SAISON DES SEMAILLES, LE SOIR
C'est le moment crépusculaire.
J'admire, assis sous un portail, Ce reste de jour dont s'éclaire La dernière heure du travail.
Dans les terres, de nuit baignées, Je contemple, ému, les haillons D'un vieillard qui jette à poignées La moisson future aux sillons.
Sa haute silhouette noire Domine les profonds labours.
On sent à quel point il doit croire A la fuite utile des jours.
Il marche dans la plaine immense, Va, vient, lance la graine au loin, Rouvre sa main, et recommence.
Et je médite, obscur témoin.
Pendant que, déployant ses voiles, L'ombre, où se mêle unô^ lueur,
Semble élargir jusqu'aux étoiles Le geste auguste du semeur.
(Victor Hugo, La Chanson des rues et des bois.)
Donnons encore deux descriptions pleines d'esprit et d'ironie. L'élève ne perdra pas de vue qu'il s'agit de simples peintures et que le comique doit naître des personnages présentés. Que Ton évite surtout les effets grossiers et faciles.
15*^ Exercice.