‹ La didascalie: c'est-a-dire, L'enseignement catholique des douze apotres et des saints disciplesChapitre 12 sur 35 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

Exhortation au peuple afin qu'il honore l'èoèque.

Ecoulez donc tous ceci, laïques, église choisie de Dieu; car le premier peuple (le peuple juif) fut appelé Eglise, mais vous (vous êtes appelés) église catholique (i), sainte et accomplie, sacerdoce royal, foule sainte, peuple (adopté) en héritage (a), grande église, épouse ornée pour le Seigneur Dieu.

Tout ce qui a été dit auparavant, écoute-le aussi maintenant, réserve les offrandes, les dîmes et les prémices pour le Messie, véritable grand prêtre, et pour ses ministres, (surtout) les dîmes de vie (salutaires], lui dont le commencement du nom est la dizaine (3); écoute, Eglise catholique de Dieu, qui as échappé aux dix plaies, qui as reçu les dix commandements, qui as appris la loi et as gardé la fol ; tu as cru dans le yod, dans le commencement du nom et tu es affermie par la plénitude de sa gloire (4). Au lieu des sacrifices d'alors, offre maintenant des prières, des requêtes et des actions de grâce. Au lieu des prémices, des dîmes, des oblations et des dons, (sont) maintenant les offrandes offertes au Seigneur Dieu par les èvêques qui sont vos princes des prêtres. Les prêtres et les Lévites sont maintenant les vieillards, les diacres, les veuves et les orphelins (5). Le Lévite et le prince des prêtres (6) est l'évêque ; il est le ministre du verbe et le médiateur, il est encore pour vous un docteur

{:) D. L. recommence ici, p. 36.

(a) I, Pierre n, 9.

(3) Le iota grec {comme le yod syriaque) commencement du nom de N- S., exprime le chiffre dix. — Decumie salularis inîtiom omnis decuma. 1». L.

(4) Il faut donc, arec deux manuscrits de Vienne (Mîgue.P. G. I, col. 663) rétablir ainsi le texte primitif ; xal -riv wjmv ju u.i6tiai1 a, xii -rnv irîoTtv «wfarr,*i»"i, Xïï tni rb iôita émp iatii ipY A ovoitart; 'Jiwù, nuntri'jxuts, x«l Im tïï TiXiiùati tm So'w; a&roû iiTTipi-jujvn . — Fîdeoi tenuïsli, quee decimam cognovisti et in id jot» credidisti in initia nominis et in finem in gluriam ejui ronfirmata es.D. L-, p. 37.

(5) Les C. A. ajoutent ici : les lecteurs, les chantres, les portiers, etc. — Qui lune erant Levitee modo sunt diacones, pnesbyteri, vidoœ et orfani. D. L. p. 3j.

(6) C. A. Il, chap. xivi .

et an père après Dieu. Il vous a engendrés par l'eau, il est votre chef et votre guide, il est un roi puissant qui vous conduit en place du Tout-puissant (i). Honorez-le comme Dieu parce que l'évêque tient pour vous la place de Dieu tout-puissant. — Le diacre a la place du Messie, et vous l'aimerez. Vous honorerez la diaconesse à la place du Saint Esprit (2). Les vieillards vous représenteront les apôtres. Les veuves et les orphelins seront regardés comme l'autel. Comme (3) donc il n'était pas permis à l'étranger, c'est-à-dire à celui qui n'était pas lévite, de s'approcher de l'autel, ou d'offrir quelque chose sans le grand prêtre, vous, de même, vous ne ferez rien sans l'évêque. Si quelqu'un faisait quelque chose sans l'évêque, il le ferait vainement, car ce ne lui serait pas réputé comme un travail. [37] Il ne convient pasen effet que Ton fasse quelque chose en dehors du prince des prêtres (4). Portez donc vos présents à l'évêque (5) ou par vous mêmes, ou par l'entremise des diacres, et, quand il les aura reçus, il les partagera avec justice, car l'évêque connaît les indigents, gouverne tout Je monde et donne à chacun ce qui lui convient, afin qu'un homme ne reçoive pas plusieurs fois le même jour ou la même semaine, tandis qu'un autre ne recevrait pas même un peu. Le prêtre économe de Dieu (6), se conduira très bien avec celui qu'il sait être indigent, comme c'est requis.

Ceux (7) qui convoquent les veuves aux agapes (8) convoqueront plus souvent celles qu'ils savent être plus indigentes, (et si quelques-uns font des présents aux veuves, ils enverront plus à celle qui en a besoin) (9). La part du pasteur lui sera réservée et partagée, selon

(i) Media tor vestcr est, hic est rex vester potens,hic est magister et post Deuni per aquam regenerans pater vester. D. L., p. 37.

(2) Les C. A.. interpolent ici dans un sens Arien et Macédonien. V. Migne P. G. I, col. 667, note 84. — Notons que l'assimilation des femmes au Saint Esprit semble avoir une origine asiatique. Carie mot syriaque Roukho, qui signifie esprit, étant du genre féminin, le nom du Saint-Esprit était féminin et par une conséquence toute naturelle le Saint-Esprit lui-même était personnifié par une femme.

(3) G. A. II, chap. xxvii.

(4) Absque sacerdotem. D. L., p. 38.

(5) Sacerdoti. D. L. tw imaxomo g>ç ip/upet. C. A.

(6) C'est l'évêque, d'après ce qui précède. — Horum aliquem tribulari cognoscit sacerdos magis; sicut dispensatur, Deus facit et cum ipso, sicutdecet, D. L., p. 38.

I r) C. A. II, ch. xx vi 11.

I J)Le mot syriaque signifie : repas offerts en l'honneur des morts. — His iterum qu agapam desiderant facere et petunt aniculas. D. L. p. 38. Toî; ef; à-yotTïYiv, t5t 1 tioxfo. C. A.,col. 672.

I )) Cette parenthèse manque en D. L. et C. A. Elle a pu tomber dans un texte

-Si —

la loi, dans les agapes et dans les dons (i), quand même il (l'évéque) ne s'y trouverait pas, pour l'honneur de Dieu tout puissant. Le double de ce que Ton donne k une veuve (2) ^sera donné à chaque diacre, en l'honneur du Messie; deux doubles (le quadruple) au gouverneur (l'évêque) en l'honneur de Dieu tout puissant. Si quelqu'un veut honorer les vieillards, il leur donnera le double, comme aux diacres ; il convient en effet de les honorer comme les apôtres, comme les conseillers de l'évêque et comme la couronne de l'Eglise, car ils sont les ordonnateurs et les conseillers de l'Eglise. S'il y a (3) un lecteur, il recevra aussi avec les vieillards.

En tout lieu donc, (que l'évêque) soit honoré par tous les lajfques, comme il convient, par des présents, des honneurs et le respect du monde. Ils (les laïques) auront grande confiance envers les diacres, ils ne seront pas constamment à ennuyer le chef, mais ils lui feront dire ce qu'ils désirent par les uTUYipérat, c'est-à-dire par les diacres, car personne ne peut non plus s'approcher du Seigneur Dieu tout puissant si ce n'est par le Messie. Ils apprendront donc à l'évoque, par le moyen des diacres, tous ce qu'ils veulent faire, ensuite ils le feront. Car jadis dans le temple du sanctuaire (4) on n'offrait et on ne faisait rien sans le prêtre. De plus, dans les temples des païens impurs, immondes et abominables qui imitent jusqu'aujourd'hui le saint temple — bien que, dans la comparaison, le temple de l'impureté soit très loin du temple saint — [38] ils n'offrent et ne font rien, dans leurs illusions, sans leur prêtre impur. Ils pensent que la bouche des pierres [il appelle pierres les idoles] c'est le prêtre impur lui-même, et ils attendent ce qu'il leur ordonnera de faire; tout ce qu'ils songent à faire, ils en délibèrent avec le prêtre impur et ils ne font rien sans lui; comme ils pensent que ce qu'ils font est approuvé, ils l'honorent et l'adorent comme par honneur pour leurs pierres muettes, qui sont fixées dans les murailles, et pour le culte des démons impurs, mauvais et cruels. Si donc ceux-là qui (ne) sont (que) vanité, dent les habitudes sont menteuses, qui n'ont pas d'espérance, mais errent après un vain espoir, cherchent cependant à imiter le temple saint, et honorent grandement ceux qui se

t>ar homoiotéleutie,car les deux membres de phrase grecs devaient se terminer par ^6(i.w£Tc«>aav comme ils se terminent tous deux en syriaque par neschadar,

(1) In agapis et erogationibus, D. L. p. 38.

(2) Unicuique praesby ter arum. D. L. âfcaaTY} t£>v TCpeaftaTtôav . C. A.

(3) Ici commence une lacune en D. L,

{4) Les Ç. A. portent : iv t$ Upû à-nowjxaTt.

tiennent devant (servent) leurs idoles ridicules, combien plus vous — qui croyez le certain et le clair en vérité, qui êtes attachés à une espérance non trompeuse, qui attendez le roi de gloire éternel qui ne passe pas et ne périt pas — ne devez-vous pas honorer le Seigneur Dieu dans ceux qui sont à votre tête !

Regardez donc l'évéque comme la bouche de Dieu (i),car si Aaron, pour avoir expliqué à Pharaon les préceptes donnés par Moyse, fut appelé prophète, comme le Seigneur le dit à Moyse : Voici que je f ai placé Dieu de Pharaon, et Aaron ton frère sera ton prophète (2) ; pourquoi, vous, ne réputeriez vous pas comme prophètes et n'adoreriez- vous pas comme Dieu ceux qui sont troisièmes [c'està-dire intermédiaires] du Verbe?

Maintenant (3) Aaron pour nous, c'est le diacre; et Moyse, c'est Tévôque ; si donc Moyse fut appelé Dieu par le Seigneur, l'évoque sera aussi honoré par vous comme un Dieu et le diacre comme un prophète. C'est pourquoi, pour faire honneur à l'évoque, annoncezlui tout ce que vous faites et ce sera terminé par lui.

Si (4) tu connais un homme très affligé et que l'évéque ne le connaisse pas, annonce-le lui; tu ne feras rien sans lui, comme à sa honte, afin de ne pas lui attirer d'opprobres, comme s'il méprisait les indigents. Celui qui, par paroles ou par actions, répand un mauvais bruit sur l'évéque, pèche contre Dieu tout puissant. Si un homme parle mal contre un diacre, [39] par parole, ou par action, il blessé .le Christ. A ce sujet, il est écrit dans la loi : Tu ne méprise» ras pas tes dieux et tu ne parleras pas mal contre le chef de ton peuple (5). Que personne ne pense que le Seigneur parlait des idoles de pierre, mais il appelait dieux, ceux qui sont à votre tête. Moïse (6) dit aussi dans le livre des Nombres, quand le peuple murmura contre lai et contre Aaron : Ce n'est pas contre nous que vous murmurez, mais contre le Seigneur Dieu (7) . Notre Sauveur dit aussi : Qui vous méprise me méprise et celui qui m'a envoyé (8). Quelle faible espérance resterait-il à celui qui dit du mal de l'évéque et du diacre? car si un homme appelle un laïque insensé ou Raca [inintelligent,

(1) G. A. II, chap. zxix.

(2) Exode, vu, 1.

(3) C. A. II, ch. xxx.

(4) C. A. II, chap. xxxi.

(5) Exode, xxn, 28.

(6) C. A. II, chap. xxxn.

(7) Exode, xvi, 8.

(8) Luc, x, 16.

Ho -

vaÎD] il est passible (du jugement) de l'assemblée, comme l'un ix qui résistent au Messie parce qu'il a appelé vide son frère equet habile le Messie qui n'est pas viUe, mais plein, ou parce

appelé insensé celui dans lequel habite le Saint Esprit de Dieu pli dans toute science, comme s'il était insensé par (le fait de) t qui habite en lui (i).

onc un homme disant l'une de ces choses contre un laïque

sous une telle condamnation, que sera-ce si quelqu'un ose

contre le diacre ou contre l'évêque par l'intermédiaire duquel fous donne le Saint-Esprit, par le moyen duquel vous apprenez be, vous connaissez Dieu et êtes connus de lui ; par lui vous giiés, par lui vous devenez fils de lumière, par lui le Seigneur, e baptême, par l'imposition des mains épiscopales, témoigne acun de vous et fait entendre sa voix sainte qui dit : tu es mon e t'ai engendré aujourd'hui (a). Aussi, ô homme, connais tes es, par les mains desquels tu es fils de Dieu, et la main droite st ta mère ; aime celui qui, après Dieu, est ton père et ta mère (3), liconque méprise son père ou sa mère mourra. Vénérez donc les ies,qui vous délivrent des péchés, qui, par l'eau, vous engendrent iveau, qui vous remplissent du saint Esprit, qui von s nourrissent erbe, comme du lait, qui vous élèvent dans la doctrine, qui vous ient par l'enseignement, qui vous firent participer k l'Eucharistie : de Dieu (4), et, comme cohéritiers, à la promesse de Dieu; révés, [40! rendez-leur toutes sortes d'honneurs, car ils reçurent de le pouvoir de vie et de mort, non pas pour juger les pécheurset ndamnerau feu éternel, en retranchant et rejetant ceux qui sont mnês — car plaise à Dieu que cela n'arrive pas .' — mais pour jir, afin qu'ils vivent, ceux qui se convertissent et se repentent, seront (5) vos chefs; vous les regarderez comme des rois et vous cadrez en réalité les mêmes honueurs qu'aux rois , vous devez urrir avec ceux qui les accompagnent. Car il est écrit dans le er livre des royaumes (rots) que Samuel dit toutes les paroles ngneur au peuple qui lui demanda un roi ; il lui dit : Voici la

■. A. II, ch. hm,

elte phrase est devenue dans les C. A. : t iîu.ïTo; àîniixvrn; &**;, WÙ; tj« au

i/,ïfio-.'!i; iisvs'ycj; Jtotiiotma:.

:. A. Il, ch. ïxïiï.

loi du roi qui régnera sur vous; il prendra vos fils et les placera sur ses chars, il en fera des coureurs devant lui, il se fera des chiliarques et des centurions, ils moissonneront sa moisson et vendangeront sa vendange (i), ils fabriqueront les pièces de ses chars. Il prendra vos Jilles pour tisser et servir dans sa maison. Il prendra vos champs, vos vignes et vos bons oliviers et les donnera à ses serviteurs. Il prendra la dîme de vos grains et de voire vendange et la donnera à ses eunuques. Il prendra et décimera vos serviteurs, vos servantes, vos bons troupeaux de gros bétail et vos ânes. Il prendra la dîme de vos troupeaux de petit bétail et vous serez ses serviteurs (2). Il en est de même de l'évêque. Si donc le roi qui régnait sur tout ce nombreux peuple — comme il est écrit dans Osée : le peuple des fils d'Israël était nombreux comme le sable sur le rivage de la mer qui ne peut être mesuré ni compté (3) — en proportion du nombre du peuple, prenait, dans ce peuple, les serviteurs dont il avait besoin; de même l'évêque prendra dans le peuple ceux qu'il pense et sait convenir à lui et à sa charge, il se fera des vieillards, ses conseillers et ses assesseurs (4), ainsi que des diacres et des sous-diacres autant qu'il en aura besoin pour le service de sa maison.

Que pouvons-nous dire de plus ? Le roi qui porte la couronne ne règne que sur le corps, son pouvoir de lier et de délier ne s'étend qu'au corps ; tandis que l'évêque règne sur l'âme et sur le corps pour lier et délier sur la terre d'un pouvoir céleste; car un grand pouvoir du ciel, un pouvoir tout-puissant lui est donné. [41] Aimez l'évêque comme un père, craignez-le comme un roi et honorez-le comme un Dieu (5). (Portez-lui) pour lui faire honneur, vos fruits et le travail de vos mains afin qu'il vous bénisse. Donnez-lui vos prémices, vos dîmes, vos offrandes et vos présents, il doit s'en nourrir et aussi distribuer aux indigents, à chacun selon son besoin . Ainsi ton présent sera acceptable devant le Seigneur ton Dieu en odeur de paix dans les hauteurs du ciel devant le Seigneur ton Dieu; 'il te bénira et augmentera pour toi les biens de sa promesse, car il est

(1) D. L. recommence ici, p. 39.

(9) I Rois, vi it, 10.

3) Osée, 1, 10.

i) Dans les G. A. ce te sont plus des ministres que lYvêque prélève dans le p îple, mais des tributs : rcpo; ^taTpccpTiV auroû ts xat tcûv oiw oùtû> xXtipixôw. (c >1. 681).

(5) On croira très volontiers que la didascalie a été écrite par un évêque.

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