sur tous les organes qui s’y rejoignent. Il ne faut pas confondre le mouvement articulé avec la contraction: c’est ce qu'ont fait en général ceux qui ont ramené les sensations de mouvement aux sensations musculaires. Et de fait le mouvement articulé se produit toujours par la contraction; mais il faut distinguer avec soin la contraction proprement dite de la translation. La contraction implique toujours une force qui se déploie et une résistance qui est vaincue. Elle soutient avec le mouvement un rapport de principe à conséquence. Elle est la base de la sensation d'effort, non de la sensation de mouvement.
421. Mais reste-t-il encore quelque chose de senti dans le mouvement quand on soustrait la contraction? Il reste la sensation même de mouvement. Remarquons d’abord que celle-ci est beaucoup plus grêle, beaucoup moins pleine que la sensation musculaire et que l'effort. Elle n’a par elle-même ni richesse intérieure, ni contenu affectif, ni tension. Elle a un caractère géométrique. C’est une continuité de positions dans le même organe, inséparable de la continuité du flux qui la parcourt. À son égard le mouvement passif, celui que je fais accomplir à votre bras en le déplaçant, ne diffère pas du mouvement actif, de celui que mon bras accomplit sous l’impulsion de ma volonté. Or, cette identité fondamentale impliquée nécessairement dans la notion de sensation de mouvement est méconnue ou altérée par la plupart de ceux qui essaient de réduire cette sensation à la contraction ou à l'effort.
422. Mais si la sensation de mouvement consiste essentiellement dans la connaissance que nous prenons de l’oscillation d’un membre autour d’un pivot, on comprend comment elle peut nous donner à la fois l’unité du parcours et la variété des positions. D'abord, toutes les parties associées dans le même mouvement s’attachent au pivot et reçoivent des modifications simultanées et relatives dès que le mouvement est introduit. Ensuite, le changement de chacune d’elles est caractéristique; il dépend de la place anatomique qu’elle occupe à l'égard du pivot. L’une d’elles ne peut donc recevoir une modification quelconque sans que toutes les autres reçoivent des modifications plus grandes ou plus petites, fixées d'avance par leur situation et leur rôle physiologique.
423. Il y a plus: le pivot par lui-même ne nous donne pas une sensation d'immobilité. L’immobilité n’a de sens que comme un répondant du mouvement: elle n’est rien de plus qu'un repère. Et c'est dans le mouvement que nous devons prendre conscience de ce caractère. Tous les éléments mobiles du corps définissent leur mouvement par rapport à une extrémité fixe, et, comme ils sont sensibles dans toute leur étendue, on comprend comment l'ampleur décroissante de leur translation depuis leur sommet jusqu'à leur base nous permet de saisir en même temps l’immobilité du pivot et la variation de position des organes qui s'appuient sur lui.
424. Pour retourner à la théorie classique, on objectera que la sensation de ces éléments qui se déplacent est inséparable de la sensation musculaire, ce qui est vrai, et qu'elle se confond avec la sensation de contraction, ce qui est faux. Les éléments qui sont l'objet du mouvement sont à la fois musculaires et tendineux: nous avons déjà remarqué que la sensation du corps propre enveloppe la sensation d’un espace organique sans surface et sans limite. Mais cet espace est vague, et même il ne se réalise qu’au moment où les différents éléments qui le remplissent définissent leurs situations réciproques. Ils ne peuvent le faire que par le mouvement. Par le mouvement 1ls se distinguent les uns des autres, ils acquièrent une indépendance relative: chacun d'eux conquiert une situation à la fois originale et variable. Maïs nous trouvons ici une illustration remarquable de la théorie que nous avons exposée dans la déduction du mouvement, et d’après laquelle l’espace relatif introduit par le mouvement vient
remplir et définir l'espace absolu pour le faire entrer dans notre expérience. La conscience du mouvement consiste donc dans la connaissance de la place relative qu'occupent les muscles et les tendons, lorsqu'un de nos membres se déplace autour d’un pivot: on peut prétendre que cette connaissance est abstraite, mais elle s'appuie sur la conscience organique des parties du corps, bien qu’elle n’en retienne que cette indépendance mutuelle et cette variété des situations qui, manifestées par le mouvement, nous permettent encore de prendre conscience de celui-ci.
425. Le mouvement que nous connaissons ainsi reste nôtre; il ne se sépare pas de la conscience du corps; il a donc cet avantage d'être un mouvement vrai et non une apparence, de nous fournir un mobile permanent et le repère en même temps que la variation. Mais, comme il ne retient rien de plus qu’une différence mutuelle de position dans les parties, il pourra recouvrir les mouvements externes et entrer en composition avec eux. C’est une autre manière de les saisir, et de fait elle seule est primitive et réelle: toutes les autres la supposent et n’ont de sens que par elle. Si le sens du mouvement n'était pas séparable de la contraction et de l'effort, il faudrait ici encore passer de l’intensif à l’extensif, et l’on ne pourrait pas associer nos mouvements aux mouvements externes, en raison du défaut d'homogénéité.
426. Rien de plus aisé à comprendre maintenant que la conscience des mouvements d'ensemble de notre corps. Si le corps était rigide, il ne pourrait ni se mouvoir, ni prendre conscience de ses mouvements. Et la conscience du déplacement du corps n’est que la conscience du déplacement successif de ses différentes parties autour des articulations essentielles de la nuque, des épaules, des coudes, des poignets, du bassin, des genoux, des chevilles. Nous connaissons du dedans le mouvement du corps hors de tout repère extérieur par la suite de ses mouvements partiels, et il n'existe un sens du mouvement que parce que notre corps est articulé.
427. Cependant, on a insisté surtout jusqu'ici sur l'aspect extérieur et spatial de la sensation de mouvement. Or, le mouvement se développe aussi dans le temps, et il joint l'espace au temps dans l'unité du parcours. Et on ne peut supposer que
le sujet puisse faire une distinction entre les différentes positions d'un organe et continuer à se l’attribuer, à maintenir sur lui la marque permanente de la propriété, que s'il introduit sa propre unité dans le changement de lieu, en donnant une réalité au concept de mouvement, en le créant parce qu’il le vit. Entendons bien pourtant que dans le sens du mouvement dont il s’agit ici aucune force productrice n’est engagée: le mouvement passif est perçu de la même manière que le mouvement volontaire; notre moi n'en porte pas moins nécessairement son unité propre dans le parcours des positions qui lui sont données; non pas qu’elles soient données avant le parcours; mais il suffit pour que le mouvement soit connu que le sujet sache qu'il les lie; il faut qu’il se sente l’auteur conscient de la liaison psychologique, et il n’est pas nécessaire qu'il se sente le père physique de l’action.
428. Tous les mouvements que nous pouvons observer dans le monde physique sont connus par leurs rapports avec les mouvements du corps. Tout d’abord, ce corps, qui est seul doué de mouvements propres et conscients, est aussi un corps matériel qui soutient des relations définies avec tous les autres. Or, le mouvement que nous attribuons à tous les autres corps est évalué en fonction du corps propre pris comme repère. Selon qu'il est immobile ou que la conscience nous informe infailliblement de la réalité de son mouvement, les corps extérieurs, dont la position est relative à celle du corps propre, recevront des variations cinématiques proportionnées. Par là l'espace et le mouvement objectifs viendront se lier avec l’espace et le mouvement intérieurs, et, par l'identité qui se produira entre l'objet et le sujet il faudra que l'apparence objective convienne avec la réalité et s'élève jusqu'à sa hauteur.
429. Les mouvements du corps propre sont indispensables pour saisir l'ampleur de l'étendue matérielle; car l’espace est le lieu de toutes les simultanéités: le corps reste l'étalon de la mesure; toute mesure s'exprime par une proportion avec le corps: de là la nécessité, pour connaître l'étendue, des mouvements de nos organes, par dessus tout des organes de l’espace, de l'œil, de la langue et de la main. Ces mouvements impliquent sans doute dans l’espace comme dans notre corps une troisième dimension; mais leur rôle est moins de nous la faire connaître par privilège que de composer
l'espace extérieur avec une unité empruntée à l’espace organique qui est immédiatement senti et réalisé.
430. Cependant, chaque objet considéré à part devient irrésistiblement un centre d'existence indépendant, et de fait objectivement notre corps ne jouit d'aucun privilège sur les autres corps matériels. Ainsi se trouve fondée l’universelle relativité de l'univers mécanique, la possibilité que nous avons de choisir n'importe quel corps comme repère, afin d'apprécier par rapport à lui le mouvement de tous les autres. Cette possibilité n’est pourtant que conceptuelle, et nous ne pouvons donner une valeur sensible au mouveinent d’un objet qu’à condition de l’associer à un mouvement organique, et de telle manière que celui-ci nous apparaisse comme passif, soit guidé par l’objet et non par nous. Le toucher, qui est le sens de la limite, joue ici un rôle remarquable; il associe temporairement la surface de notre corps à celle de l’objet mobile, et si la maïn se laisse entraîner sans résistance l’objet participe immédiatement à ce même mouvement dont nous éprouvons simultanément la réalité dans cet organe. Mais l'œil nous fournit le même avantage, puisqu'on peut distinguer en lui un mouvement actif dans lequel l’objet perçu se renouvelle pour l’observateur, et un mouvement demi-passif, dans lequel l’observateur, sans perdre de vue le même objet, se laisse solliciter par lui et apprécie sa variation réelle par la variation sentie dans l'organe de la vision.
431. Les remarques précédentes suffisent à montrer que notre corps, si on le prend objectivement, peut être considéré dans son rapport avec d’autres corps comme animé d’un mouvement de translation, même quand nous n’avons aucun moyen sensible de percevoir ce mouvement ni d’être assurés de sa réalité.
432. Le mouvement recevra, sous le point de vue de l’espace, des variations d’ampleur, sous le point de vue du temps, des variations de durée, sous le point de vue de leur union, des variations de vitesse. Mais la sensation de mouvement a le même caractère d'unité que toutes les autres sensations: et c'est parce qu’elle porte dans le parcours l'identité active de l'esprit qu’elle introduit aussi dans le monde extérieur la phénoménalité réelle.