PIERROT
Vous me remerciez, madame! C'est, je pense, Faire un gros sacrifice et vous mettre en dépense.
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...Et VOUS partez. Gomment avez-vous dit cela?
Donc, après que sur vous Jouvence ruissela,
Vous partez ! Ah! rions de cette moquerie.
Ce serait de la pure et simple escroquerie.
Bref, un de ces vols qui, dans les grands magasins
Du Louvre, font dresser Foreille aux argousins,
Une fraude à coup sûr très intentionnelle,
Qui vous mènerait droit en correctionnelle !
Je pars ! Et vous croyez que je serai content !
Non, j'ai fourni, madame, un bon baiser comptant.
La dette est claire. Elle eût semblé même évidente
Au siècle qui chanta Béatrice — et vit Dante !
Ma créance est liquide, et pour que vous puissiez
Me payer, j'enverrai, s'il le faut, les huissiers.
J'ai droit au baiser. — Là, ne prenez pas la fuite,
Madame ! Non pas fin courant, mais tout de suite.
...Un baiser ! C'est assez pour ma chienne "de face!
Et que voulez-vous donc, madame, que j'en fasse?
Allez au désert fauve, et faites-lui cadeau,
Pour rafraîchir son sable en feu, d'un verre d'eau !
Et quand Rothschild, qui peut acheter la Grande-Ourse,
Plongeant dans le grand flot que l'on nomme : la Bourse,
De cet océan d'or explore les dessous.
Désintéressez-le, madame, avec deux sous !
Demandez aux brillants auteurs, Alphonse, Emile,
S'ils se contenteraient de se vendre à vingt mille ;
Offrez du sucre aux loups pour les apprivoiser,
Mais ne me parlez pas, madame, d'un baiser !
Car j'ai trop faim, depuis votre métempsycose.
Pour me rassasier avec si peu de chose.
(Théodore de Banville, Le Baiser^ Fasquelle, éd.)
il en est de même dans le poème suivant d'où les rimes féminines sont exclues.