‹ La didascalie: c'est-a-dire, L'enseignement catholique des douze apotres et des saints disciplesChapitre 24 sur 35 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

Que l'on ne doit pas recevoir l'aumône de ceux qui sont répréhensibles.

Evoques et diacres (i), soyez fidèles au service de l'autel du Messie. Nous disons aux veuves et aux orphelins : vous veillerez avec grand soin et grande attention et vous vous informerez, au sujet des dons, de la conduite du donateur ou de la donatrice qui donne de la nourriture. Ajoutons encore au sujet de l'autel, que les veuves, après avoir été nourries d'un autel de justice (2), offriront un service saint et acceptable (prieront pour le donateur) devant Dieu tout-puissant, par l'intermédiaire de son Fils chéri et du Saint-Esprit (3), auquel gloire et honneur dans les siècles des siècles.

Ayez donc (4) soin et soyez attentifs à servir les veuves d'un esprit pur, afin que ce qu'elles demandent et réclament leur soit aussitôt donné avec leurs prières. S'il y a des évéques qui négligent les choses et n'en prennent pas souci, par hypocrisie, pour des gains profanes, par négligence et parce qu'ils ne font pas d'enquête, ils en rendront raison et rigoureusement. Car ils acceptent, comme pour le service de la nourriture des orphelins et des veuves, de la main des riches qui ont enfermé des hommes en prison (quoique innocents) ; de ceux qui agissent mal avec leurs serviteurs ou se conduisent mal dans leurs villes, ou oppriment les pauvres ; des impudiques et de ceux qui agissent mal avec leur corps, des méchants ; de ceux qui diminuent et augmentent; des avocats iniques; des [75] accusateurs injustes; des juges qui font acception de personnes; de ceux qui fabriquent des poisons, ou des idoles ; des voleurs qui fabriquent de For, de l'argent et du bronze ; des publicains iniques ; de ceux qui ] vont aux spectacles, qui changent les poids, ou fraudent avec perfidie; des hôteliers qui mélangent de l'eau (au vin) ; des soldats qui vivent dans l'iniquité, des meurtriers ; des bourreaux ; de tout pouvoir (prince) arrogant (5) qui s'est souillé dans les guerres, a versé sans

(1) C. A., iv, chap. v.

(2) Iterum adque iterum dicimus, quoniam al tare de laboribus justitise accipem débet. D. L. Vient ensuite une lacune, page 55.

(3) Les C. A. omettent le S t. -Esprit.

(4) G. A. îv, chap. vi.

(5; Lire De romoutho.

justice le sang* innocent, a renversé [les jugements, et, pour arriver à voler, s'est conduit iniquement et cauteleusement avec les païens et les pauvres ; des adorateurs des idoles ; des gens impurs ; des usuriers et des avares; ceux donc (les évoques) qui nourrissent les veuves (avec les dons) de ceux-là seront traînés coupables au jour du Seigneur, car le livre a dit : un repas de légumes (offert) avec charité et affection est meilleur qu'une immolation de taureaux gras (faite) avec inimitié (i). Car si une veuve est rassasiée de pain (obtenu) par un travail juste, il lui profitera, tandis que si on lui donne beaucoup (provenant) de l'iniquité, elle y perdra. De plus, si elle est rassasiée de l'iniquité, elle ne pourra plus offrir son service et sa prière avec pureté devant Dieu ; quand même elle serait juste et prierait pour les méchants, sa prière ne sera pas écoutée à leur égard, mais seulement en ce qui la concerne, car Dieu scrute les cœurs avec jugement (justice), et fait une distinction parmi les prières. Si elles (les veuves) prient pour ceux qui ont péché et font pénitence, leurs prières seront écoutées. Quant à ceux (2) qui sont dans le péché et ne se convertissent pas, non seulement ils ne sont pas écoutés quand ils prient, mais encore ils rappellent leurs prévarications au Seigneur.

De la culpabilité des évêques qui reçoivent l'aumône des gens

répréhensibles.

Fuyez donc, évêques, et éloignez-vous de tous les services de ce genre (3), car il est écrit : On ne mettra pas sur l'autel du Seigneur le prix d'un chien et le salaire de la prostituée (4). Car si les veuves dans leur aveuglement prient pour les adultères et les prévaricateurs, elles ne seront pas écoutées, n'obtiendront pas leurs de- | mandes, et vous amènerez ainsi nécessairement, par votre mauvaise j dispensation, à blasphémer le Verbe, comme s'il n'était pas le Dieu 1 bon et libéral. Ne garnissez donc pas l'autel [76] de Dieu avec les ; dons du prévaricateur ; ne prenez pas le prétexte de dire : nous j ne savions pas. Car vous avez entendu ce que dit le Livre : Eloigne- 1 toi de l'injuste et tu ne craindras pas, et la terreur ne t'appro-

\ cher a pas (5).

| (1 Prov., xv, 17.

\ (2 G. A. iv, chap. vu.

(3 TÔcç rotauTaç ^toocovia;.

(4 Deuter., xxvm, 18.

(5 Isaïe, liv, 14.

Si vous dites (i) : Ceux-là sont seuls à faire des aumônes, et, si nous n'acceptons pas, comment soutiendrons-nous les orphelins, les veuves et les indigents? Dieu vous dit : vous avez reçu les dons des Lévites, les prémices et les offrandes de votre peuple pour vous nourrir et pour avoir du superflu, afin de ne pas être obligés de recevoir (de la main) des méchants. Mais si les églises sont si pauvres que les indigents doivent être nourris par ceux qui sont ainsi (les pécheurs) , il vaut mieux que vous souffriez la faim, et que vous n'acceptiez rien des méchants. Interrogez et recherchez afin de recevoir des fidèles qui sont dans les Eglises, et qui se conduisent bien, pour nourrir les indigents. N'acceptez pas de ceux qui sont sortis de l'Eglise, jusqu'à ce qu'ils soient jugés dignes d'être membres de l'Eglise. Si vous manquez, dites-le aux frères, ils feront entre eux (une collecte) et la donneront, puis distribuez-la avec justice.

Enseignez (2) et dites à votre peuple qu'il est écrit : Honore le Seigneur de tes justes travaux et des premiers de tous tes fruits (3). Avec le travail honnête des fidèles, vous nourrirez et habillerez les indigents ; quant à ce qui vous sera donné par eux, comme nous l'avons dit plus haut, distribuez-le pour le rachat des fidèles. Rachetez les serviteurs, les 'esclaves et les prisonniers, ceux qui sont emmenés par force, ceux qui sont condamnés injustement soit aux jeux du cirque, soit aux mines, soit à l'exil, soit à l'amphithéâtre; quant aux indigents, que les diacres aillent près d'eux, qu'ils les visitent tous et leur distribuent ce qui leur manque.

S'il arrive jamais (4) que vous soyez obligés de recevoir quelques oboles d'un homme mauvais, bien que vous ne le vouliez pas, ne vous en servez pas pour (acheter de) la nourriture, mais, s'il y en a peu, employez-les en bois à brûler pour vous et pour les veuves, de crainte qu'une veuve, recevant de ces (oboles), ne soit obligée de s'en acheter quelque nourriture. Ainsi les veuves, n'ayant aucune part à l'iniquité, prieront et recevront de Dieu tous les biens qu'elles demanderont soit toutes [77] ensemble, soit chacune séparément, et vous aussi vous ne participerez pas à ces péchés (5).

(1) C. A., iv, chap. vin.

(2) G. A., iv, chap. îx.

(3) Prov., 111,9.

(4) C. A. iv, chap. x.

(5) Les G. A. ajoutent ici quatre chapitres (chap. xi, xn, xm, xiv) sur les parents et les enfants; les serviteurs et les maîtres; la soumission au pouvoir séculier; et les vierges .

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