INTRODUCTION. VII
Il suffit de s'entendre sur les mots, n'est-ce-pas? Les études auxquelles vous êtes conviés aujourd'hui seront donc des études de diction dans lesquelles vous apprendrez surtout à ne pas déclamer. Et lorsque je vous dirai:» x\lonsieur, vous déclamez ! » il ne faudra pas croire que ce soit un compliment.
Il s'agit donc pour vows d'apprendre à dire, d'apprendre à parler.
« Mais — allez-vous m'interrompre — nous savons parler ; et depuis pas mal de temps : on nous a même dit quelquefois que nous parlions trop ! »
Je ne vous réponds pas tout de suite, et je vais vous exposer d'abord les grandes lignes de cette causerie, car ainsi que tout rhétoricien qui se respecte, j'ai préparé un plan en bonne et due forme pour cette petite dissertation orale.
Ces grandes lignes, les voici :
1° Est-ce utile d'apprendre à parler?
2° Parle-t-on bien actuellement ?
3° Pourquoi?
4° Enfin : Quels remèdes ou améliorations faut-il adopter ?
Vous connaissez tous l'histoire des débuts de Démosthène dans l'art oratoire. Vous savez qu'après n'avoir obtenu qu'un succès médiocre dans sa défense contre ses tuteurs qui avaient dilapidé sa fortune, il se vit obligé de lutter contre l'insuffisance des moyens que lui avait donnés la nature ; vous savez qu'il suivit les leçons de Facteur Satyros et que, sur le conseil de celui-ci, il entreprit une lutte acharnée contre ses défauts, s'emplissant la bouche de cailloux, s'entraînant à dominer par sa voix le bruit des vagues, s'enfermant des mois entiers dans une cave, un côté de la tête rasé pour se défendre luimôme contre les désirs de promenades et contre les distractions.
Tout cela est connu au point que les plus ignorants de la littérature grecque le savent ; et si je retrace ce fait, c'est pour me retrancher derrière l'opinion autorisée du célèbre