CHAPITRE VINGT-QUATRIEME
Sur ta constitution de l'Eglise. Il apprend en plus i réunirent pour redresser les torts.
Nous donc (i), nous avions commencé à prêcher correctement la parole sainte de l'Eglise catholique ; plus tard, en retournant visiter ces Eglises, nous avons trouvé qu'elles professaient [102 des maximes différentes : les unes tenaient selon la sainteté (pas de mariages), les autres s'éloignaient de la chair et du vin, et certains de la chair de porc; ils gardaient tous les liens du Deutéronome (2).
[Leur retour (des apôtres) à Jérusalem] (3), Comme toute l'Eglise était ea péril d'avoir des hérésies, nous nous réunîmes ensemble, tous les douze apôtres, à Jérusalem et nous réfléchîmes à ce qui devait être. // nous sembla bon à nous tous unanimement d'écrire cette didascalie catholique (l\) pour la confirmation de vous tous. Nous y avons décidé et écrit que vous adorerez Dieu [le Père] tout puissant et Jésus [son fils] le Messie, et le Saint-Esprit ; vous obéirez aux saints Livres, vous croirez à la résurrection des morts, vous vous servirez avec action de grâce de toutes les créatures et vous prendrez une femme, car (Dieu) dit dans les Proverbes : C'est par le Seigneur que la femme est mariée au mari (5). Notre Seigneur dit encore dans l'Evangile: Celui qui créa au commencement dit
(1) C. A., vl.chap. xi.
|a) Alins... quanta es vinculis sccundatioois legis erant. observabat. D. L.
(3) C. A., vi, chap. jeu, ou plutôt nv. Car après avoir commencé au chap. xn commf ii'.i, les C. A. ajoutent ce qui se trouvera plus bas dans I».,puis rcprcni'")! au chapitre xiv, le commencement du chapitre xn en termes différents. Les n Is entre crochets ne figurent pas dans le manuscrit de Rome ; c'est un titre si >■
(4) 'E-rp»'y*t/.6¥ îl|*îv TT.V AlHih/.W TTOïiv SlSoLO SlX iiv , C. A. Ici
lacune en D L., p. 6a.
(5)Prov.,xix, 14.
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qu'il créa le mâle et lajemelle ; aussi Vhomme abandonnera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et, à eux deux, ils seront un corps. Donc ce que Dieu a joint, que l'homme ne le sépare pas (i). Il vous suffit, ô fidèles, d'avoir la circoncision spirituelle du cœur, car le Seigneur la dit par Jérémie : Allumez-vous une lampe, ne semez pas sur les épines, circoncisez-vous pour le Seigneur votre Dieu, circoncisez le prépuce de vos cœurs, ô homme de Juda (2). Et dans Joël il est dit : Déchirez vos cœurs et non vos vêtements (3).
Quant au baptême (4), un seul vous suffit, celui qui vous a remis complètement vos péchés. Car Isaïe n'a pas dit : Vous vous laverez (lavez-vous continuellement) mais : lavez-vous et soyez purs (5).
Nous eûmes aussi une longue controverse (6), comme des gens qui luttent pour une question de vie, et non seulement entre nous, apôtres, mais encore avec le peuple (juif), avec Jacques, évoque de Jérusalem qui était, par le corps, le frère de Notre Seigneur, et avec ses prêtres, ses diacres et toute l'Eglise. En effet, des hommes étaient descendus auparavant de la Judée à Antioche et avaient enseigné aux frères : Si vous ne vous circoncisez pas, si vous ne vous conduises pas selon la loi de Moyse, si vous ne restez pas purs au sujet de la nourriture et de toutes les autres choses, vous ne pourrez pas vivre (*]) ; d'où beaucoup de vexations et de questions. Quand les frères d'Antioche apprirent que nous nous étions réunis et que nous étions venus pour traiter ces questions, ils nous envoyèrent [103] des hommes fidèles, au courant des Ecritures, pour s'instruire sur cette question. Quand ils arrivèrent à Jérusalem, ils nous contèrent les controverses qui régnaient dans l'église d'Antioche. Alors (certains) de la doctrine des Pharisiens qui croyaient (Pharisiens convertis) se levèrent et dirent : « Ils doivent être circoncis et garder la loi de Moyse. » D'autres crièrent aussi et parlèrent de même. Alors je me levai, moi Pierre, et je leur dis : Hommes nos frères, vous savez que depuis les premiers jours que j'étais avec vous (S) Dieu a décidé
(1) Matth., xix, 4.
(2) Jér., iv, 4*
(3) Joël, 11, i3.
(4) G. A., vi, chap. xv.
(5) Isaïe, 1, 16.
(6) G. A., vi, chap. xn. C'est ici la première interversion que nous constatons ntre les G. A. et D.
(7) Actes, xv, 5, etc.
(8) Ce texte se rapproche de la leçon du Codex Sinaiticus : aa'iqtAepûv àp'/auov v,uu.Tv a donné : depuis les premiers jours (que j'étais) avec vous.
que les nations entendraient l'Evangile et croiraient par mes mains. Dieu, qui scrute les cœurs, a rendu témoignage sur eux : car un ange apparut à Cornélius qui était un centurion et lui parla de moi (i ). // m'envoya chercher, et comme fêtais prêt à descendre près de lui, feus une révélation sur les peuples qui étaient prêts à croire et sur toutes les nourritures. Car fêtais monté sur un toit pour prier, je vis les deux ouverts, et un grand instrument (drap) lié aux quatre cornes qui pendait et descendait sur la terre. Il contenait tous les quadrupèdes et les reptiles de la terre, et les oiseaux du ciel, et il m' arriva une voix qui disait : Simon, lève-toi, tue et mange; et je dis: Dieu m'en garde , Seigneur, car je n'ai jamais rien mangé d'impur et de souillé. Et il me vint une autre voix, pour la seconde fois, qui me dit: Ce que Dieu a purifié, toi tu ne le souilleras pas. Et cela par trois fois, puis ce vase (drap) remonta au ciel. Alors je réfléchis et je compris la parole du Seigneur, comment il dit : « Les nations se sont réjouies avec le peuple (juif) » et en tout lieu il parle de la vocation des nations. Je me levai et allai ; comme j'entrai dans sa maison et commençai à lui parler la parole du Seigneur, le Saint Esprit se reposa sur lui et sur tous les gentils qui étaient là. Ainsi Dieu leur donna le Saint Esprit comme à nous ; il ne distingua pas entre eux et nous pour la foi et il purifia leurs cœurs. Maintenant donc, pourquoi tentez-vous Dieu, en plaçant sur le cou des disciples un joug que nos pères et nous n'avons pas pu supporter? Mais, par la bontéde Notre Seigneur Jésus-Christ,
nous croyons que nous serons sauvés comme ceux-ci, car Notre Seigneur vint pour nous, il nous délivra de ces liens et dit : « Venez près de moi, vous tous qui êtes fatigués (2) et qui portez de lourds fardeaux , et je vous consolerai [104]. Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi que je suis doux et humble , de cœur et vous trouverez le repos pour vos âmes, car mon joug est doux et mon fardeau est léger (3). » Si donc Notre Seigneur nous a délivrés et allégés, pourquoi vous imposez-vous un lien à vous-mêmes?
Tout le peuple se tut, et je répondis, moi Jacques, et je dis (4) :
(1) Actes, xv, 7, et x. L'auteur met ici, dans la bouche de Pierre, le récit la vision racontée au chapitre x des Actes.
(2) Lire laïo comme dans le manuscrit de Rome. (3)Matth., xi, 28.
(4) Actes, xv, 14.
Hommes nos frères , écoutee-moi. Simon a rappelé que Dieu avait dit auparavant qu'Use choisirait parmi les gentils un peuple à son nom; c'est à quoi les paroles des prophètes s'accordent, comme il est écrit : « Plus tard, j'élèverai et je rebâtirai la tente de David qui est tombée, je bâtirai et relèverai ses ruines, afin que le reste des hommes implore le Seigneur, ainsi que toutes les nations sur lesquelles mon nom est invoqué, dit le Seigneur qui/ait connaître ces choses dès l'antiquité (i) ». Aussi je vous le dis, que personne n'inquiète ceux des gentils qui se convertissent à Dieu, mais qu'on leur écrive ce qui suit : qu'ils s'éloignent du mal et des idoles, de ce qui a été sacrifié (aux idoles), de la (viande) étouffée et du sang (2). — Alors nous avons consenti, nous autres apôtres, évêques et vieillards, avec toute l'Eglise, à choisir des hommes parmi eux, et à les envoyer avec les partisans de Barnabe et de Paul qui étaient venus de là (d'Antioche). Et nous avons choisi et placé Judas qui est appelé Barnaba (3) et Silas, hommes considérables parmi les frères. Nous remîmes en leurs mains la lettre ci-dessous ;
Lettre des apôtres (4)-
Les apôtres, les vieillards et les frères, aux frères d'entre les gentils qui sont à Antioche, en Syrie et en Cilicie, salât.
Comme nous avons appris que certains vous troublèrent par (leurs) paroles, pour perdre vos âmes, eux que nous n'avons pas envoyés, nous avons voulu, nous tous réunis ensemble, choisir des hommes et les envoyer près de vous avec nos amis de chez Barnabe que vous avez envoyés (5). Nous avons envoyé Judas et Silas, qui vous renseigneront aussi par la parole au sujet de ces choses : Il a plu au Saint Esprit et à nous de ne pas vous impo-
(i) Amos, tx, 11-13. Cette citation est faite, non d'après l'ancien Testament, mais d'après le livre des Actes. — D., comme le Cadej: Stnaiticus et comme le Vaticanus, écrit : Xpjei *ûpto{, itciûv TaÛTa jiautà ait atuve;. Les G. A. portent (comme l'édition de Robert Esticnne) : )i™ «ûpw; è iwi&t Taûta (Robert Estienne ajoute jràvTa). Tvatnà rât'aùno; son tû Qtû jcàiTtiTà fp-ja «ûroù.
(a) Ce texte correspond au grec ï 'Araxsafim tÛiv àli<qji|iàTBw, xai tu» ù$à>.av, i TOÙ ciSulotÛTG-j, xai roù fftumO. kii toù atu.aTs;. Nous croyons que les C.A. ont rrigé ce passage qui correspond à Actes, xy, ao, d'après le passage correspondant ie l'on va trouver et qui correspond à Actes, xv, ag.
(3) Lire Barsabbas, comme dans tes C. A. Cf. Actes, xv, ai.
(4) Actes, xv, a3-ag.
|5) Ce texte diffère ici des C- A.et du texte correspondant des Actes (xv, a5-a6).
ser un autre joug que de vous éloigner de ce qu'il est nécessaire : des sacrifices (i) (faits aux idoles), du sang, de (la viande) étouffée et de la fornication (2). Gardez-vous de ces choses, faites les bonnes œuvres et portez-vous bien. Nous avons envoyé la lettre et nous sommes demeurés à Jérusalem de nombreux jours, nous recherchions et nous décrétions ce qui était utile à tout le peuple. Enfin nous écrivions cette didascalie catholique.
(1) Z). L. recommence ici, p. 63.
(a) Ce texte diffère du texte correspondant cité un peu plus haut. Dans les G. A., les deux textes sont identiques.