‹ La diction française par les textesChapitre 98 sur 104 · L IDOLE · texte numérisé non relu

L IDOLE

O Corse à cheveux plats I quêta France était belle

Au grand soleil de Messidor !

C'était une cavale indomptable et rebelle,

Sans freins d'acier ni rênes d'or ; Une jument sauvage à la croupe rustique,

Fumante encor du sang des rois, -Mais fière, et d'un pied fort heurtant le sol antique,

Libre pour la première fois.

-Jamais aucune main n'avait passé sur elle

Pour la fléchir et l'outrager.

.... Tu parus, et sitôt que tu vis son allure,

Ses reins si souples et dispos, vGentaure impétueux, tu pris sa chevelure.

Tu montas botté sur son dos.

... Enfin, lasse d'aller sans finir sa carrière,

D'aller sans user son chemin, De pétrir l'univers, et comme une poussière

De soulever le genre humain, Les jarrets épuisés, haletante et sans force,

Près de fléchir à chaque pas.

Elle demanda g-râce à son cavalier corse ;

Mais, bourreau, tu n'écoutas pas !

Tu la pressas plus fort de ta cuisse nerveuse ,

Pour étouffer ses cris ardents, Tu retournas le mors dans sa bouche baveuse.

De fureur tu brisas ses dents ; Elle se releva : mais un jour de bataille.

Ne pouvant plus mordre ses freins, Mourante, elle tomba sur un lit de mitraille

Et du coup te cassa les reins.

(AuG. Barbier, ïambes.)

9« Exercice.

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