‹ La diction française par les textesChapitre 70 sur 104 · LES PAUVRES GENS · texte numérisé non relu

LES PAUVRES GENS

Il est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close.

Le logis est plein d'ombre et Ton sent quelque chose

Qui rayonne à travers ce crépuscule obscur.

Des filets de pêcheur sont accrochés au mur.

Au fond, dans l'encoignure où quelque humble vaisselle

Aux planches d'un bAhut vaguement étincelle.

On distingue un grand lit aux grands rideaux tombants. Tout près, un matelas s'étend sur de vieux bancs, Et cinq petits enfants, nids d'âmes, y sommeillent. La haute cheminée où quelques flammes veillent Rougit le plafond sombre et, le front sur le lit. Une femme à genoux prie, et songe et pâlit. C'est la mère. Elle est seule. Et dehors, blanc d'écume, Au ciel, aux vents, aux rocs, à la nuit, à la brume, Le sinistre océan jette son noir sanglot...

(Victor Hugo, La Légende des Siècles.}

W Exercice.

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